Eugene Melnyk

Un homme de plus en plus seul (3)

CHRONIQUE / Tout est dans le non-verbal. Tout est dans le regard et dans langage corporel de Jim Watson.

Le maire a rencontré les médias, mercredi, pour parler du gâchis laissé par le groupe RendezVous LeBreton.

Il a bien choisi ses mots pour livrer une déclaration assassine. « Travailler avec M. Melnyk dans ce dossier fut frustrant, à plusieurs points de vue. Il n’a certainement pas facilité le processus. Avec son hésitation constante, il a certainement nui à sa propre crédibilité. Je dirais même qu’il a fini par miner la crédibilité de toute son organisation. »

Il faut voir la vidéo de M. Watson partagée par nos collègues de CBC, mardi. Les images valent facilement 1000 mots de plus.

Si je devais résumer, en quelques mots, je dirais que le premier magistrat en a plein son truck, et qu’il ne fait aucun effort pour masquer son état d’esprit.

Le titre de cette chronique vous dit peut-être vaguement quelque chose. C’est la troisième fois que je l’utilise dans les 14 derniers mois. Chaque fois, je trouve de nouveaux mots pour vous raconter la même histoire. Eugene Melnyk, le propriétaire unique des Sénateurs, compte de moins en moins d’alliés.

Pas besoin de chercher bien loin pour trouver un nouvel exemple concret. Il nous en a lui-même servi un sur un plateau d’argent, mercredi.

Dans le communiqué envoyé aux médias, il fait porter l’odieux de l’échec du processus de médiation aux « partenaires » qui « ne voulaient pas répondre aux préoccupations que nous avions soulevées de manière proactive et transparente à la Commission de la capitale nationale, au maire, à la Ville d’Ottawa et au public ».

Il blâme les autres. Encore.

Depuis le début de la crise qu’il a lui-même déclenché, a-t-il accepté une minuscule part de responsabilité ?

On devine qu’il cible principalement John Ruddy et Trinity Group quand il parle des « partenaires » qui ont échappé le ballon.

Allez donc savoir.

Ce n’est même pas le pire passage de son plus récent communiqué.

Un peu plus tard, M. Melnyk affirme qu’il explorera « d’autres alternatives dans des emplacements centraux pouvant accueillir un lieu de rassemblement de calibre international ».

Il va peut-être trouver. Il y a peut-être, quelque part en ville, un vaste terrain vacant, facile d’accès, auquel personne n’avait pensé.

Peut-être.

Advenant qu’il trouve, pourra-t-il vraiment amasser les 400 millions $ nécessaires à la construction ?

Comment pourra-t-il réussir, tout seul, alors qu’il vient d’échouer dans un contexte où presque tout le monde était de son côté ?

La CCN est en fin prête à passer à l’action, en autorisant le développement des Plaines. Juste au moment où le système de train léger est sur le point de se concrétiser. Les différents paliers de gouvernements sont convaincus que l’idée d’y construire un centre de sport et de divertissement est la bonne. La communauté des affaires aussi.

M. Melnyk tourne le dos à tous ces gens pour se mettre à la recherche d’une autre solution.

Seul.

On me dit que Mark Stone était très émotif, lundi, au moment de quitter le Centre Canadian Tire.

Un très dur moment à passer.

Dans sa première entrevue, en direct sur les ondes de TSN, on lui a demandé ce qui l’avait motivé à s’entendre aussi rapidement avec les Golden Knights de Vegas.

« La volonté de gagner démontrée par les propriétaires », a-t-il répondu.

Parfois, dans la vie, il faut lire entre les lignes pour comprendre. Parfois, ce n’est pas nécessaire.