Diontae Spencer, qui a inscrit deux touchés contre les Tiger-Cats dimanche, sera à la recherche d’un nouveau contrat au terme de la saison.

Une grande équipe

CHRONIQUE / La Ligue canadienne de football n’est malheureusement plus ce qu’elle était. Malgré tous les efforts du Ottawa Sports and Entertainment Group, les joueurs du Rouge et Noir n’auront jamais la même notoriété que leurs prédécesseurs, ceux qui ont fait les belles années des Rough Riders.

Les numéros de Russ Jackson, Maurice Racine, Ron Stewart et Whit Tucker sont bien visibles sur les gradins du côté sud, à la Place TD. On a érigé une statue à la mémoire de leur coach, le regretté Frank Clair. Tous ces hommes sont associés à cette glorieuse séquence durant laquelle les Riders ont participé au match de la Coupe Grey à trois reprises, durant une période de quatre ans, entre 1966 et 1969.

Vers la fin des années 1960, ils étaient d’énormes vedettes, dans la vaste région d’Ottawa-Hull.

Vers la fin des années 1960, si les gens d’Ottawa-Hull voulaient assister à un match de football, ils n’avaient pas le choix de se rendre au parc Lansdowne.

De nos jours, un amateur de sport peut regarder tous les matches de la NFL, où qu’il se trouve, pourvu qu’il possède un téléphone intelligent.

Les vedettes du football canadien vivent forcément dans l’ombre. Et c’est bien dommage. En battant les Tiger-Cats de Hamilton en Finale de l’Est, dimanche, le Rouge et Noir a obtenu son ticket pour un troisième match de la Coupe Grey.

Une troisième présence en finale... en quatre ans.

Les Rough Riders des années 1960 formaient une grande équipe.

Il faudra bien se rendre à l’évidence. Le Rouge et Noir forme une grande équipe, également.

Le Rouge et Noir forme une grande équipe, mais les jours de cette grande équipe sont peut-être comptés. L’équipe, telle qu’on la connaît depuis quelques années, a peut-être disputé son dernier match dans le Glebe, dimanche.

Des changements surviennent chaque année, dans la LCF. C’est immanquable. Les neuf directeurs généraux deviennent de véritables jongleurs, chaque année en février, quand le temps est venu de respecter les rigueurs d’un plafond salarial qui est si bas.

Ça risque d’être d’autant plus compliqué, en 2019, durant cette année où la convention collective est à renégocier.

Marcel Desjardins a réussi à protéger son noyau pendant plusieurs années. Cette année, on me dit qu’il n’aura pas le choix de faire quelques sacrifices.

Quand on repensera à la Finale de l’Est de 2018, on se souviendra surtout de la performance de Trevor Harris. C’est normal. Presque toute la pression reposait sur les épaules du quart-arrière, en début de journée. Il n’aurait pas pu mieux répondre : 29 passes complétées en 32 tentatives, six touchés, aucune interception.

« Tout ce que ça signifie, c’est que mon dossier à vie dans les matches éliminatoires est maintenant d’une victoire contre 38 défaites », a-t-il déclaré après le match.

Cette seule victoire pourrait quand même lui rapporter gros, alors qu’il se dirige vers le marché des joueurs autonomes.

Harris a également dit qu’il n’aurait pas pu livrer une telle performance s’il n’avait pas obtenu l’aide de ses coéquipiers. « Les receveurs éloignés et les gars de la ligne à l’attaque ont autant de mérite que moi », a-t-il dit.

Ça sent la fin d’une époque chez les colosses, aussi. Jon Gott et SirVincent Rogers, deux des visages les plus connus de l’équipe, sont aussi confrontés à l’autonomie. Gott, vieillissant, n’a même pas joué, dimanche. Il devrait normalement regarder le match du week-end prochain sur les lignes de côté.

Le groupe de receveurs pourrait aussi perdre un ou deux gros morceaux. Les deux cibles favorites de Harris contre Hamilton, Greg Ellingson et Diontae Spencer, seront aussi à la recherche d’un nouveau contrat.

Ellingson a connu quatre saisons consécutives de plus de 1000 verges à Ottawa. Il s’est libéré de ses couvreurs avec une facilité déconcertante, dimanche.

« C’est un peu grâce à William Powell, a-t-il expliqué. Les receveurs ont toujours un peu plus d’espace, sur le terrain, quand le porteur de ballon est surveillé d’aussi près. »

Powell pourrait aussi quitter le Rouge et Noir l’hiver prochain.

« Ce groupe de joueurs... Je l’ai dit au début de la saison. Il a un petit quelque chose de spécial », dit l’entraîneur-chef, Rick Campbell.

Une grande équipe. Faut bien le reconnaître.