Ralentie par des blessures cette saison, Valérie Grenier a surpris bien du monde en terminant sixième lors du combiné alpin olympique.

Quelques leçons de PyeongChang

CHRONIQUE / Quand on fera le bilan des deux dernières semaines, on ne manquera certainement pas de bonnes histoires à se raconter. La délégation canadienne vient de nous offrir des Jeux d’hiver tout simplement mémorables.

Derrière tous les médaillés, Valérie Grenier pourrait facilement se faire oublier. Pourtant, la jeune skieuse de Saint-Isidore, dans l’Est ontarien, a réalisé un grand exploit sportif lors du combiné alpin olympique.

On ne s’attendait pas à ça de la part d’une athlète qui excelle habituellement dans les épreuves de vitesse.

Ceux qui suivent sa carrière d’un peu plus près ont été plus surpris, encore. La jeune femme a connu une saison particulièrement difficile. Des blessures aux jambes ont sérieusement miné son parcours. Elle a été obligée de faire l’impasse sur plusieurs épreuves, dans le circuit de la Coupe du monde.

Ces blessures ont justement fait en sorte qu’elle n’a pas vraiment pu s’entraîner en slalom. Ça ne vient qu’augmenter notre surprise face à cette sixième position.

Il fallait la voir, toute souriante, mais visiblement mal à l’aise, sur le plateau de télévision de Radio-Canada.

Elle ne s’attendait visiblement pas à recevoir autant d’attention durant son séjour en Corée.

Mon ami Guy D’Aoust, qui a encore joué son rôle de chef d’antenne à merveille, est convaincu qu’on la reverra. « Tu as 21 ans. C’est presque futile de te demander si tu seras aux prochains Jeux », a-t-il souligné.

« Je l’espère », a répondu dans un rictus nerveux la timide athlète.

On va d’abord lui souhaiter de prendre un peu de repos. De passer un peu de temps de qualité sur la ferme familiale. On va surtout lui souhaiter de surmonter ces petits problèmes de santé. Avec plus d’expérience, et en grande forme, elle pourra essayer de causer une plus belle surprise, dans quatre ans, à Pékin.

Je peux être à la fois cynique et – un tantinet – baveux. Dans un groupe de journalistes où j’étais le seul francophone, j’ai déjà dit que j’aime les Jeux olympiques pour différentes raisons. J’aime les Jeux, entre autres, parce qu’ils nous offrent de délicieuses périodes d’environ deux semaines durant lesquelles toutes les formes de frog bashing sont suspendues au Canada.

Pendant deux semaines, on forme une belle grande famille unie. Nos voisins anglophones nous tolèrent plus facilement quand presque la moitié des médailles qu’ils célèbrent leur sont offertes par des athlètes qui s’appellent Boutin, Girard, Kingsbury, Blouin, Parrot, Poulin, Dion, Hamelin, Dufour-Lapointe...

C’est pourquoi ce « scandale » impliquant le dirigeant de Hockey Canada et le maître de cérémonie me désole au plus haut point.

Ça vous dérange tant que ça, monsieur, qu’on l’appelle Derek « Roi » et pas Derek « Roille » ? En annonçant la formation partante dans la langue de Pierre de Coubertin, le maître de cérémonie va sûrement dire que Roy porte le numéro 9. Dans vos cours de français comme langue seconde à l’école secondaire, on doit forcément vous avoir enseigné les chiffres de zéro à 10. Vous devriez donc être capable de comprendre de qui il s’agit...

J’aurais envie de conclure qu’on fait une tempête dans un verre d’eau et qu’on accorde trop d’importance à un seul et malhabile dirigeant de Hockey Canada.

J’ai un problème. Sauf erreur, la direction de Hockey Canada n’a toujours pas – officiellement – commenté l’affaire.

Un truc important à souligner, ici. Les maîtres de cérémonie qu’on retrouve aux Jeux sont des employés du comité organisateur hôte. Les dirigeants des nombreuses Fédérations sportives n’ont pas à leur dire comment faire leur travail.

On va quand même finir ça sur une bonne note. Nous avons eu droit à du hockey très divertissant, tant chez les hommes que chez les dames. Juste pour dire que les vedettes de la LNH donneraient un petit plus à l’événement, mais leur présence aux Jeux n’est clairement pas essentielle.