Avec la congestion au poste de centre chez les Sénateurs, l’avenir de Jean-Gabriel Pageau pourrait devoir passer par une transaction.

Un bon centre numéro deux

CHRONIQUE / Ils étaient quand même beaux à voir. Je parle ici des partisans des Sénateurs d’Ottawa qui ont envahi les réseaux, mercredi dernier. Ceux qui devaient à tout prix hurler leur joie, dès qu’ils ont su pour la mise sous contrat de Colin White.

«Enfin, une bonne nouvelle», s’est exclamé notre ami Louis-Philippe Brûlé, sur son espace Facebook.

Il n’était pas seul. Le sentiment était répandu. Même les partisans les plus aigris, ceux qui sont capables de voir du négatif partout, étaient capables de se réjouir de ce «bon petit contrat».

C’était beau à voir, même si le sentiment ne va pas durer.

Colin White n’est pas un vilain joueur, mais il n’est pas un grand joueur non plus.

Il a grandi dans la région de Boston en essayant d’imiter chaque geste posé par son idole, Patrice Bergeron.

Il est aujourd’hui âgé de 22 ans et on peut dire que son imitation est assez bonne. Loin d’être parfaite.

S’il continue à suivre sa courbe de développement, il finira par connaître quelques saisons de 50 à 60 points. Puisqu’il est déjà très responsable, ses entraîneurs ne craindront jamais de l’envoyer sur la patinoire face aux meilleurs joueurs adverses.

Un bon petit centre numéro deux, quoi.

Les partisans peuvent se réjouir de voir un joueur de talent signer un contrat de plus de cinq ans avec l’équipe. Mine de rien, ça ne s’était pas produit depuis 2015, à Ottawa.

Encore une fois, on peut aussi replacer les choses dans leur contexte. White, on vous le rappelle, n’a que 22 ans. Même s’il crevait d’envie de prendre ses jambes à son cou, il est condamné à rester pendant quelques années. Il est lié aux Sénateurs, pour le meilleur et pour le pire, par les liens sacrés de la convention collective.

Mais bon. White a signé son contrat. Et il a su quoi dire, aussi, quand on lui a planté les micros sous le nez. Il souhaite devenir une «aubaine» pour son patron. Il espère qu’on dira un jour qu’il vaut plus que son salaire annuel de 4,75 millions $US.

Les partisans des Sénateurs sont gavés de mauvaises nouvelles depuis bientôt deux ans. On peut comprendre leur réaction.

Mettons qu’on vous sert exclusivement du baloney, à tous les repas, pendant une période prolongée. Un beau jour, on vous prépare une surprise, en vous servant un cheeseburger un peu sec.

Ce jour-là, la boulette de viande hachée goûtera un peu le filet mignon.

La mise sous contrat de White marque quand même un point important dans le projet de reconstruction des Sénateurs.

Ça m’a fait penser à ma dernière conversation avec Jean-Gabriel Pageau.

J’ai croisé le Gatinois, très brièvement, à Kanata.

Il se préparait en prévision d’une séance d’entraînement improvisée, avec quelques coéquipiers, au Sensplex. Il me jurait que tout allait bien.

La dernière saison n’a pas été facile, pour lui. Il a passé les trois premiers mois sur la touche, patient, en attendant que son tendon d’Achille guérisse. Il a passé les trois mois qui ont suivi à combattre la peur. Sa jambe allait-elle vraiment tenir le coup?

Il a passé l’été à se refaire une confiance. Il n’aura plus la moindre hésitation, me jure-t-il, quand il sautera sur la patinoire pour le premier match de la prochaine saison régulière.

«Je suis confiant», m’a-t-il répété.

La confiance dans le tapis... pour disputer une dernière saison à Ottawa?

Pageau écoulera, à son tour, la dernière année de son contrat. Personne n’en parle, encore, mais il aura 27 ans à l’été 2020. Il pourrait donc réclamer son autonomie complète.

Colin White vient de cimenter sa place à titre de centre numéro deux des Sénateurs.

Josh Norris, pièce maîtresse de la transaction impliquant Erik Karlsson, l’an dernier, pourrait devenir un assez bon centre numéro trois. Du moins, c’est ce qu’on nous dit.

Les dirigeants des Sénateurs continuent de vivre d’espoir. Elle a utilisé le 11e choix du repêchage de 2016 pour mettre le grappin sur un colosse de six pieds et six pouces. Trois ans plus tard, ils rêvent toujours de voir Logan Brown s’emparer du poste de centre numéro un.

Pageau ne se fera pas nécessairement pousser vers la sortie dans les prochains mois, mais...

Les équipes de pointe qui voudront ajouter de la profondeur à l’attaque en prévision des prochaines séries de la coupe Stanley, le printemps prochain, vont forcément s’intéresser à lui.