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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Zach Hyman (gauche) est un type brillant, c’est évident.
Zach Hyman (gauche) est un type brillant, c’est évident.

Un peu de ténacité

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Zach Hyman est un type brillant, c’est évident. Il aurait pu étudier à Princeton, une des huit universités membres de la prestigieuse Ivy League américaine. Quand il ne joue pas pour les Maple Leafs, il meuble ses temps libres en écrivant des romans pour enfants.

C’est peut-être pourquoi on lui a demandé d’affronter les impitoyables confrères de la presse torontoise, mercredi matin.

Pour une deuxième journée consécutive, les joueurs devaient répondre à un barrage de question sur cette avance de 5-1 qu’ils ont bousillée, contre les Sénateurs.

Les Sénateurs!

La honte.

Sur un ton très calme, Hyman a dit plein de choses pertinentes.

«Vous avez suivi notre saison, jusqu’ici. Cette défaite ne ressemble pas trop à celles que nous avons subi précédemment.»

«Nous en avons discuté, dans le vestiaire. Je ne crois pas que les Sénateurs ont fait quelque chose de particulier, dans cette rencontre...»

«Une avance de 5-1 devrait être suffisante pour battre n’importe quelle équipe.»

Et, enfin, ma citation favorite...

«Il n’est jamais facile, pour nous d’affronter les Sénateurs. Je ne sais pas comment l’expliquer. C’est comme si le feu brûle plus fort, quand ils jouent contre nous.»

Tout est là.

Les performances des Sénateurs, dans les deux premières parties de leur série à Toronto, ne devraient pas trop surprendre.

Ils sont jeunes. Ils manquent d’expérience. La profondeur fait défaut. Surtout en défensive.

Ils appartiennent quand même à la Ligue nationale de hockey.

Ils ne gagneront pas assez souvent pour participer aux séries, le printemps prochain. Le temps d’une soirée, quand les astres s’alignent, ils peuvent quand même rivaliser avec n’importe qui.

Ils peuvent surtout rivaliser avec les Leafs.

Zach Hyman a raison. Les jeunes joueurs de la relève semblent comprendre l’importance de la rivalité.

«Dans les cercles de la LNH, nous ne sommes pas pris à la légère», pense Pierre Dorion.

Parce que j’ai discuté au téléphone avec le directeur général des Sénateurs pendant une quinzaine de minutes, au téléphone, mercredi, sur l’heure du lunch.

J’aurais voulu jaser de la transaction conclue la fin de semaine dernière. Il n’avait pas trop envie de s’étendre sur le sujet.

Il a parlé de «croissance d’une jeune équipe» et «d’ajustements qu’il faut apporter» dans le cours normale d’une saison.

Il m’a parlé d’un «manque de finition» en zone d’attaque qui lui a donné le goût d’acquérir Ryan Dzingel, un type qui a déjà connu deux saisons de 20 buts à Ottawa.

J’ai déjà écrit ce que j’en pense. Dzingel jouait avec Matt Duchene, à l’époque. Ça change un peu la donne.

J’ai voulu comprendre ce qui l’avait poussé à lancer la serviette aussi rapidement dans le cas de Cédric Paquette.

Il appartenait à la meilleure équipe sur la planète, la saison dernière. Il n’a pas raté un seul match dans les séries éliminatoires.

Je comprends mal comment on n’a pu lui faire une place dans la formation d’un club en reconstruction.

Dorion n’avait pas vraiment de réponses à offrir, à ce sujet, non plus.

On s’est par contre mis d’accord sur un truc important.

La remontée spectaculaire de lundi soir n’était pas un accident.

«Nos gars ne baissent jamais les bras», dit-il.

C’est juste. Et c’est possiblement le plus beau compliment qu’on puisse faire, aux Sénateurs, depuis le début de l’année 2021.


« Ça prend des joueurs qui ont un caractère particulier. Depuis le début de la saison, je ne me souviens pas d’un seul match où notre équipe a lâché. »
Pierre Dorion

J’ai la même lecture.

Dorion a entre autres parlé d’un match dans lequel «les joueurs de l’autre équipe essayaient de fracasser des records».

Le match du 31 janvier, à Edmonton, nous revient rapidement à l’esprit.

On garde le souvenir de Matt Murray qui se fait démolir dès le départ. Du jeu de puissance des Oilers qui produisait avec une facilité déconcertante. Des six mentions d’aide obtenues par Leon Draisaitl.

On oublie que les Oilers menaient déjà 5-1 après 14 minutes. Dans cette situation, certains athlètes auraient cessé de travailler. C’est la nature humaine.

Les Sénateurs ont tenu leur bout dans le reste de cette rencontre. Ils ont «gagné» la troisième période, 2-0.

«Il ne faut pas qu’on oublie qu’on joue dans la meilleure division de la LNH, poursuit Dorion. À mon avis, en tous cas, notre division est la meilleure. Nous allons affronter des clubs qui possèdent des joueurs exceptionnels. Parfois, ce sera difficile de contenir leurs attaques.»