Max Vérroneau était tout sourire dans le vestiaire des Sénateurs après son premier entraînement avec sa nouvelle équipe.

Véronneau rend déjà service aux Sénateurs

CHRONIQUE / Bob McKenzie, le pape de l’information sportive au Canada, l’insider parmi les insiders, a encore une fois été le premier à sonner l’alarme.

Vingt-cinq équipes de la LNH s’intéressent au joueur autonome universitaire Max Véronneau, gazouillait-il très tôt, mardi matin. Les Sénateurs, l’équipe de son patelin, se montrent particulièrement agressifs, précisait-il.

Jusque-là, pas de surprise. Le recrutement de joueurs au développement tardif – des late bloomers, dans le jargon du sport – a toujours fait partie intégrante de la stratégie organisationnelle à Ottawa. Cette année, le « gros nom » est un joueur de la place. Un ancien des Rangers de Gloucester Junior A. Raison de plus pour dérouler le tapis rouge.

Jusque-là, il n’y avait pas non plus de raisons de s’exciter. Bob l’avait écrit : 25 organisations avaient de l’intérêt pour Véronneau.

Devant un tel buffet, le jeune homme avait l’embarras du choix. Il devait forcément être courtisé par des gros clubs riches, dans des gros marchés, avec des traditions gagnantes.

On pouvait comprendre l’intérêt des Sénateurs pour Véronneau.

Les Sénateurs pouvaient-ils vraiment s’attendre à ce que le sentiment soit partagé ?

Le collègue Bob a complété le travail, quelques heures plus tard, en annonçant que Véronneau était « sur le point de devenir un Sénateur ».

Il fallait voir le très large sourire de la recrue, dans le vestiaire, après l’entraînement de mercredi. Véronneau nous racontait son adolescence, quand il avait le bonheur d’encourager une des meilleures équipes au monde. Il conserve d’excellents souvenirs des soirées passées dans les gradins, durant la finale de la Coupe Stanley de 2007. « Ma mère nous avait acheté des billets. Nous avons passé de belles soirées, même si nous n’avons pas gagné », a-t-il souligné.

Cette histoire m’a donné le goût de lui poser une question.

Vous êtes clairement, un jeune homme brillant. Vous êtes sur le point de décrocher un diplôme en génie mécanique dans une des plus prestigieuses universités aux États-Unis. Il vous arrive souvent de prendre d’importantes décisions, comme celle-là, en écoutant votre cœur ?

Il m’a répondu, en tout respect, que j’étais dans le champ.

« La décision de me joindre aux Sénateurs est parfaitement rationnelle, a-t-il dit. J’ai eu de bonnes conversations avec Pierre Dorion. Il a réussi à me convaincre que l’avenir est radieux, ici. »

On ne sait pas trop si Véronneau deviendra un bon joueur dans la LNH. Une chose est certaine. Avant même de jouer son premier match, il a déjà rendu un gros service à ses nouveaux patrons.

Marc Crawford peut bien dire que Véronneau avait l’air parfaitement à sa place, mercredi.

Ce n’était qu’une simple séance d’entraînement. Tant qu’on ne l’aura pas vu à l’œuvre dans un « vrai » match, contre des opposants de qualité, il sera difficile de se faire une tête sur lui.

Entre Jesse Winchester, Stéphane Da Costa, Buddy Robinson et le gardien Matt O’Connor, les Sénateurs n’ont pas conservé une très forte moyenne au bâton, au cours des dernières années, en jouant à la loterie des ex-universitaires non repêchés.

Cela dit, tant qu’à utiliser des analogies de baseball...

La mise sous contrat de Véronneau survient juste au bon moment pour Dorion.

Le DG des Sénateurs a tenté de frapper deux coups de circuit, le mois dernier, en tentant de retenir Matt Duchene et Mark Stone à Ottawa. Il a fendu l’air à deux reprises.

On craignait, alors, qu’Ottawa avait remplacé Winnipeg dans le cœur des joueurs autonomes du hockey.

Max Véronneau n’est pas un « coup de circuit ». Au mieux, c’est un simple au champ opposé.

C’est bon pour le moral. C’est bon pour la confiance. C’est surtout bon pour la réputation, frapper la balle en lieu sûr.