Vitalii Abramov a permis à l’équipe russe de gagner le dernier match de la Série Canada-Russie, jeudi. Sur cette photo, il bouscule le Gatinois Benoît-Olivier Groulx.

Tout ce que l’avenir nous dira

CHRONIQUE / Si c’est une bonne transaction ? Je l’ignore. C’est ça, l’affaire. Personne ne peut savoir pour l’instant, si les Olympiques sortiront gagnants de cette saga. Ça dépendra du travail accompli par tout plein de gens, à compter de maintenant. Ça dépendra également de la chance.

On dit souvent, dans le sport, que le repêchage est une science inexacte.

C’est vrai dans les circuits professionnels. Un jeune homme qu’on choisit à l’âge de 17 ou 18 ans vit une série de changements importants. Ces changements, qu’ils soient physiques, émotifs ou psychologiques, peuvent parfois métamorphoser complètement un athlète.

Ce doit être pire, encore, dans le hockey junior, où on sélectionne année après année des patineurs qui ont tout juste 15 ans.

« Les choses qui motivent un jeune homme de 18 ans peuvent être fort différentes de celles qui le motivaient trois ans plus tôt », m’a-t-on d’ailleurs rappelé, plus tôt cette semaine.

C’est là que « tout plein de gens » entrent en scène.

Il y a d’abord les dépisteurs des Olympiques, des gens qu’on connaît peu. Avec tous les choix qui leur ont été arrachés au cours des dernières années, il est extrêmement difficile d’évaluer leur travail.

Les dépisteurs utiliseront les choix acquis cette semaine pour sélectionner des joueurs qui seront influencés par des entraîneurs, par des préparateurs physiques, par des enseignants, par des agents, par des amis, par leurs parents...

Ces gens auront tous un rôle à jouer.

Je connais des dépisteurs compétents, des hommes d’expérience, qui attaquent chaque repêchage en se disant qu’ils vont se tromper au moins deux fois dans les cinq premières rondes. La meilleure façon de multiplier les bons coups, alors, consiste à collectionner les choix.

Plus ils ont de boules dans le boulier, meilleures sont leurs chances de multiplier les bonnes prises.

Certains partisans des Olympiques auront peut-être du mal à faire leur deuil d’Abramov. Ils n’ont pas l’habitude de voir leurs meilleurs joueurs quitter le navire au beau milieu d’une saison.

On ne pourra pas leur dire qu’ils n’ont pas été prévenus. Quand Alain Sear a pris le contrôle de la direction des opérations hockey, à la fin de l’été, il a clairement affiché ses couleurs. Pour lui, le succès futur des Olympiques passe par le repêchage. Cette transaction est donc parfaitement en phase avec tout ce qu’il a dit jusqu’à maintenant.

Certains ont souligné que Marcel Patenaude a obtenu un meilleur retour, l’an dernier, quand il a cédé Alex Dostie aux Islanders de Charlottetown.

Ils ont peut-être raison.

On pourrait quand même leur rappeler que le contexte est légèrement différent.

La nationalité d’Abramov compliquait légèrement la tâche de Sear. 

Afin de conclure une transaction, il devait trouver un club qui aspirait aux grands honneurs et qui avait un poste de joueur étranger libre dans sa formation.

Si Abramov avait été Canadien, les Olympiques auraient eu plus de partenaires potentiels. Ils auraient eu plus de facilité à faire grimper les enchères.

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Une fichue bonne idée.

Les célébrations du centenaire de la LNH atteindront leur point culminant dans les prochains jours. L’assemblée de fondation du circuit a eu lieu le 26 novembre 1917, à l’hôtel Windsor de Montréal.

Pour célébrer l’événement, les six quotidiens de Groupe Capitales Médias (GCM) vous ont concocté un projet spécial. Dans chacune de nos éditions, la semaine prochaine, nous allons vous dresser le classement des meilleurs joueurs québécois de l’histoire, selon la région où ils sont nés.

Nous aurons l’honneur de lancer le bal, lundi, en vous présentant le classement de l’Outaouais et de l’Abitibi-Témiscamingue.

Nous y ajouterons une toute petite touche personnelle, en dressant notre top-10 des meilleurs hockeyeurs qui ont grandi dans l’Est ontarien.

Ce fut un exercice difficile. Comment peut-on comparer les performances d’un gardien des années 1970 à celles d’un attaquant des années 1930.

Au fait, un lecteur du Droit a-t-il déjà vu jouer Frank Finnigan ?

On a déjà hâte de recevoir les courriels dans lesquels vous allez remettre nos choix, nos connaissances et notre jugement en doute.