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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Dimanche, Alain Vigneault a obtenu sa 700e victoire.
Dimanche, Alain Vigneault a obtenu sa 700e victoire.

Sept cents victoires

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CHRONIQUE / C’est plate. On ne pourra jamais vraiment lancer une discussion sérieuse. On ne pourra jamais affirmer qu’Alain Vigneault est le meilleur entraîneur de hockey formé au Québec.

Vigneault n’y peut absolument rien!

C’est juste que, devant lui, il y a un dénommé William Scott Bowman.

Scotty est né à Montréal, au milieu des années 1930. Il avait 35 ans quand il est débarqué à Saint-Louis pour diriger son premier match dans la Ligue nationale. Il avait presque 70 ans quand il a dirigé son dernier match, à Détroit.

Trente-cinq ans de carrière. C’est un record.

Scotty Bowman, en 1998

Entre les deux, il a participé à 2141 parties et il a obtenu 1244 victoires. Deux autres records.

Il a gagné la coupe Stanley cinq fois en huit ans, quand il est rentré chez lui, pour diriger le Canadien de Montréal.

Il a soulevé le trophée une sixième fois quand il travaillait avec Mario Lemieux et Jaromir Jagr, à Pittsburgh.

Il a remporté trois championnats de plus à MoTown.

Neuf coupes, au total. Un autre record.

Vigneault n’y peut rien, donc. Il devrait travailler jusqu’à 80 ans pour s’approcher du nombre de victoires de Scotty.

Dans une LNH qui comptera bientôt 32 équipes, avec cette parité qui est si chère aux yeux du commissaire, on voit mal comment un entraîneur pourrait remporter neuf coupes Stanley, dans le 21e siècle.

Scotty conservera donc, pendant longtemps, le titre de meilleur entraîneur de l’histoire du Québec.

On peut quand même prendre le temps d’apprécier ce que Vigneault a pu accomplir cet hiver.

Le Hullois est d’abord devenu le 14e entraîneur à franchir le plateau des 1300 matches, en carrière.

Dimanche, il a obtenu sa 700e victoire. Dans l’histoire centenaire de la ligue, seulement huit autres hommes en ont fait autant.

«Je me considère privilégié», a déclaré Vigneault, dimanche, après le gain par blanchissage, 3-0, contre les Sabres de Buffalo.

«J’ai travaillé pour de grandes organisations, a-t-il enchaîné. Pensez aux équipes que j’ai dirigées dans le passé. Pensez à celle que je dirige présentement. J’ai pu compter sur le soutien constant de très bons directeurs généraux. Les directeurs généraux m’ont donné de bonnes équipes à diriger. J’ai été capable de recruter de bons adjoints. Quand on additionne tout cela, il est assez facile de comprendre comment j’ai pu atteindre ces plateaux.»

On reconnaît bien, ici, le langage de l’homme de hockey.

Vigneault, comme tous ses pairs, doit s’efforcer d’avoir l’air le plus humble possible, dans ses apparitions publiques.

C’est pas moi, monsieur le journaliste. C’est l’équipe.

On pourrait facilement répondre à Vigneault que les bonnes organisations ont l’embarras du choix, lorsque vient le temps de recruter un nouvel entraîneur-chef. Les bons directeurs généraux finissent par embaucher des entraîneurs de qualité.

Vigneault a raison quand il dit qu’il a dirigé de bonnes équipes.

On pourrait souligner, toutefois, que l’histoire de la LNH est pleine d’entraîneurs qui n’ont pas été capables de faire gagner de bons athlètes.

Vigneault n’a pas pu faire grand-chose, à Montréal. Il est arrivé dans les difficiles années qui ont suivi le départ de Patrick Roy.

Il a pu atteindre la finale de la coupe Stanley durant ses séjours à Vancouver et à New York.

À sa première saison à Philadelphie, les Flyers ont atteint le carré d’as.

«Je vais continuer de travailler pour aller chercher ce que je n’ai pas encore gagné», a-t-il conclu, dimanche.

Il ne peut parler que d’une chose.

On lui souhaite bonne chance.

Les Flyers ont subi seulement deux revers en temps réglementaire à leurs 10 dernières parties. Pour atteindre la finale, cette année, ils devront vaincre les Bruins de Boston, les Islanders de New York et les Capitals de Washington.

Ce ne sera pas de la tarte.

***

Parlant de plateaux importants...

Braydon Coburn me rappelait vaguement Curtis Leschyshyn, lundi matin.

Durant la visioconférence d’avant-match des Sénateurs, le défenseur de 36 ans parlait de son rôle un peu ingrat.

Coburn s’apprêtait à disputer son 974e match dans la LNH.

Pour atteindre le plateau des 1000 parties, il faudrait qu’il prenne part à 26 des 32 rencontres qui sont inscrites au calendrier.

Ça risque d’être difficile.

En 2003, quand je faisais mes débuts «sur le beat» des Sénateurs, Leschyshyn se trouvait dans une situation similaire.

Il avait pris le temps de m’expliquer que tous les athlètes doivent un jour accepter qu’ils doivent céder leur place. Sa sérénité m’avait impressionné.

Coburn a connu une grande carrière. Depuis 2008, il a raté les séries éliminatoires à deux occasions, seulement.

Face à l’incertitude, il dit qu’il va «se concentrer sur les objectifs à court terme. On va essayer de gagner chaque match. Ils sont tous importants.»

Pour le reste, on verra bien.