Avec le départ de Marc Méthot lors du repêchage d’expansion, toute la pression est retombée sur les épaules de Dion Phaneuf et de Cody Ceci.

Vendre, oui, avec modération

CHRONIQUE / Je me souviens assez bien d’une soirée, à l’hiver 2013. J’étais coincé dans un bouchon de circulation, quelque part sur l’île de Montréal. J’écoutais l’émission d’avant-match du Canadien, sur les ondes du 98,5 FM, pour faire passer le temps.

Il était question de la désastreuse saison en cours et des inévitables changements qui allaient secouer toute l’organisation quelques mois plus tard. À en croire certains intervenants de la table ronde, personne ne serait épargné.

Dany Dubé participait à l’échange, mais il n’intervenait pas trop souvent. L’éminence grise des médias québécois qui couvrent le sport avait gardé une dernière carte à jouer, à la toute fin.

« Les gars, a-t-il débuté. Et si tout ceci n’était qu’une simple mauvaise saison ? »

Il y a eu silence sur les ondes.

Les autres spécialistes de la station de radio la plus écoutée au Québec n’étaient pas prêts pour une déclaration comme celle-là.

Dany s’est expliqué, calmement, comme toujours. Il a fait comprendre aux autres que, dans la LNH d’aujourd’hui, une foule de facteurs peuvent tirer, momentanément, une équipe potable vers le bas.

Le temps lui a donné raison. L’année suivante, en 2014, le CH a récolté 100 points en saison régulière pour ensuite compléter son parcours en finale de l’Association Est.

J’ai parlé de tout ça avec Dany, il y a une douzaine de jours, lorsqu’il est venu faire un tour en ville pour la Classique 100 de la LNH. Il ne se souvenait pas aussi bien que moi de son intervention pleine de sagesse d’il y a cinq ans.

Il demeure convaincu, par contre, de ce qu’il affirmait à ce moment-là.

De bonnes équipes peuvent, de nos jours, connaître de moins bonnes saisons. Pour une foule de raisons.

Je pense à tout ça quand j’imagine Pierre Dorion, ces jours-ci. Toutes ces rumeurs qui circulent ces jours-ci sont fondées. Son club est pratiquement exclu de la course aux éliminatoires et son propriétaire cherche à économiser quelques dollars. Bien entendu qu’il va chercher à liquider quelques contrats.

Dans ce contexte pas évident, on lui suggère quand même de tempérer ses ardeurs.

Son noyau de joueurs a démontré de grandes choses, l’an dernier. Il ne faudrait pas, dans un coup de tête, se départir de ceux qui pourraient continuer d’aider l’équipe dans les prochaines années.

Au fond, Dorion et Guy Boucher n’ont pas besoin d’attendre que le marché des transactions s’anime pour préparer l’avenir.

Je l’écris depuis des mois. Je ne changerai pas d’idée. Le château de cartes des Sénateurs a commencé à s’écrouler lorsque Marc Méthot a quitté lors du repêchage d’expansion.

L’an dernier, ils misaient sur deux duos défensifs capables de surveiller les meilleurs attaquants adverses. Dans la première moitié de la nouvelle saison, toute cette pression est retombée sur les épaules du tandem Phaneuf-Ceci. On a tôt fait de comprendre que c’était trop pour eux.

Pour cette unique raison, cette équipe n’a plus les moyens de se priver de Thomas Chabot. Elle devrait lui donner le droit de se dénicher un pied-à-terre à Ottawa au plus vite.

Oui, dans le court terme, Chabot va commettre des gaffes. Certains soirs, ces gaffes coûteront cher.

Quand il apprendra de ces gaffes, il deviendra — fort probablement — le défenseur de calibre « top 4 » dont cette équipe a cruellement besoin.

J’aurais presque tendance à placer Ben Harpur dans le même panier.

En début de saison, Guy Boucher salivait devant la « grande profondeur » de sa brigade défensive.

Plus le temps passe, et plus on se rend compte que l’organisation compte en ses rangs plusieurs futurs défenseurs de soutien.

Dans la banque d’espoirs, après Chabot, Harpur est peut-être le seul qui pourra, un jour, passer plus de 20 minutes par match sur la glace. Pour savoir s’il possède vraiment ce potentiel, il faudra le faire jouer.

Pour tous les autres espoirs, je pense qu’on pourrait y aller au mérite. Faire jouer ceux qui alignent les bonnes performances. Filip Chlapik, par exemple, s’est bien débrouillé contre Columbus. Il devrait, normalement, avoir la chance de jouer à nouveau contre les Bruins de Boston.