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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Le gardien des Sénateurs, Joey Daccord
Le gardien des Sénateurs, Joey Daccord

Tout le monde aime Joey

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CHRONIQUE / Un coup de foudre?

L’expression est peut-être un peu forte.

En tous cas, vous avez l’air de beaucoup l’aimer, Joey Daccord.

Ça se comprend. Il vient de coller deux très belles performances. Les Sénateurs ont réussi à empocher trois points sur quatre et ils peuvent remercier leur gardien de buts numéro trois.

Daccord a réussi quelques gros arrêts, sous pression. Il a surtout réussi à jouer pendant près de 125 minutes sans offrir un seul cadeaux à ses adversaires.

Après deux mois de montagnes russes, avec Matt Murray, vous avez besoin de constance.

Je vous soupçonne aussi d’être contaminés par le parfum ambiant. L’hiver 2021 est celui du renouveau, à Ottawa. Tous les jeunes attaquants qui ont été lancés dans la fosse aux lions, jusqu’à présent, ont répondu aux attentes.

Ça donne forcément le goût d’accélérer le virage jeunesse.

Comme si ce n’était pas suffisant, Daccord a un petit quelque chose d’unique qui le rend encore plus attachant.

Il est émotif et n’a pas peur de le montrer.

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J’ai des petites nouvelles pour les partisans des Sénateurs sont en train de tomber sous le charme de Joey Daccord.

Vous n’êtes pas les premiers.

Avant de convaincre la direction des Sénateurs de lui consentir un contrat, le jeune gardien américain a passé trois années sur le campus de l’Université Arizona State.

Les gens, là-bas, l’ont beaucoup aimé.

Joey Daccord en pleine action lors du match de dimanche contre les leafs de Toronto.

Daccord est arrivé à l’automne 2016. L’équipe de hockey des Sun Devils entamait alors sa deuxième saison. Elle avait gagné seulement cinq parties, l’hiver précédent.

Il a pris le contrôle.

«Joey a cette attitude fanfaronne. C’est quelque chose de naturel, chez lui. Ce n’est pas quelque chose qui s’invente ou qui s’enseigne. Tu l’as ou tu ne l’as pas», m’a expliqué Greg Powers, mardi.

Powers est l’entraîneur-chef des Sun Devils. C’est lui qui a convaincu Daccord d’emprunter le chemin le plus long vers la LNH.

Dans son entrevue d’après-match qui est devenue virale, dimanche soir, Daccord a dit quelque chose de particulièrement révélateur.

Quand Matt Murray lui a demandé de le remplacer à pied levé, avant le match, il était habité d’une seule certitude. Les Sénateurs allaient gagner.

Powers n’a pas été surpris de l’entendre.

«Tout ce que vous avez vu, dans cette entrevue, c’est Joey. C’est un homme entier, qui carbure à l’émotion. Et c’est précisément ce qui lui a permis de connaître du succès jusqu’ici.»

«Joey, c’est d’abord un athlète de très haut niveau. Quand il était jeune, il était le capitaine de son équipe de soccer. Il était le capitaine de son équipe de tennis. J’ai toujours considéré qu’il est un excellent joueur de hockey qui a choisi de s’exprimer à la position de gardien», raconte Powers.

Daccord est donc un gardien différent.

«Il n’est pas du genre à rester tranquille, dans son coin. Il se retrouve toujours au coeur de tout ce qui se passe. Il prend de la place. Il parle tout le temps avec ses coéquipiers. Les équipes unies ont besoin de gars comme Joey.»

«Au départ, quand il débarque dans un vestiaire, les gars peuvent se poser des questions à son sujet. Après un certain temps, quand ils apprennent à le connaître, ils découvrent à quel point il est un type entier. Joey aime vraiment les gens. Les gens finissent par l’aimer. Éventuellement, toute l’équipe finit par graviter autour de lui.»

«Je ne suis pas gêné de dire que nous avons développé la culture de notre programme autour de lui.»

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Tout ça, c’est beau. Je voulais quand même discuter d’un truc avec l’ancien entraîneur.

On m’a toujours dit que les émotions pouvaient être les meilleures alliées d’un athlète.

Les émotions peuvent aider, tant et aussi longtemps que les athlètes les maîtrisent.

Quand les émotions prennent le dessus, ce n’est pas joli.

Dans ses trois années, à Arizona State, il n’y a pas eu que des matches facile.

Le programme des Sun Devils a réussi à se qualifier pour le tournoi de fin de saison de la NCAA au terme de leur quatrième saison. C’est un record.

Dans les saisons précédentes, il y a eu plus de défaites que de victoires.

«Joey est un type émotif. C’est aussi un type extrêmement positif. Et ça ne change jamais. Après un gros arrêt, après un gros but, pour lui, c’est pareil. Il a toujours le même langage corporel. Il est toujours plein d’énergie positive.»

Greg Powers pousse sa réflexion un peu plus loin.

«Joey ne sait pas comment être négatif. Je vais dire quelque chose d’honnête, avec tout l’amour que j’ai pour lui. Il juste assez nono pour toujours connaître du succès.»

On pense à tout ça et on se dit, qu’au fond, Daccord pourrait bien être le gardien parfait pour grandir avec les jeunes Sénateurs.