Les Sénateurs pourraient être tentés d’échanger Chris Wideman. Mais le marché ne leur est pas favorable.

Quel avenir pour Wideman?

CHRONIQUE / Quand il s’est pointé au bureau, jeudi matin, Chris Wideman était le meilleur buteur parmi les défenseurs de la LNH. Dominer le monde du hockey dans une statistique aussi importante, ça devrait normalement vous gonfler les poumons et le cœur de confiance. Ce n’est pas le cas. Vraiment pas.

Je me suis arrêté devant son casier pendant quelques minutes, après l’entraînement matinal des Sénateurs. J’ai trouvé un athlète qui vit un peu dans le doute.

« C’est simple. Pour moi, cette année, ça passe ou ça casse », m’a-t-il balancé.

Je lui ai demandé de répéter. J’étais convaincu d’avoir mal compris.

Il s’était pourtant bien exprimé.

« Ça passe ou ça casse, a-t-il répété. Je peux connaître une bonne saison, bien jouer et obtenir le privilège de poursuivre ma carrière. Si je connais une saison difficile, je pourrais être contraint de trouver autre chose pour gagner ma vie. »

« Ce n’est rien de nouveau pour moi. J’ai passé presque toute ma carrière jusqu’ici à signer des contrats d’une seule saison. »

Cartes sur table. On s’intéresse particulièrement à Wideman, en large partie, à cause du contexte actuel.

Le manque de profondeur à l’attaque chez les Sénateurs constitue un sérieux problème. Logan Brown est venu prêter main-forte à l’équipe, jeudi.

Et encore, faut le dire vite.

C’était son premier match en deux semaines. En plus de manquer cruellement d’expérience et de vécu, il était rouillé. Il a vu la surface glacée à cinq petites reprises dans les deux premières périodes. Avant même le début du troisième tiers, on sentait que ses carottes étaient cuites. Guy Boucher avait une avance de deux buts à protéger. Brown était condamné à réchauffer le banc.

Il a effectué une courte présence alors qu’il restait un peu plus de six minutes à jouer. J’ai fait le saut.

Tout ça pour dire que le grand ado ne s’est pas démarqué très souvent face aux Devils. Quand il l’a fait, ce n’était pas toujours pour les bonnes raisons.

Cette situation ne peut pas durer. Il doit être renvoyé à son club junior au plus sacrant. Brown s’enrichit un peu à court terme en encaissant des chèques de paie de la LNH, mais il nuit à son développement à long terme en l’utilisant si peu.

Bien sûr que Pierre Dorion magasine. Il veut transiger. Il est à la recherche d’une solution de rechange ; d’un attaquant d’expérience qui lui donnera un peu de profondeur.

Il va y investir encore plus d’efforts si jamais Zack Smith, nouvellement blessé au « haut du corps », doit s’absenter pendant un certain temps.

Des représentants de 10 différentes organisations de la LNH étaient sur la galerie de la presse du Centre Canadian Tire pour observer les joueurs des Sénateurs et ceux des Devils, jeudi.

À cette période de l’année, c’est beaucoup.

La solution qui nous apparaît la plus simple, la plus propre, la plus rapide, serait de sacrifier un de ses nombreux défenseurs de soutien. Si Dorion décide d’emprunter cette avenue, on présume que Wideman pourrait être plus facile à échanger que d’autres.

Il défenseurs à caractère offensif qui sont habiles dans la relance ont la cote. Qui plus est, il est droitier, ce qui lui confère une petite valeur ajoutée.

Il ne serait pas déraisonnable de penser que Wideman pourrait avoir une certaine valeur sur le marché, nous a confié un des hommes de hockey qui passaient la soirée à Kanata.

On nous a toutefois remarqué, avec justesse, que le marché des transactions est au point mort. À Vegas, les sympathiques Golden Knights alignent présentement une dizaine de défenseurs. S’il était simple de transiger, ils en auraient largué quelques-uns.

Dans les 15 dernières années, j’ai perdu quelques dizaines de soirées, à Ottawa comme dans le Garden State, à regarder des matches de hockey soporifiques entre les Sénateurs et les Devils.

Les Devils de Pat Burns. Larry Robinson. Claude Julien. Brent Sutter. Jacques Lemaire. Pete DeBoer. Et ainsi de suite et ainsi de suite. Les entraîneurs défilaient. L’équipe ne changeait jamais.

Entre en scène un directeur général qui ose rompre avec le passé.

Les Devils de Ray Shero sont intrigants.