« Le rôle de négligés ne nous a pas fait peur de l’année. Ça ne va pas changer », a déclaré l’entraîneur-chef des 67’s d’Ottawa, André Tourigny, à l’aube des séries éliminatoires.

Prêts pour les séries?

CHRONIQUE / Je vous connais, bande de vlimeux. Dans un mois, vous allez vous lamenter. C’est donc bien plate, le printemps, quand il n’y a pas de séries éliminatoires à suivre à la télévision...

Aussi bien se le dire tout de suite. Des séries, il y en aura. Des deux côtés de la rivière des Outaouais, à part ça.

Ça demeure un grand mystère, pour moi. Je ne comprends pas comment des milliers d’amateurs de hockey ont pu complètement oublier le junior majeur.

Je suis bien prêt à accepter la thèse avancée par certains fans de l’Outaouais. Le Vieux Bob n’est plus adéquat, au point de priver certains amateurs de leur plaisir.

À la Place TD, ce n’est pas du tout la même chose.

J’ai assisté à un match des 67’s, récemment. J’entendais depuis trop longtemps des collègues anglophones, déçus, répéter que les dirigeants du Ottawa Sports and Entertainment Group (OSEG) ne pensaient qu’au football et laissaient le hockey mourir à petit feu.

Je les trouve sévères.

Les travaux de modernisation de l’aréna n’ont pas été complétés. Il est un peu dommage de voir toutes ces loges corporatives condamnées parce que trop dangereuses.

Le reste du building a plutôt bonne mine. La murale géante sur Brian Kilrea, dévoilée dans le cadre des célébrations du 50e anniversaire de l’équipe, vaut la peine d’être vue. L’écran géant, installé sur le mur du côté sud, permet d’animer la place, un peu comme on le fait lors des parties de la LNH.

En plus, les 67’s sont drôlement intéressants. Personne ne s’attendait vraiment à ce qu’ils fassent beaucoup de bruit, cette saison. Une douzaine de joueurs, dans leur formation, sont nés après le 1er janvier 2000. Leur défenseur le plus expérimenté, Noel Hoefenmayer, a fêté ses 19 ans au début du mois de janvier.

Leur simple présence dans le tournoi printanier, en 2018, relève un peu de l’exploit. À compter de la semaine prochaine, ils ne pourront que continuer à surprendre en accumulant de l’expérience.

J’ai profité de mon passage à la Place TD pour jaser avec un vétéran journaliste, un vieux de la vieille qui a traversé l’époque Kilrea et qui traîne toujours, à temps partiel, sur la rue Bank.

« Comment se porte notre vieil ami, André Tourigny ?

— Plutôt bien, m’a-t-il répondu. Il a connu une bonne saison. Il mérite presque d’être considéré comme l’entraîneur-chef de l’année en Ontario.

— Comment peut-on être ‘presque’ considéré ? D’habitude, on mérite un prix ou on ne le mérite pas...

— Je crois bien que ça va être difficile de rivaliser avec le gars de Saut Ste. Marie... »

J’ai été obligé de me brancher en ligne pour consulter le classement. Les Greyhounds ont subi seulement sept revers en temps réglementaire à leurs 65 premiers matches. Ils viennent d’établir un record pour le plus grand nombre de points amassés dans une saison de la LHOntario.

Dans le contexte, j’imagine qu’on peut commencer à graver le nom de leur coach, Drew Bannister, sur le trophée.

De toute façon, André Tourigny me parlait récemment de la saison surprenante que son équipe connaît. Il est d’avis que tout part de sa garde rapprochée.

Il dit avec une certaine fierté que les 67’s ont pris un important virage. Dorénavant, le développement des individus passe avant tout le reste. Pour faire ce travail, il est épaulé par son entraîneur associé Mario Duhamel et son adjoint Norm Milley. Les 67’s misent aussi sur un préparateur physique et sur un entraîneur d’habiletés à temps complet. Il y a également un entraîneur des gardiens, un entraîneur vidéo, un thérapeute...

Ça fait beaucoup de monde, ai-je souligné.

« Pour un club junior, c’est un staff énorme », m’a-t-il confirmé.

« L’OSEG veut être considéré comme une référence. Ça fonctionne comme ça pour les RedBlacks. On veut que les 67’s suivent la parade. On nous a donné tous les outils pour réussir. »

Voilà qui répond, un peu, à ceux qui croient qu’on ne pense qu’au football à la Place TD.

Reste à voir ce que tout ce monde fera en séries

« On veut vivre dans le présent. Il nous reste encore un week-end en saison régulière avant de penser à cela. »

« On verra ensuite qui seront nos adversaires. On sait déjà qu’ils seront bons. Le rôle de négligés ne nous a pas fait peur de l’année. Ça ne va pas changer. »