Tyson Gillies a claqué 11 circuits et produit 50 points en 2017.

Pourquoi pas le baseball ?

CHRONIQUE / Chris Hodgson connaît bien la vie d’athlète professionnel. Il a même eu le bonheur et le privilège de gagner sa vie en pratiquant deux sports.

Il a passé deux saisons à se promener dans les autobus, sur le circuit des ligues mineures du hockey. Après avoir accroché ses patins, il a réussi le tour de force de se recycler. Il a été mis sous contrat par deux équipes de la Ligue canadienne de football.

Aujourd’hui, Hodgson est âgé de 33 ans. Il n’a pas vraiment fait parler de lui depuis environ cinq ans. Il est cependant convaincu que sa carrière n’est pas terminée. S’il n’en tient qu’à lui, il effectuera bientôt un retour au jeu... sur les losanges.

Il veut jouer au baseball. À Ottawa. Avec les Champions.

Le club de la Ligue Can-Am organise son camp d’essai amateur, ce week-end. C’est un événement qui revient, année après année.

N’importe qui peut s’inscrire et tenter sa chance. La plupart des joueurs sont retranchés après quelques heures. Certains parviennent à s’accrocher. Le printemps dernier, trois ont obtenu une invitation au camp d’entraînement principal. Tyson Gillies a même réussi à décrocher un poste. En 2017, au parc RCGT, il a claqué 11 circuits et produit 50 points.

Gillies était cependant un ancien espoir des ligues majeures. Il avait déjà évolué au niveau AAA.

Entre le hockey et le football, Hodgson n’a jamais vraiment joué au baseball organisé.

Il a beaucoup à prouver.

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«Le baseball a toujours été ma passion», m’a balancé Hodgson, jeudi, au tout début d’une conversation téléphonique qui a duré une bonne trentaine de minutes.

Les antécédents familiaux sont là pour le prouver.

Son père, Paul, a disputé 20 matches en tant que voltigeur chez les Blue Jays de Toronto à l’été 1980.

Le petit Chris aurait bien voulu marcher dans ses traces. Au Nouveau-Brunswick, la province où il a grandi dans les années 1990, le baseball n’était pas très développé. Dans les Maritimes, les garçons jouaient au hockey à l’année longue. C’est ce qu’il a fait. Après avoir disputé quatre saisons dans la LHJMQ, à Shawinigan et à Bathurst, une petite fenêtre s’est ouverte devant lui. Il a pu jouer 32 matches dans la Ligue East Coast, puis une vingtaine d’autres dans l’ancienne Ligue United avant d’accrocher ses patins.

Il avait alors 21 ans et il était toujours un formidable athlète. «La robustesse était ce que j’aimais le plus au hockey. J’aimais frapper les gens.»

Ses prouesses lors de camps d’essai - il prétend avoir couru le sprint de 40 verges en 4,8 secondes alors qu’il pesait environ 245 livres - lui ont permis de se tailler un poste dans les unités spéciales des Huskies de l’université Saint-Mary’s, pour la saison 2010.

Malgré son manque d’expérience, les Lions de la Colombie-Britannique l’ont choisi en sixième ronde lors du repêchage de 2011 de la LCF.

Une blessure à une jambe l’a empêché de jouer, la saison suivante. «J’étais sur les lignes de côté, avec mes béquilles, quand nous avons remporté la coupe Grey», se souvient-il.

Joueur autonome, il s’est entendu avec les Alouettes de Montréal durant l’hiver 2012. Il a été libéré rapidement. Sa blessure tardait à guérir.

Il a quitté la LCF avant même de jouer un seul match.

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«Depuis le jour où j’ai quitté le football, je recherche cette adrénaline», dit celui qui consacre toutes ses énergies au baseball depuis plusieurs mois.

Durant notre conversation, il s’est emporté une seule fois. Essentiellement, il n’aime pas qu’on le qualifie de «projet» à développer pour un entraîneur.

«Les médias utilisaient ce mot pour me décrire quand je suis arrivé dans la LCF. Ça me faisais royalement suer. Je ne me suis jamais considéré comme un athlète inexpérimenté ou à développer. Dans ma tête, le monde se divise en deux catégories. Il y a ceux qui sont capables et ceux qui ne pas capables», dit-il.

Hodgson se définit comme un joueur de premier but. Il peut aussi évoluer au champ extérieur «en raison de ma vitesse». Il préfère évoluer à l’avant-champ et être impliqué dans la plupart des jeux.

«Je n’ai pas le temps de faire mon apprentissage. À mon âge, je dois sauter sur le terrain et dominer dès le départ.»