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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Le joueur Tim Stützle
Le joueur Tim Stützle

Timmy Süperstar

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CHRONIQUE / Marc Bergevin a fait une confidence d’une grande importance à mes collègues Arpon Basu et Marc Antoine Godin, de l’Athlétique, juste avant le début de la saison 2019-20.

En entrevue, le directeur général du Canadien de Montréal parlait de la façon dont sont construites les équipes de hockey, lors du repêchage amateur. Il reconnaissait que la chance avait presque toujours un rôle à jouer.

Bergevin a joué son dernier match dans la Ligue nationale en 2004. Très rapidement, il s’est joint à l’équipe de dépisteurs des Blackhawks de Chicago. Il a donc assisté à l’émergence d’une des grandes puissances du circuit.

Si on voulait résumer ça, tout simplement, on pourrait écrire que les Hawks ont remporté leurs trois derniers championnats en construisant leur équipe autour de deux attaquants d’exception: Jonathan Toews et Patrick Kane.

Ils ont été chanceux de pouvoir les réunir.

En 2007, les Hawks ont remporté la loterie alors qu’ils détenaient seulement 8,1 % des chances. Ça leur a permis de mettre la main sur Kane, un des meilleurs attaquants américains de tous les temps.

Ils ont été encore plus chanceux, semble-t-il, de ne pas remporter la même loterie, un an plus tôt.

En 2006, si les Hawks avaient obtenu le premier choix, ils auraient sans doute jeté leur dévolu sur un autre Américain, le défenseur Erik Johnson.

Ils ont plutôt obtenu le troisième choix, cette année-là. Puisque Johnson n’était plus disponible, ils se sont tournés vers Toews, qui est devenu le capitaine de leur formation.

La chance, donc. Elle joue un rôle essentiel.

Dans quelques années, dira-t-on la même chose à propos des Sénateurs d’Ottawa?

Dira-t-on qu’ils ont été chanceux, en 2020, de ne pas remporter la loterie Alexis Lafrenière?

On ne connaît pas encore beaucoup Tim Stützle.

C’est la faute du coronavirus, qui a construit des murs d’une épaisseur impressionnante entre les journalistes sportifs et les athlètes dont ils décrivent les exploits.

Si on avait accès au vestiaire, on lui collerait aux fesses, chaque jour. On essaierait d’en découvrir le plus possible sur son parcours. On voudrait qu’il nous parle des gens qui l’ont influencé. On essaierait de découvrir ses habitudes et on voudrait comprendre ses motivations.

En ce moment, c’est presque impossible. Il y a des limites à l’intimité qu’on peut développer avec Zoom, quand les caméras sont éteintes.

En ce moment, on fait du mieux qu’on peut avec ce qu’on a.

Brady Tkachuk lui ouvre les portes de sa maison. On salue cette belle démonstration de leadership.

On voit passer une courte vidéo dans laquelle les deux co-locs se chamaillent, durant une période d’échauffement. On s’emballe et on décrète qu’il s’agit du meilleur «bromance» de toute la Ligue nationale de hockey.

«Je suis comme ça. J’aime sourire et je souris tout le temps», a déclaré le gamin, le 6 octobre dernier, en pleine séance de repêchage, après avoir enfilé son maillot noir et rouge pour la première fois.

Depuis, on garde un oeil sur lui, de loin, pour s’assurer qu’il disait la vérité.

Cinq mois plus tard, nous n’avons pas encore réussi à le prendre en défaut.

On va peut-être me dire que je divague et que je m’intéresse à des choses pas tellement importantes.

Ailleurs, on commence à se demander si l’Allemand était vraiment le troisième meilleur joueur disponible, lors du dernier repêchage.

Des gens, dans la LNH, ont vraiment commencé à se poser cette question débattre sur la question.

Après une moitié de saison (écourtée), Stützle a une longueur d’avance sur Alexis Lafrenière et Quinton Byfield.

Il est beaucoup trop tôt.

On en reparlera dans deux ans. Ou trois.

Et, de toutes façons, les Sénateurs pourraient sortir gagnants, avec Stützle, même si Lafrenière devient un joueur plus productif.

Ottawa n’avait pas uniquement besoin d’un attaquant de talent. Le marché de la capitale canadienne avait besoin d’une vedette charismatique autour de laquelle rebâtir son image de marque.

En ce moment, tout nous permet de croire qu’il pourrait devenir ce joueur.

On ne connaît pas suffisamment Tim Stützle.

Pour l’instant, on doit se contenter de le voir à l’oeuvre.

Quand il a marqué son but, lundi soir, un collègue s’est exclamé, sur Twitter, qu’il sera beau de le voir à l’oeuvre d’ici «trois ou quatre ans».

Il a récolté 15 points à ses 25 premiers matches. On ne s’attendait pas à ça.

À mon humble avis, il est intéressant de le voir à l’oeuvre dès maintenant.