Soccer Outaouais ne révolutionnera pas le monde avec sa campagne Ensemble contre l’intimidation qui a été officiellement lancée, mercredi.

Un effort louable de Soccer Outaouais

CHRONIQUE / «Maudit call de marde ! Tant qu’à faire, va donc te pendre...»

Soccer Outaouais ne révolutionnera pas le monde avec sa campagne Ensemble contre l’intimidation qui a été officiellement lancée, mercredi.

La problématique n’est vraiment pas nouvelle. On a beau répéter aux cons qu’ils sont cons... Ils n’ont pas l’air pressés - ou simplement capables - de changer.

Soccer Outaouais a quand même produit quatre capsules vidéo, de concert avec l’agence de communications gatinoise Kaméléons & cie. La première circule sur le Web depuis quelques heures. Les trois autres suivront, dans les prochaines semaines.

Chaque capsule d’environ 90 secondes nous montre un jeune arbitre qui se fait insulter par des entraîneurs ou injurier par des joueurs. Certains reçoivent même des menaces à peine voilées de la part de parents.

Je répète qu’il n’y a rien, ici, de révolutionnaire.

On sait depuis longtemps que ça se passe de même, sur les terrains de soccer, aux quatre coins de la province.

Et ce n’est pas différent dans les autres sports d’élite où les jeunes athlètes sont souvent brillants. Les adultes qui les entourent ne le sont pas nécessairement.

Les comédiens utilisés dans la nouvelle campagne de Soccer Outaouais ne sont pas tous professionnels. Les scénaristes qui ont écrit leurs répliques ont choisi de livrer leur message de façon sarcastique.

Parfois, l’humour, ça fonctionne très bien.

Parfois, ça fonctionne un peu moins bien.

Soccer Outaouais aura quand même le mérite d’essayer quelque chose pour protéger les ados.

Dans son bureau, mercredi, le directeur général de Soccer Outaouais, Richard Gravel, m’a servi un résumé très clair.

On compte environ 200 arbitres de soccer sur son territoire.

Le taux de rétention annuel serait d’environ 75 %.

Ça veut dire qu’en moyenne, chaque année, cinquante officiels remisent leurs drapeaux, leurs cartons et leurs sifflets.

« Ceux qui s’en vont nous lâchent souvent pour cette raison. Ils n’ont plus envie de se faire crier après quand ils sont sur le terrain. Plus souvent qu’autrement, les arbitres qui démissionnent sont les plus jeunes. Les adultes sont capables d’affronter les situations. Les jeunes n’ont pas tous les outils », explique-t-il.

Surtout qu’on verse aux ados un salaire relativement modeste. Une vingtaine de dollars, pour aller se faire insulter pendant 90 minutes, c’est peu.

Soccer Outaouais a surtout le mérite de dire les choses comme elles sont.

La déclaration crue qui donne le ton à cette chronique a été tirée d’une capsule qu’on pourra voir d’ici quelques semaines. Elle met en vedette un père « qui vit son rêve à travers son enfant ».

L’homme suggère vraiment à l’arbitre de se pendre.

« Ce sont vraiment des choses qu’on entend, parfois, sur nos terrains », assure Richard Gravel.

Il paraît que deux cas extrêmes, dans lesquels des parents sont allés trop loin, ont mené à des plaintes formelles auprès des instances régionales de soccer, dans la dernière année.

La capsule qui est disponible, en ce moment, vise plutôt les entraîneurs « qui veulent à tout prix gagner » et qui « se plaisent à jouer le rôle de l’emmerdeur numéro un ».

Les deux autres capsules s’adresseront aux joueurs. L’une d’entre elles s’attaquera au phénomène relativement nouveau de la cyberintimidation.

« On sait bien que notre message ne s’adresse pas à la majorité des gens. Il y a peut-être cinq ou six pour cent de notre clientèle qui pose problème », avance M. Gravel.

Si on peut en sensibiliser un ou deux...