Jean-Gabriel Pageau, Maxime Lajoie et Thomas Chabot ont visité les élèves de l’école Saint-Paul à Gatineau, mercredi.

Une visite à l’école Saint-Paul

CHRONIQUE / Jean-Gabriel Pageau s’est ajouté à la liste d’invités « VIP » à la dernière minute. Au départ, seuls Thomas Chabot et Maxime Lajoie devaient rendre visite aux jeunes élèves de l’école Saint-Paul, mercredi après-midi.

Ce n’est pas une vilaine stratégie.

Quand on veut séduire une nouvelle clientèle, il est préférable de mettre en vitrine les nouveaux « produits ».

Chabot et Lajoie donnent leurs premiers coups de patin dans la LNH. Tout nouveaux, tout beaux. En plus, le talent leur sort par les oreilles. Deux défenseurs offensifs, parfaitement adaptés au hockey d’aujourd’hui.

En plus, ces deux joueurs sont francophones et ils n’ont pas de mal à s’exprimer. Pour une organisation qui a toujours eu du mal à s’approcher de l’importante clientèle québécoise, ce n’est pas rien.

« Ce sont surtout deux très bonnes personnes », m’a lancé Pageau, alors qu’il partait de l’école après y avoir signé quelques autographes.

« Tout le monde peut voir à quel point ils sont talentueux quand ils sont sur la patinoire. On voit qu’ils travaillent fort. Moi, je peux vous dire qu’ils sont de bonnes personnes. Ils veulent apprendre. Ils posent de bonnes questions aux vétérans. Ils ne sont pas gênés. Ils sont confiants, ça se sent. Il n’est pas toujours facile de bien agir durant nos premières années dans la ligue. Eux, ils ont le cœur à la bonne place. Ils ont de bonnes têtes. Vraiment, on est chanceux de les avoir avec nous. »

Il n’était pas uniquement question de plaire à la jeune clientèle francophone, mercredi après-midi. L’école primaire Saint-Paul a une saveur particulière. Elle est située tout près du boulevard Riel, dans un des secteurs comptant de nombreuses familles issues de l’immigration.

À vue d’œil, le directeur Mathieu Carrière me disait que les nouveaux Canadiens composent environ la moitié de sa clientèle. « C’est notre réalité, dit-il. En arrivant au pays, les gens s’installent souvent dans des appartements qui sont situés sur notre territoire. »

Des enfants provenant d’une trentaine de pays différents se côtoient chaque jour entre les murs de cet établissement qui vient de fêter ses 50 ans.

Les jeunes de Saint-Paul ont assisté à la séance d’entraînement des Sénateurs, au Centre Robert-Guertin, mercredi matin. Avant de se rendre au gymnase de leur école pour voir les joueurs d’un peu plus près, ils ont tous reçu une casquette rouge des Sénateurs.

Dans plusieurs cas, les écoliers ont ainsi été initiés à un sport qu’ils connaissaient peu. Ou pas.

Vers la fin de la journée, trois écoliers ont eu la chance de poser des questions aux joueurs.

Combien de buts as-tu marqués dans la LNH, a osé une jeune fille timide, en s’adressant à Lajoie.

« Quatre », a répondu la recrue, avec le sourire qui ne quitte pas ses lèvres depuis la fin du mois de septembre.

Il a dit « quatre » et personne n’a semblé impressionné.

« Quatre buts, mais je n’ai joué que six parties jusqu’à maintenant », a-t-il précisé.

Là, tout le monde a compris.

La communauté de l’école Saint-Paul a été lourdement touchée par les tornades du mois dernier. « Au plus fort de la crise, près de la moitié de nos élèves étaient touchés », dit le directeur.

Lajoie a suggéré aux enfants de garder une attitude positive et de continuer à travailler fort.

Travailler fort et persévérer. « Même dans les journées où t’as moins le goût », a insisté Chabot.

« Vous traversez des moments difficiles, mais vous allez vous en sortir plus forts », a-t-il même ajouté.

Les deux joueurs ne réalisent peut-être pas qu’à l’école Saint-Paul, on en sait déjà un bout sur la persévérance, dans la vie comme dans le sport.

Le directeur m’a fait remarquer qu’il n’y a plus de paniers de basket-ball, dans le gymnase. On les a retirés l’an dernier, lors de travaux qui ont été effectués d’urgence. « Problème d’amiante », m’a-t-on fait valoir.

À l’endroit où les paniers se trouvaient, on a simplement dessiné deux carrés noirs avec du ruban gommé. C’est là que les jeunes visent, à l’entraînement, quand ils lancent le ballon.

Cette contrainte unique ne les a pas empêchés de remporter un titre, lors des championnats régionaux de mini-basket chez les colibris, en division 3, au terme de la saison 2017-18.