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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Le défenseur des Sénateurs d'Ottawa, Thomas Chabot, a passé 34 minutes et 50 secondes sur la glace, mercredi.
Le défenseur des Sénateurs d'Ottawa, Thomas Chabot, a passé 34 minutes et 50 secondes sur la glace, mercredi.

Thomas Chabot, seul sur son île

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CHRONIQUE / Deux défaites en prolongation, contre les Canucks de Vancouver, ce n’est pas mal du tout. 

Surtout quand on pense aux deux performances que vient de livrer Thatcher Demko sur la patinoire du Centre Canadian Tire.

Ce ne sera pas une chronique sur Demko, promis. On peut quand même saluer son travail. Il a joué cette semaine comme il jouait sous la bulle d’Edmonton, l’été dernier. S’il parvient à trouver une façon d’appliquer cette recette avec constance, les Canucks seront en voiture. Ils n’auront pas à s’inquiéter pendant de nombreuses années.

On commence en saluant le travail de Demko pour vous rappeler que les Sénateurs, sur leur patinoire, viennent d’affronter deux fois le gardien le plus prometteur de toute la Ligue nationale. Chaque fois, ils auraient pu le battre.

On parle de Demko pour vous dire que, malgré ce que nous dit le classement général, les Sénateurs montrent de bien belles choses.

Thatcher Demko a aidé les Canucks de Vancouver à remporter deux victoires de suite face aux Sénateurs d'Ottawa, lundi et mercredi.

Ils ne participeront pas aux séries, ce printemps. C’est évident. On est quand même capables d’envisager un scénario dans lequel ils pourraient bien y accéder, dès l’an prochain.

Il y a un gros problème à régler, d’ici là.

Pour atteindre la respectabilité, les Sénateurs ont besoin de se construire au plus vite un premier quatuor défensif de qualité.

Thomas Chabot est seul sur son île. Quand les entraîneurs sentent qu’un match est à leur portée, ils s’appuient beaucoup trop sur lui. Ils n’ont pas le choix. Il n’y a pas d’autres options.

Chabot a passé 34 minutes et 50 secondes sur la glace, mercredi.

Lundi, c’était 31 minutes et 11 secondes.

C’est trop. Beaucoup trop. À la limite, ça peut devenir néfaste. Carrément dangereux.

Thomas Chabot

En imposant une aussi lourde charge de travail au Beauceron, D.J. Smith et ses adjoints permettent de sauver les meubles, à domicile. Au Centre Canadian Tire, les Sénateurs jouent pour ,500. Ils ont réussi à empocher 15 points sur une possibilité de 30.

Sur la route, c’est plus compliqué. L’avantage de la glace permet aux entraîneurs adverses d’envoyer leurs meilleurs éléments, sur la patinoire, contre les autres défenseurs.

Les Sénateurs ont joué 18 matches sur des patinoires adverses, depuis le début de la campagne. Ils ont subi 14 revers en temps réglementaire...

***

Il n’y a pas moyen de s’en sortir. Les Sénateurs ne pourront pas gagner, de façon régulière, tant qu’ils n’auront pas réglé ce gros problème.

La bonne nouvelle, c’est qu’il y a moyens de s’y attaquer.

La solution pourrait venir, en partie, de l’interne. Avec un peu plus d’expérience sur les patinoires nord-américaines, Artem Zub pourrait trouver sa place dans le top-4.

Il a certainement contribué à mieux faire paraître son partenaire de jeu Mike Reilly, cet hiver.

Artem Zub

Les gens qui suivent de près le tournoi éliminatoire de la NCAA ont l’air de penser que Jake Sanderson est trop fort pour le hockey universitaire. On le dit particulièrement habile pour sortir la rondelle de son territoire. Il est capable d’utiliser ses jambes et sa vision du jeu pour se débarrasser des attaquants adverses qui se lancent à ses trousses.

Sanderson aura 19 ans lorsque le prochain camp d’entraînement se mettra en branle. Il pourrait fort bien décider d’y participer. Il pourrait quitter l’école et signer son premier contrat professionnel.

Il pourrait alors surprendre tout le monde en débutant sa carrière sur des chapeaux de roue.

Ce serait quand même beaucoup lui demander.

Il serait sage de lui accorder une, deux ou même trois années pour s’acclimater au rythme de jeu plus exigeant de la meilleure ligue au monde.

***

Il serait peut-être plus simple, et plus sûr, de trouver une solution à l’extérieur de l’organisation.

J’écris ça, évidemment, sous toute réserve. 

Jake Sanderson

En tant que jeune directeur général, Pierre Dorion a réussi, à merveille, son travail de démolition des Sénateurs. Pour ce qui est de la reconstruction, il a encore tout à prouver.

Seul, Dorion ne peut rien accomplir. 

Eugene Melnyk a promis aux partisans une période faste de «cinq années glorieuses», durant l’équipe atteindra «de nouveaux sommets».

On ne sait pas exactement quand cette période doit débuter. On ne sait même pas, en fait, si cette promesse tient toujours.

On sait, cependant, que les joueurs de hockey de qualité coûtent cher.

Les Sénateurs sont en bonne posture. Ils ont beaucoup d’espace pour respirer, sous le plafond salarial. Dans un contexte difficile de sortie de pandémie, toutes les équipes n’ont pas cette chance.

Des défenseurs de talent vont se retrouver sur le marché des transactions. D’autres devront se magasiner un nouveau club, en juillet, et ils n’auront pas des tas de choix.

Le repêchage d’expansion du Kraken de Seattle pourrait offrir de belles opportunités.

Les directeurs généraux, craignant de perdre un joueur sans rien obtenir en retour, pourraient se montrer ouverts aux négociations...