Il ne faut pas oublier que la saison des Sénateurs a aussi été difficile pour les anciens comme Chris Neil et Chris Phillips, qui participaient au lancement de la Coupe des célébrités Molson Canadian, jeudi.

Phillips veut (et peut) aider

CHRONIQUE / Chris Phillips vit à Ottawa. Il demeure profondément attaché aux Sénateurs, l’équipe avec laquelle il a passé toute sa carrière dans la Ligue nationale de hockey. Quand « ses » Sens croupissent dans les bas-fonds du classement, comme c’est le cas en ce moment, il souffre.

Il serait prêt à faire n’importe quoi pour les aider.

Message à MM. Eugene Melnyk et Pierre Dorion : Phillips vit à Ottawa. Il a toujours le logo des Sénateurs tatoué sur la poitrine. Il veut aider.

J’ai croisé l’ancien défenseur jeudi soir, à Kanata. Il participait au lancement de la Coupe des célébrités Molson Canadian, une activité annuelle organisée par la Fondation des Sénateurs.

Il a reconnu d’emblée que l’hiver a été long. Lors de ses apparitions publiques avec les Anciens des Sénateurs, il est bombardé de questions par des partisans déçus et frustrés. C’est pareil quand il s’attarde à sa Brasserie. Même chose quand il se déplace dans les arénas de hockey mineur pour encourager ses enfants.

« C’est dur. Tout le monde veut que l’équipe connaisse du succès. Les Sénateurs étaient ne manquent pas de talent, ils ont atteint la demi-finale l’an dernier. Je te dirais que la frustration est générale. Les gens veulent savoir pourquoi tout a si rapidement changé. J’aimerais avoir des réponses à leur fournir. Il m’arrive souvent de répondre que ce sont des choses qui arrivent dans le monde du sport... »

C’est à peu près à ce moment-là que je lui ai demandé si son rôle lui convient toujours. Il est demeuré associé aux Sénateurs après avoir joué son dernier match, en 2015. Il s’implique surtout dans les projets communautaires. On le voit rarement, plutôt jamais traîner près de la patinoire.

« Je suis très heureux dans mes fonctions actuelles, m’a-t-il répondu. Cela dit, je ne suis jamais très loin. Je suis toujours disponible, si jamais on veut me consulter, connaître mes opinions, tout ça... Je crois que j’ai suffisamment d’expérience pour me rendre utile, si jamais on a besoin de moi. »

Je n’oserais pas le contredire, là-dessus.

J’ajouterais même un truc. Phillips a le respect d’à peu près tous les amateurs de hockey, dans la communauté. Il leur rappelle surtout une époque où les Sénateurs projetaient l’image d’une organisation fière. Durant les meilleures années de sa carrière, il n’était pas difficile de remplir le gros aréna de Kanata.

Phillips m’a tout de même prévenu. « Je ne veux surtout pas marcher sur les pieds de personne. Si on veut me parler, je suis facile à contacter. »

Tu ne veux pas t’imposer, je comprends.

Depuis quelques années, déjà, on parle d’une imminente vague d’embauches qui permettrait de regarnir la direction des opérations hockey des Sénateurs.

S’il fallait qu’on finisse par respecter cet engagement...

« Qui sait ? Je n’ai jamais eu à y réfléchir sérieusement. Je n’ai jamais reçu d’offres. Je ne gaspillerai pas trop de temps et d’énergie à imaginer des scénarios en attendant. »

***

Je serai franc. En me rendant à Kanata, j’espérais un peu tomber sur le grand ami et complice de longue date de Phillips.

« Alfie n’est pas ici », m’a-t-on simplement répondu.

Dommage.

En octobre, quelques heures avant le match inaugural, Daniel Alfredsson m’avait dit qu’il était confiant et optimiste. Les Sénateurs pouvaient rêver d’une autre grosse saison.

J’aurais voulu savoir ce qu’il pense de tout ça.

J’aurais été curieux, aussi, de lui parler de son dauphin Erik Karlsson.

Mais Alfie n’est pas là. Sauf erreur, il a pris son dernier bain de foule le 15 décembre, sur la colline du Parlement. Il avait participé au Match des anciens qui avait suivi la conférence de presse incendiaire de M. Melnyk.

Depuis, silence radio.

***

La Coupe des célébrités est un tournoi amical. Chaque année, des anciennes vedettes de la LNH se joignent à des équipes formées de joueurs du dimanche.

Cette année, John LeClair, Larry Robinson et Denis Savard se joignent aux anciens d’Ottawa.

Le Gatinois Denis Savard, faut-il préciser.

« J’ai vécu ici jusqu’à l’âge de trois ans. Notre père faisait des runs de journaux. Je me suis installé à Verdun à cinq ans et demi. C’est là que j’ai commencé le hockey. Mais je patinais déjà dehors, avec mes frères, quelques années auparavant », m’a-t-il raconté.