Sidney Crosby a déjà accumulé 1027 points en 782 matches de saison régulière. Lundi, il fêtera ses 30 ans.

Sid le Kid a (enfin) 30 ans

CHRONIQUE / «Euh... Sid ? Attends un peu, Sid. Tu ne peux pas commencer l'entrevue comme ça. Prends 30 secondes pour te nettoyer, un peu. C'est pas des blagues. Crois-nous, Sid... T'as une grosse crotte de nez qui pend. »
Nous sommes dans le vestiaire des Penguins de Pittsburgh, quelques heures avant un match contre les Sénateurs d'Ottawa. Dans un coin de la pièce, une bonne vingtaine de journalistes américains se regardent, silencieux. Ils n'ont aucune idée de ce qui est en train de se passer.
Sidney Crosby ne peut effectivement pas commencer l'entrevue. Il rit aux larmes. Pascal Dupuis et Maxime Talbot, les deux bouffons du roi, n'arrêtent pas de lui balancer des conneries à la tête, pour le déconcentrer. Ils parlent français, bien sûr, une langue qu'il comprend pour avoir passé deux hivers de sa vie à Rimouski.
Plus ils parlent de cette « crotte de nez » qui n'existe pas réellement, plus il rit. Plus il rit, plus il pleure.
C'est un cercle sans fin.
Dans les 15 dernières années, c'est la seule et unique fois où j'ai vu Crosby déconner.
Crosby s'apprête à vivre une journée importante. Il célébrera lundi son 30e anniversaire de naissance.
C'est drôle.
Il avait 17 ans la première fois qu'on l'a vu, en personne, sur la patinoire du Centre Robert-Guertin. À l'époque, j'avais un peu l'impression qu'il avait déjà une trentaine d'années.
Sur la patinoire, on aurait dit un homme dans une ligue d'enfants. À son premier match contre les Olympiques, il avait été si dominant. Il avait récolté six points dans un revers de 8-6.
On nous l'avait présenté comme un jeune homme qui n'avait qu'un but en tête. Il voulait devenir le meilleur joueur de hockey au monde. Il ne pensait qu'à ça. Tout le reste, apparemment, ne l'intéressait pas.
Tout le reste, il s'en fichait complètement.
Les gens qui nous l'ont présenté ne se trompaient pas.
Sept cent quatre-vingt-deux matches plus tard, Crosby a récolté 1027 points et il a été impliqué dans un grand total de zéro grand scandale.
Il a été tout aussi constant dans les séries éliminatoires qu'en saison régulière. Sa constance s'est également étendue dans le vestiaire. Face aux milliers de questions qui lui ont été posées quand les caméras ont été braquées vers lui, combien de fois s'est-il réellement mis un pied dans la bouche ?
On peut passer des heures à fouiller le web à la recherche de photos embarrassantes. Si ça se trouve, il protège encore mieux sa vie privée qu'il protège la rondelle le long des rampes.
On peut bien lui reconnaître un défaut. Il a tendance à se plaindre un peu trop souvent (et avec un peu trop d'énergie) auprès des arbitres.
Se plaindre, rouspéter, chialer... Ce ne sont pas vraiment des signes d'immaturité.
On en connaît, des gens d'âge mûr, qui sont très habiles dans l'art de se plaindre. Surtout quand ils sont cachés derrière un écran d'ordinateur.
J'arrête tout de suite. J'aurais peur de m'éloigner et de me perdre.
C'est l'anniversaire de Crosby.
Bonne fête, Sid. Félicitations pour une décennie drôlement bien remplie.
On connaît l'identité d'un invité d'honneur pour la grande fête. La coupe Stanley sera sur place, à Cole Harbour en Nouvelle-Écosse, spécialement pour l'occasion.
La vie a drôlement bien fait les choses, dans ce cas. En soulevant la coupe pour la troisième fois, le printemps dernier, le capitaine des Penguins nous a montré comment on construit une dynastie à l'ère du plafond salarial.
Essentiellement, il faut d'abord repêcher trois ou quatre joueurs de grand talent. Après les avoir élevés, il faut les mettre sous contrat à long terme. Après, il faut savoir les entourer des joueurs qui seront capables de les soutenir.
Changement de sujet. C'est un week-end marquant dans la vie du meilleur attaquant de la LNH. Ça devrait être une fin de semaine mémorable pour le meilleur défenseur, aussi.
Erik Karlsson doit se marier. Il épousera, en secondes noces, une jeune femme d'Ottawa, Melinda Currey.
On souhaite aux jeunes mariés beaucoup de bonheur. On leur souhaite de profiter de leur journée comme ils l'ont voulu, avec les gens qu'ils auront choisis.
Vous ne lirez rien d'autre à propos de cet événement dans cette chronique.