Éric Landry continue de gagner à la barre des Olympiques de Gatineau malgré les départs de Vitalii Abramov et Mitchell Balmas.

Trois questions à Éric Landry

CHRONIQUE / Éric Landry m’avait bien prévenu. Il avait environ huit minutes à me consacrer, mercredi matin. Il était prêt à me recevoir à son bureau entre la fin de l’entraînement sur glace des Olympiques et le début d’une séance de vidéo.

Je l’ai donc abordé de front. Comment fait-on, Éric, pour gagner dans la LHJMQ ?

« Il faut travailler fort », m’a-t-il répondu le plus simplement du monde.

Pour être franc, je m’attendais à quelque chose du genre.

J’ai donc enchaîné avec une question un tout petit peu plus pointue. Comment fait-on, alors, pour gagner 10 matches de suite ?

Là, je me suis dit que Landry devrait y mettre un peu d’effort. Il ne suffit pas de « travailler fort » pour connaître une séquence semblable à celle que son équipe vient de connaître. Si c’était aussi simple, tout le monde le ferait.

Il m’a répondu qu’il faut travailler fort.

« Chaque soir », a-t-il précisé, un peu inutilement.

« C’est difficile ! Ce n’est pas évident de réunir 20 gars qui, chaque soir, sont prêts à travailler fort et à tout donner pour faire avancer la cause de l’équipe. Ici, nous avons été capables de le faire. Depuis le début de l’année, nous travaillons là-dessus. Nous travaillons à développer la bonne identité d’équipe, en insistant sur les éléments qui sont les plus importants à nos yeux. Durant notre séquence de 10 victoires, nos priorités étaient à la bonne place. Nos résultats ont été à la hauteur des efforts que nous avons fournis », a-t-il rapidement précisé.

Il était environ 10 h, en ce mercredi 3 janvier. J’ai osé ma première question niaiseuse en 2018.

Des joueurs d’impact, des joueurs de grand talent, c’est vraiment important ?

Les Olympiques ont récolté 27 points sur une possibilité de 32 dans les 16 matches qui ont suivi la transaction dans laquelle ils ont sacrifié Vitalii Abramov. Ils ont continué de gagner, comme si de rien n’était, quand ils ont laissé partir Mitchell Balmas.

Landry est un gars intelligent. Il a compris le véritable sens de ma question.

On sait tous qu’il est plus facile de gagner avec des joueurs doués.

« En même temps, tous les joueurs qui font partie de notre équipe ont déjà été, à d’autres moments de leurs vies, les meilleurs de leurs équipes. Certains l’ont été dans leurs années de hockey mineur, d’autres ont brillé dans la ligue midget AAA... »

« Je crois fermement que tous nos joueurs sont capables de nous aider. Ils possèdent tous un élément, quelque part, qui leur a permis d’atteindre la LHJMQ. Il suffit d’aller chercher cet élément pour les emmener à produire. Quand je parle de produire, je ne parle pas nécessairement de points. Je parle de faire des choses avec, et sans la rondelle, pour aider l’équipe. »

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J’ai recommencé à fréquenter le Vieux-Bob avec un peu plus de régularité il y a presque deux ans, maintenant. Les gens que je connais qui sont des véritables spécialistes de hockey junior me disent que la LHJMQ demeure une ligue dans laquelle une équipe a besoin de trois ou quatre vedettes pour se maintenir au-dessus de la masse.

J’ai toujours voulu croire, en quelque part, qu’un bon entraîneur est encore plus important.

On parle ici de jeunes athlètes qui sont âgés de 16 à 20 ans. Ils ont encore tout à apprendre.

Dans le contexte, un bon entraîneur peut transformer une équipe moribonde en équipe compétitive et une équipe moyenne en équipe championne.

J’ai aussi envie de croire que Landry a un grand mot à dire dans les récents succès de son équipe.

Il n’est pas trop difficile de lire entre les lignes.

Il dit qu’il n’est pas facile d’emmener 20 joueurs à travailler ensemble dans la poursuite d’un objectif commun. C’est un beau défi pour un groupe d’entraîneurs.

Lorsque Landry dit que les joueurs qui resteront à Gatineau possèdent tous un petit quelque chose qui pourra leur permettre d’aider l’équipe, il joue encore une fois les motivateurs. Il prépare en quelque sorte son groupe pour les prochains mois.

Plus le temps passera, plus les victoires seront difficiles à obtenir.

Ce sera un grand défi. Landry en a déjà relevé quelques-uns avec panache durant sa première année dans le rôle de l’entraîneur-chef.