Dans cette saison perdue, chaque revers permet aux Sénateurs de mieux se positionner en prévision de la loterie du repêchage.

Un gardien pour les années à venir

CHRONIQUE / Mine de rien, les Sénateurs ont perdu leurs deux derniers matches de la même façon.

Chaque fois, ils étaient dans le coup en troisième période. Chaque fois, ils pouvaient au moins espérer s’en tirer avec au moins un point.

Mike Condon a donné un très mauvais but aux Bruins de Boston, jeudi dernier, dans la dernière partie avant la pause du Match des étoiles.

Craig Anderson a fait la même chose, mardi, face aux Hurricanes de la Caroline.

Dans le court terme, tout cela n’est pas dramatique. Tous ces points perdus entraînent l’équipe vers le bas.

Dans cette saison perdue, chaque revers permet aux Sénateurs de mieux se positionner en prévision de la loterie du repêchage.

Plus les défaites s’accumulent, meilleures sont les chances de mettre la main sur la prochaine superstar du hockey, Rasmus Dahlin.

Pour cette saison, donc, pas de problèmes.

C’est pour la suite des choses que ça risque de se compliquer.

En décidant d’utiliser de manière équivalente leurs deux gardiens d’ici la fin de la saison, les dirigeants des Sénateurs préparent l’avenir.

Avec Erik Karlsson, Thomas Chabot et – possiblement – Dahlin, les Sénateurs miseraient sur un trio de défenseurs offensifs qui ferait baver d’envie n’importe qui.

Avec ces trois joueurs, ils posséderaient un noyau solide autour duquel ils pourraient relancer l’organisation.

Le hic, c’est que les brigades défensives ne peuvent rien faire si elles ne sont pas bien appuyées par leur gardien.

On parlerait beaucoup moins de P.K. Subban et de Roman Josi, à Nashville, si Pekka Rinne n’était pas animé par un tel désir de vaincre.

Alex Pietrangelo et Colton Parayko paraissent moins bien, à Saint-Louis, lorsque Jake Allen traverse ses mauvaises passes.

Je me suis arrêté devant le casier de Craig Anderson, mercredi. Le vétéran de presque 37 ans, qui connaît une de ses pires saisons en carrière, m’a expliqué qu’il n’a plus le luxe de s’attarder à ce qui se passe autour de lui.

« Au baseball, un lanceur partant peut allouer seulement deux coups sûrs en neuf manches et encaisser une défaite. Parfois, quand il ne compte pas sur le soutien de son attaque, il est impossible pour lui de gagner », a-t-il rappelé.

« C’est pourquoi je dois me concentrer sur ce que je fais et sur ce que je peux améliorer. Je ne peux penser à rien d’autre », de conclure celui qui gagnera 9,5 millions $US au cours des deux prochaines saisons.

Pour accorder sa première entrevue de l’année 2018, Eugene Melnyk a choisi le confort d’un studio du réseau CTV, à Toronto.

L’animateur de l’émission , Ben Mulroney, ressemble davantage à Gino Chouinard qu’à Paul Arcand. Disons qu’il n’avait pas pour mission de rudoyer le propriétaire des Sénateurs.

Après avoir débuté l’entretien en félicitant son invité, qui avait « fort bonne mine », il est brièvement revenu sur sa controversée sortie du mois dernier.

« Ce que j’ai dit en décembre... Je regrette d’avoir touché une corde sensible chez les gens d’Ottawa », a réagi M. Melnyk.

M. Mulroney n’a pas insisté.

C’est drôle, j’aurais eu le goût de pousser poliment la note. J’aurais enchaîné avec les questions suivantes.

Comprenez-vous pourquoi les partisans ont été choqués par vos propos? Pouvez-vous comprendre pourquoi certains ont du mal à les digérer, un mois plus tard? Regrettez-vous cette sortie, surtout?

Après tout ce temps, les partisans ont le droit d’obtenir ces réponses.