Malgré le manque de profondeur à l'attaque et les blessures, Nick Paul demeure à Belleville.

Reverra-t-on Nick Paul un jour?

CHRONIQUE / Nick Paul. Où est-il ? Que fait-il ? Pourquoi n’a-t-il pas reçu l’appel du grand club dans les dernières heures ?

La question se posait certainement, jeudi, quand on faisait le tour du vestiaire des Sénateurs, au Centre Canadian Tire.

Rarement a-t-on senti cette équipe aussi fragilisée à une position.

Ça me rappelle un peu la fin de l’hiver 2006. Dans mon souvenir, Zdeno Chara, Chris Phillips et Anton Volchenkov étaient blessés. Wade Redden devait continuellement s’absenter pour se rendre au chevet de sa mère, qui était gravement malade. John Muckler et Bryan Murray avaient colmaté les brèches à la ligne bleue en faisant appel à un trio de joueurs dont on ne savait à peu près rien.

Ça n’avait pas été une période facile.

Onze ans plus tard, nous voilà un peu dans la même situation, sauf que Pierre Dorion et Guy Boucher sont aux prises avec une pénurie d’attaquants. Ils essaient de survivre à la tempête en utilisant les moyens du bord.

• Max McCormick est courageux et honnête, mais son talent est plutôt limité. Il finira par jouer dans la LNH. Il trouvera sa niche dans un quatrième trio.

• Pierre Dorion est allé chercher Chris DiDomenico en Suisse, l’an dernier. Il a été le premier surpris d’apprendre qu’un club des ligues majeures pensait à lui. Il venait d’avoir 28 ans. Il ne comptait même pas 75 matches d’expérience dans la Ligue américaine.

• On lui souhaite beaucoup de succès, Jack Rodewald. Guy Boucher a raison, c’est une belle histoire. Les journalistes aiment les belles histoires. Mais il ne faut pas trop s’emballer. Il demeure, pour l’instant, un joueur de 23 ans jamais repêché qui évoluait dans la Ligue East Coast l’an dernier. Il part de très loin.

D’où la question qu’on se posait au départ.

Nick Paul a été acquis dans une transaction à l’été 2014. On considérait alors qu’il était le principal atout sacrifié par les Stars de Dallas, dans la transaction qui leur a permis de mettre la main sur Jason Spezza.

Murray ne travaillait pas en position de force, à l’été 2014. C’était un secret de Polichinelle. Son capitaine avait exigé une transaction. Il voulait sortir d’Ottawa.

Murray a écouté les offres tout au long du week-end du repêchage amateur, à Philadelphie, sans trouver satisfaction. Il est rentré en ville, et, juste avant l’ouverture de la chasse aux joueurs autonomes, il s’est résigné. Il a cédé son centre numéro un au « plus offrant ». Les Stars étaient prêts à céder Alex Chiasson, Paul et un choix de deuxième ronde.

Chiasson n’a jamais réussi à trouver sa place à Ottawa. Avec le deuxième choix, les Sénateurs ont réclamé Gabriel Gagné, un « projet à long terme » qui connaît certaines difficultés d’adaptation à ses débuts chez les pros.

Paul, je répète, était l’acquisition clé. Celui qui devait, assurément, finir par aider l’équipe.

On s’attendait à ce qu’il se pointe à Ottawa très rapidement. 

On lui prédisait un passage de très courte durée dans les mineures.

Après six matches, cette saison, il n’a toujours pas marqué un seul but chez les Senators de Belleville.

S’il fallait que tous les autres l’aient vraiment devancé dans l’échelle de profondeur, la transaction Spezza pourrait passer à l’histoire comme une des pires de l’histoire de l’organisation.


Tandis que les Sénateurs cherchent des attaquants, Claude Giroux continue de se familiariser avec son nouveau rôle chez les Flyers.

Les Flyers auraient pu essayer d’échanger leur centre numéro un, l’été dernier. Au terme d’une (autre) malheureuse saison, des partisans remettaient en question le leadership de Claude Giroux.

Selon ce qu’on m’a dit, les dirigeants n’ont jamais été influencés par tout ce bruit qui provenait de l’extérieur. Ils ont choisi de le garder.

« Hexie sait ce qu’il fait », me disait l’attaquant Jakub Voracek, jeudi matin, en parlant de son directeur général, Ron Hextall.

Au lieu de se débarrasser du Magicien franco-ontarien, ils ont choisi de le changer de position.

Giroux jouait à l’aile droite lors de ses belles années dans la LHJMQ. À son arrivée dans la LNH, on l’a envoyé au centre.

Il se réinvente maintenant, à 29 ans, sur le flanc gauche.

Si on oublie un match un peu difficile contre les Sénateurs, force est de reconnaître que ça donne de bons résultats.

« Sean Couturier a transformé notre trio, croit Voracek. Quand il est à nos côtés, il devient en quelque sorte notre filet de sécurité. Gi et moi, on peut davantage se porter à l’attaque. Je crois que Gi obtient plus d’opportunités à gauche qu’au centre. »