Boucher deviendra le quatrième entraîneur de l’histoire de la concession à demeurer avec les Sénateurs pendant plus de 200 matches.

Quel avenir pour Guy Boucher?

Vendredi soir, au New Jersey, Guy Boucher s’installera derrière le banc des Sénateurs pour la 200e fois.

Deux cent matches, dans une ligue où les entraîneurs sont généralement les premiers à payer pour les insuccès d’une équipe, ce n’est pas rien.

Boucher pourrait nous en parler. Il n’a pas eu la chance d’atteindre ce plateau, quand il travaillait à Tampa. Le directeur général du Lightning, Steve Yzerman, l’a limogé après 195 parties.

Deux cents matches, à Ottawa, c’est encore plus remarquable.

Boucher deviendra le quatrième entraîneur de l’histoire de la concession à franchir ce plateau.

S’il parvient à s’accrocher à son poste jusqu’à la fin de la saison, il devancera Cory Clouston et Paul MacLean, pour s’installer au deuxième rang des entraîneurs qui ont bossé pendant le plus longtemps dans la capitale.

Il devrait y parvenir sans trop de difficultés.

C’est son avenir à moyen terme qui nous préoccupe.

Nous en avons brièvement parlé à l’ouverture du camp. Boucher a sauté sans parachute, cette saison. Son contrat arrive à échéance, le 1er juillet 2019. Personne ne lui a fait de promesses pour la suite des choses.

Ce n’est pas pratique courante.

Depuis le début de la saison, la couverture quotidienne médiatique des Sénateurs a surtout gravité autour de l’éclosion des jeunes vedettes. Nous avons consacré le peu de temps et d’énergie qu’il nous restait aux déboires du propriétaire. D’ailleurs, je m’attarderai plus tard, dans une autre chronique, sur cette navrante contre-poursuite d’un milliard de dollars qui ne profite à personne.

En attendant, à l’approche de la mi-saison, Boucher poursuit son travail comme si de rien n’était.

En surface, absolument rien n’a changé. Il continue à chercher des solutions. Il ne ménage toujours pas les efforts quand vient le temps de rencontrer les journalistes pour s’expliquer. Les partisans ont le choix de le suivre, ou pas, dans son plan pour reconstruire l’équipe. Au moins, ils ne manquent pas d’informations.

On découvre depuis environ trois mois que Boucher est un habile marchand d’espoir.

On l’écoutait encore, lundi matin, quelques heures avant d’affronter les Predators de Nashville.

«Si on peut seulement oublier nos récents matches contre le Canadien de Montréal, on pourrait voir des signes encourageants», disait-il.

«Nous avons eu beaucoup de mal à composer avec la vitesse du Canadien. Sinon, depuis le 14 novembre, notre situation s’améliore. Je crois que nos performances en infériorité numérique nous situent dans le top-10 dans le dernier mois. Nous avons fait des pas de géant. Il est encore un peu tôt pour affirmer que tous les morceaux du casse-tête tombent en place. Nous ne sommes pas encore là.»

«Heureusement, nous n’aurons plus à revoir le Canadien, cette saison.»

Pour se donner une chance d’entreprendre une quatrième saison à Ottawa, l’automne prochain, il faudrait idéalement que Boucher vende autre chose que de l’espoir. Il faudra des résultats.

Bobby Ryan disait, récemment, que les Sénateurs doivent trouver un moyen d’accorder une quinzaine de tirs de moins par match à leurs adversaires.

Ce serait un beau chantier pour le coach et sa troupe, dans la deuxième moitié du calendrier.

Mon collègue et ami Chris Stevenson a publié un livre sur l’histoire des Sénateurs, plus tôt cette année. Je n’ai pas encore eu le bonheur de lire 100 Things Senators Should Know & Do Before They Die. Il paraît que c’est très bon.

Comme tout ce que Chris fait, d’ailleurs.

La deuxième édition du bouquin s’annonce encore plus intéressante, car elle sera enrichie d’une préface signée par nul autre que Daniel Alfredsson.

Alfie s’est fait extrêmement discret au cours des 18 derniers mois.

En rédigeant ce mot, il a pris le temps de s’adresser aux fans.

«Toutes les organisations sportives vivent des époques plus ou moins glorieuses. Je crois que ce livre a été publié au bon moment. Il nous permet de plonger dans le passé afin de revivre quelques-uns des plus grands moments de l’histoire des Sénateurs. Je suis convaincu que, tout comme moi, vous êtes capables d’anticiper de jours meilleurs, durant lesquels les Sénateurs remonteront vers le sommet.»

Le temps des Fêtes. Toujours une période propice aux messages d’espoir.