Sylvain St-Laurent
Le directeur général des Olympiques, Louis Robitaille
Le directeur général des Olympiques, Louis Robitaille

Vas-y, Louis!

CHRONIQUE / La pression doit être assez forte, quand même, dans le bureau du directeur général des Olympiques.

Le 5 juin 2020 devait être une journée mémorable.

Ça fait des mois que l’organisation attend. Trois des quatre premiers choix au repêchage. Ça ne s’est jamais produit, dans le passé, et ça ne se reproduira peut-être jamais non plus.

On a toutefois compris, dans les dernières heures, que tout n’est pas simple. Les joueurs les plus prometteurs de la cuvée, ceux que le directeur général voit dans sa soupe, ont un peu froid. Ils ne sont plus convaincus de vouloir s’engager en Outaouais.

Comme si ce n’était pas assez, les requins ne sont jamais bien loin. Quelques organisations, qui figurent parmi les plus riches de toute la Ligue de hockey junior majeur du Québec, ont la chance de repêcher assez tôt. Dans chaque repêchage, il y a des jeux de coulisses. Dans les jeux de coulisses, il peut y avoir des coups bas.

Dans ce climat plein d’incertitude, le directeur général pourrait prendre froid. Il pourrait avoir le goût de changer son plan d’attaque.

Heureusement, le directeur général des Olympiques, c’est Louis Robitaille. 

Il est encore jeune, Robitaille, mais il a quand même passé toute sa vie dans le monde du hockey.

Il doit avoir suffisamment de vécu pour savoir bien composer avec la pression.

Les dirigeants, quand on y pense, doivent souvent gérer la pression exactement comme les athlètes.

Dans les situations corsées, les joueurs de hockey savent que la meilleure décision est souvent de faire les choses le plus simplement possible.

Autour de la table du repêchage, c’est pareil.

Dans le doute, on lui recommande donc de choisir les deux joueurs les plus talentueux qui sont disponibles.

Tristan Luneau doit forcément être très talentueux. Les dirigeants Badgers de l’Université du Wisconsin, un des plus importants programmes universitaires américains en hockey, sont certainement de cet avis.

On peut comprendre le jeune homme d’hésiter entre la NCAA et la LHJMQ.

Le défenseur Tristan Luneau pourrait être sélectionné au tout premier rang du repêchage de la LHJMQ.

C’est une grosse décision, dans une vie. Ce n’est certainement une décision qu’il faut prendre à la légère.

S’il est aussi talentueux qu’on le dit, Robitaille devrait miser sur lui.

L’histoire récente de la LHJMQ est remplie de jeunes hommes doués qui hésitaient entre le Québec et les États-Unis.

L’an dernier, c’était Joshua Roy.

Les Sea Dogs de Saint-Jean n’ont pas eu peur d’utiliser le tout premier choix pour le réclamer et ils ont été récompensés. Le jeune centre a quitté sa Beauce natale pour tenter sa chance au Nouveau-Brunswick. Il a complété sa première saison avec 44 points en 60 rencontres.

On dit que James Malatesta n’avait jamais vu un seul match de la LHJMQ. Il avait grandi dans le West Island et était convaincu que son chemin vers la NCAA était déjà tracé. Les Remparts de Québec l’ont réclamé en septième ronde. Le gamin est allé faire un tour dans la Vieille Capitale, il est tombé sous le charme. Il a connu une saison digne d’un premier choix. Il a lui aussi récolté 45 points en 59 parties.

Luneau a de l’intérêt. Ce n’est pas des rumeurs. Il l’a dit, il n’y a pas si longtemps, dans une entrevue avec notre collègue Jean-François Plante.

Le deuxième meilleur défenseur de la cuvée 2020, Michael Mastrodomenico, a dit quelque chose de semblable sur les ondes d’Unique FM.

Quand il y a de l’intérêt, règle générale, il y a moyen de s’entendre.

Les Olympiques n’ont pas toutes les ressources que les Remparts ou que les Sea Dogs.

Gatineau n’a pas de Centre Vidéotron.

Le hockey junior n’est pas l’attraction sportive numéro un en ville.

Les équipes de la LHJMQ ne se battent pas toujours à armes égales.

Louis Robitaille a quand même des cartes intéressantes, dans son jeu, pour attirer des jeunes hommes de talent.

Gatineau représente toujours un gros marché. Pas trop loin de Montréal, ce qui devrait être intéressant pour les athlètes de la région métropolitaine. Et pour leurs familles.

Gatineau est encore tout près d’Ottawa, un marché important pour la Ligue de l’Ontario. C’est un pôle d’attraction important pour les dépisteurs, qui aiment bien assister à plusieurs matches durant le même week-end.

Les Olympiques, à ce qu’on dit, pourraient facilement former une des meilleures équipes de la province, d’ici quelques années.

Mais pour que ça se concrétise, il faudra que le repêchage de ce week-end se déroule bien.

Clairement, il y a de la pression.

Robitaille doit foncer.