Antoine Vermette aime la vie en Californie. «Le soleil me garde jeune» rigole-t-il.

Un vétéran dans un club de vétérans

CHRONIQUE / Maintenant, Antoine Vermette comprend.

Au début des années 2000, l’attaquant de Saint-Agapit avait de grandes ambitions. Il avait été un choix de deuxième ronde au repêchage de la LNH parce que ses habiletés étaient bien évidentes. Il se voyait déjà diriger un trio offensif et récolter sa large part de points.

Ses deux premiers entraîneurs, Jacques Martin et Bryan Murray, ont voulu le convertir. En plus de jouer à l’aile, le jeune Vermette devait d’abord se préoccuper de sa défensive.

À l’époque, il avait parfois du mal à accepter son sort.

Une quinzaine d’années plus tard, Vermette s’estime chanceux. Ce passage obligé l’a préparé à connaître une longue carrière.

À 35 ans, il continue de jouer un rôle important au sein d’une formation qui aspire à prendre part aux séries éliminatoires.

« Quand j’étais jeune, quand je jouais dans la Ligue américaine, j’évoluais à différentes positions. On me faisait déjà confiance dans différentes situations, comme les infériorités numériques. Par contre, je n’avais jamais évolué à l’aile gauche. Quand j’ai vraiment fait ma place dans la LNH, j’ai été obligé de me réinventer. On n’avait pas nécessairement besoin de moi dans un rôle offensif. J’ai fait ma place différemment. J’ai gagné la confiance de mes entraîneurs et j’ai grimpé, tranquillement, dans la hiérarchie de l’équipe », réfléchissait-il à voix haute, la semaine dernière, lorsque les Ducks d’Anaheim ont effectué leur tournée annuelle des villes de l’est du Canada.

« Peut-être, effectivement, que tout ça m’a permis d’étirer ma carrière », a-t-il fini par conclure.

« Évidemment, il faut trouver des façons de s’adapter au fur et à mesure que la carrière avance. Je veux toujours trouver des façons de contribuer aux succès de mon équipe. Pour ça, il faut d’abord garder une bonne attitude, une bonne éthique de travail. C’est un peu ce que j’essaie de faire. »

Physiquement, Vermette n’a pas nécessairement l’air d’un vétéran en fin de carrière.

« Le soleil me garde jeune », rigole le jeune père de famille, qui a vécu les six dernières années de sa vie sur la côte ouest américaine.

« J’aime beaucoup ça, là-bas. On forme une bonne équipe. Je n’ai rien à redire. Je me considère choyé. J’en profite au maximum. »

Vermette se considérait peut-être un peu moins choyé quand il vivait en Arizona. Les Coyotes ont atteint la finale de l’Association Ouest quelques mois après son arrivée, en 2012. Ils n’ont plus jamais été capables de se qualifier pour les séries, depuis.

À Anaheim, les Ducks sont dans la course. Dans la faible section Pacifique, le troisième rang est à la portée de plusieurs formations.

Vermette est l’attaquant le plus âgé d’un groupe qui ne manque pas d’expérience.

Six attaquants et huit défenseurs d’Anaheim sont âgés dans la trentaine. On peut ajouter au groupe le vénérable Ryan Miller. À 37 ans, ce dernier vient de prendre la relève devant le filet, lorsque John Gibson s’est blessé.

« Nous ne sommes pas excessivement jeunes. Nous avons quand même de très bons jeunes, mais Ryan Getzlaf et Corey Perry sont dans la ligue depuis longtemps. Nous pensons davantage à obtenir la victoire maintenant. Nous ne pouvons pas attendre cinq ans pour connaître du succès. Nous en sommes pleinement conscients », commente-t-il.

« Si ça nous ajoute de la pression ? Oui. Mais ça nous donne surtout une très belle source de motivation. Ce n’est pas négatif du tout. »

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NOS TROIS ÉTOILES DE LA SEMAINE

1. Gourde

Yanni Gourde ne remportera pas le trophée Calder. Mathew Barzal et Brock Boeser sont jeunes et spectaculaires. Ils ont déjà séduit une large part des journalistes qui choisissent chaque année le lauréat du titre de recrue par excellence dans la LNH. À 26 ans, Gourde parvient quand même à se glisser dans les conversations. C’est déjà beaucoup. « Les honneurs individuels sont souvent décernés aux joueurs qui font partie de bonnes équipes. Notre équipe a connu beaucoup de succès et Yanni est un joueur important chez nous », a confié l’entraîneur Jon Cooper au Tampa Bay Times. Gourde a entrepris le mois de février en force, récoltant trois points en deux parties dans l’ouest canadien. Avant d’affronter les Oilers à Edmonton, tard lundi soir, il présentait un différentiel de plus 22. Contrairement à la majorité des recrues, il est utilisé dans toutes les phases du jeu.

2. Perreault

Un autre attaquant québécois qui connaît un excellent début d’année. Mathieu Perreault vient de boucler un mois de janvier mémorable. Il a marqué cinq buts et obtenu autant de mentions d’aide à ses 11 dernières parties. On pensait que les Jets de Winnipeg seraient dans le pétrin après avoir perdu les services de leur centre numéro un. En l’absence de Mark Scheifele, jusqu’à maintenant, ils ont réussi à conserver une fiche impressionnante de 10-2-3. « Nikolaj Ehlers ne marque pas trop de buts, ces temps-ci, mais je ne suis pas trop inquiet. L’équipe gagne et son trio produit », a dit Paul Maurice au Winnipeg Free Press. Il a profité de cette sortie pour lancer des fleurs à Perreault ainsi qu’à son partenaire de jeu Bryan Little. Perreault doit marquer quatre buts et inscrire 15 points pour battre ses records personnels. Ça pourrait se produire. Les Jets ont encore 29 matches à jouer.

3. Ekblad

Aaron Ekblad n’a pas encore atteint le statut de supervedette dans la LNH. Le très jeune défenseur numéro un des Panthers de la Floride a quand même inscrit son 10e but de la saison, ce week-end. C’est la quatrième fois en quatre saisons qu’il atteint ce plateau. Ce n’est pas rien. Dans toute l’histoire de la LNH, seulement 15 défenseurs ont marqué 10 buts ou plus dans chacune de leurs quatre premières saisons. Ekblad a marqué 47 buts, jusqu’à maintenant. Parmi tous les défenseurs qui ont entrepris leur carrière à 18 ans, comme lui, trois ont fait mieux : Phil Housley, Scott Stevens et un certain Bobby Orr. « Nous lui avons confié de nouvelles responsabilités, cette année. Il doit jouer en désavantage numérique et affronter les meilleurs attaquants adverses. Ça ne l’empêche pas de contribuer à nos succès à l’attaque », a dit l’entraîneur Bob Boughner au quotidien Sun-Sentinel.