Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Maxim Larouche voue un culte au défenseur des Sénateurs Erik Brännström. 
Maxim Larouche voue un culte au défenseur des Sénateurs Erik Brännström. 

Un bon feeling

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / Qui n’est pas homme de parole, n’est pas un homme.

Maxim Larouche est un homme de parole.

Un vrai.

Depuis lundi midi, personne ne peut remettre ça en question.

Malgré son jeune âge, Larouche commence à se faire connaître dans le petit monde du hockey. Durant son adolescence, en Abitibi, il s'est notamment fait remarquer en signant des textes dans des blogues portant sur le hockey.

Son équipe favorite dans la LHJMQ, les Foreurs de Val-d’Or, l’a très vite repêché. Juste avant d’entreprendre sa cinquième année du secondaire, on lui a confié la gestion des réseaux sociaux.

Être payé pour regarder des matches de hockey. Le rêve. Il a tellement aimé l’expérience qu’il a décidé de garder ce boulot, l’année suivante, quand il a déménagé à l’autre bout du Québec pour entreprendre ses études en Art et technologie des médias au Cégep de Jonquière.

«Je ne pense pas avoir raté un seul match des Foreurs. J’ai tout suivi par Internet», de proclamer, tout fier, celui qui est sur le point de décrocher son diplôme.

Si Larouche aime les Foreurs, il aime encore plus Erik Brännström.

Larouche voue un véritable culte d’admiration au jeune défenseur des Sénateurs.

Et le mot «culte» n’est même pas trop fort!

Lundi, il s’est fait tatouer les initiales et le numéro de Brännström sur un de ses mollets.

Il dit qu’il n’avait pas le choix. Il a pris un engagement, le mois dernier. Comme les gens de sa génération, il a pris cet engagement de façon très publique, dans les réseaux sociaux.

C’était le matin du 23 février. Un jour de match entre les Sénateurs et le Canadien de Montréal.

«Si Erik Brännström marque son premier but ce soir, je me fais tatouer: EB26», a-t-il annoncé, sur Twitter.

Ce qui devait arriver, arriva.

En début de deuxième période, ce soir-là, le jeune espoir a décoché un tir des poignets bas qui a battu Carey Price entre les jambières.

Un mois plus tard, le jeune fan a réussi à obtenir un rendez-vous chez un bon tatoueur.

***

«Je me suis levé, le 23 février. Je buvais mon petit café, j’écrivais mes textes... Me semble que j’avais un bon feeling», m’a raconté Larouche, au téléphone, en milieu d’après-midi.

Juste là, j’ai ri.

Je ne suis pas joueur. Je ne prends jamais de paris. Dans la dernière année, avec le confinement et tout le reste, je me suis mis à soutenir Loto-Québec, à raison d’un billet de loterie par mois, environ. Chaque fois, pour justifier la dépense, je dis à ma blonde que j’ai un très bon feeling...

Si un jour, j’arrête subitement d’écrire dans Le Droit, vous saurez pourquoi.

Larouche, bref, avait cet indescriptible bon feeling.

Il sentait, quelque part dans ses tripes, qu’il s’apprêtait à vivre un grand jour.

«Mon amour pour Brännström remonte à 2016. Dans ce temps-là, je commençais à m’intéresser beaucoup aux espoirs. Je dois reconnaître que j’ai toujours tripé sur les Suédois. Pour Brännström, bien, je ne sais pas trop. C’est comme un coup de foudre. Je regardais des matches de HV71, le club avec lequel il s’alignait. J’ai vraiment eu un coup de foudre.»

Dans les différents sites qu’il fréquente, Larouche a salué la sélection – quand même hâtive – de son favori par les Golden Knights de Vegas, lors du repêchage amateur de 2017.

Une vingtaine de mois plus tard, lorsque Brännström a disputé son premier match dans la LNH, avec les Sénateurs, il était à l’écoute.

«Je me suis mis à regarder tous les matches des Sens. J’avais trop peur de rater son premier but.»

«C’est comme devenu un running gag, avec mes amis. Dès que Brännström commet un revirement, dans un match contre le Canadien, j’en entends parler. Des gens m’agacent en me parlant de “mon” futur gagnant du trophée Norris. Je n’ai jamais prédit qu’il gagnerait le Norris! Ma prédiction, c’est qu’il pourrait un jour se comparer à Torey Krug. Ce serait déjà pas mal.»

Larouche n’a pas non plus prédit 20 fois que le premier but était imminent.

«C’est pas comme si je disais ça un match sur deux! J’ai dit ça une fois!»

Il s’en souviendra, forcément, toute sa vie.

Qui n’est pas homme de parole, n’est pas un homme, dis-je.

Et on connaît beaucoup «d’hommes» qui auraient trouvé une façon de se défiler.

Maxim Larouche a tenu parole. Le jeune homme aimerait faire carrière dans le monde des médias. Toute cette histoire, bien sympathique, lui a procuré une certaine visibilité. En ce sens, dit-il, ça valait la peine.

***

Larouche a maintenant un beau gros «EB26» en évidence, sur une jambe.

Erik Brännström a bien paru, dans ses derniers matches... Dans la Ligue américaine.

«Il n’a rien à faire là-bas», pense le fan.

«Est-ce que je suis biaisé? Oui et non. Je serais capable d’être déçu de lui. Je trouve ça un peu plate.»

«Son problème, souvent, c’est la confiance. Comment peut-on lui permettre de développer sa confiance si on joue au yo-yo avec lui?»