Et puis, boum. Une transaction impliquant quatre joueurs, dont un vétéran gagnant sept millions $US par saison, conclue au beau milieu d’un match, à vingt minutes de l’heure de tombée.

Une minuscule partie du «plan Dorion»

CHRONIQUE / Depuis le temps, je pensais que j’avais tout vu, tout entendu, tout vécu. Plus rien, dans ce métier, ne pouvait me faire pomper la patate.

Et puis, boum. Une transaction impliquant quatre joueurs, dont un vétéran gagnant sept millions $US par saison, conclue au beau milieu d’un match, à vingt minutes de l’heure de tombée.

Une belle fin de soirée mouvementée à Pittsburgh.

On pourra maintenant laisser retomber la poussière. Nous sommes tous des gérants d’estrade. Toujours, tous pressés de proclamer un gagnant et un perdant dès qu’une transaction est complétée.

Dans ce cas-là, ce sera un peu plus compliqué.

Tout seul, ce troc impliquant les Kings et les Sénateurs n’a pas énormément de sens. Une équipe réussit à se défaire du lourd contrat d’un défenseur vieillissant. Pour se faire, elle doit absorber le contrat (un peu moins lourd) d’un joueur déjà vieux.

Pour mieux le comprendre, il faudra être patient, attendre la suite des choses.

Pierre Dorion a profité de son court séjour dans la Barbade, la semaine dernière, pour régler deux dossiers. Il est revenu de son séjour au sud avec une prolongation de contrat d’une durée de trois ans. Il aurait aussi obtenu le seau d’approbation du propriétaire pour un «plan» ambitieux qui permettra de relancer sans trop tarder son équipe.

Je m’attends à ce qu’il complète au moins une ou deux transactions d’importance de plus d’ici le 26 février.

Il pourrait facilement poursuivre son travail durant la fin de semaine du repêchage amateur, fin juin, à Dallas.

Suivra ensuite le 1er juillet et l’ouverture de la fenêtre de négociation avec Matt Duchene et, surtout, Erik Karlsson.

Il serait intéressant de connaître les intentions de Marian Gaborik pour la suite des choses. S’il choisit d’accrocher ses patins avant la fin de son pacte, les Sénateurs n’auront plus à le payer. Il a signé son lucratif pacte bien avant de fêter ses 35 ans.

Il fera beau et chaud, à l’extérieur, quand on saura finalement si le directeur général franco-ontarien a bien fait de se défaire de Dion Phaneuf.

Très intéressantes, les réactions spontanées des gens qui ont côtoyé Phaneuf pendant ses deux années passées à Ottawa.

Un employé de la direction des communications des Sénateurs s’est branché sur Twitter, en fin de soirée. Il ne savait pas trop à quoi s’attendre du vétéran défenseur lorsqu’il est arrivé de Toronto.

Il a finalement appris à connaître un homme «gentil et attentionné, qui se souciait sincèrement du bien-être des gens qui l’entouraient».

Les commentateurs anglophones Dean Brown et Gord Wilson, qui sont les deux membres des médias les plus proches de l’organisation, ont émis des commentaires similaires.

Phaneuf traînait une drôle de réputation à son arrivée. On l’imaginait capricieux et boudeur.

Il n’a pas mis de temps à redorer son image.

Curtis Lazar a été le premier à m’en parler. Un mois après l’arrivée de Phaneuf, le jeune attaquant me parlait de lui avec les yeux gros comme des trente sous.

«Je n’ai jamais vu un gars prendre le contrôle d’un vestiaire aussi rapidement», m’avait-il confié.

Erik Karlsson a plutôt bien résumé la chose, tard mardi soir, quand il a commenté la transaction après la défaite à Pittsburgh.

«Il m’a beaucoup aidé, et je ne parle pas nécessairement de ce qui se passe sur la glace. Dès son arrivée, j’ai senti un poids quitter mes épaules.»

Je me demande si, dans son plan, Dorion a songé à une façon de combler le vide au niveau du leadership.