«Si je continue à jouer comme ça, les Sharks n’auront pas le choix de me rappeler », a confié Francis Perron.

Perron, l’espoir perdu des Sénateurs

CHRONIQUE / Le temps des Fêtes est à nos portes. Cette année, Francis Perron n’a qu’un seul souhait.

C’est gros. Énorme, même. Il aimerait, enfin, jouer un premier match dans la Ligue nationale de hockey.

C’est gros, mais Perron a le droit d’espérer.

Il a tout fait ce qu’il fallait, cet automne, pour se donner une chance de réaliser son rêve. Il a très rapidement gravi les échelons pour devenir le meilleur joueur du club-école des Sharks de San Jose.

Il a marqué 22 points 21 parties. Il détient une bonne avance de huit points sur le deuxième meilleur marqueur du Barracuda de la Ligue américaine.

Plus le temps passe, plus ses patrons le taquinent.

Il paraît que Jimmy Bonneau, l’ancien homme fort qui est en train d’amorcer une deuxième carrière à titre d’entraîneur adjoint, ne donne pas sa place.

« Dans nos rencontres individuelles, quand il me donne du feed-back sur mes performances du week-end, il me l’a dit. Si je continue à jouer comme ça, les Sharks n’auront pas le choix de me rappeler », m’a dit Perron, plus tôt cette semaine.

« Il n’y a pas eu beaucoup de blessures avec le grand club, jusqu’à maintenant. C’est clair que j’essaie de ne pas trop y penser. J’essaie de m’amuser avec mes coéquipiers du club-école. On forme un bon groupe, ici. »

« Mais, c’est clair que j’y pense quand même, des fois. »

L’année 2018 fut passablement chargée. Au fil des semaines, en voguant d’une controverse à l’autre, on a pu constater à quel point l’organisation des Sénateurs a des carences.

À travers tout ça, une force organisationnelle demeure. Les dépisteurs ont du pif quand vient le temps d’identifier des jeunes joueurs talentueux. Même s’ils ne sont pas nombreux, les hommes de hockey qui sont affectés au développement des espoirs font du sapré bon boulot.

La relève se porte bien, règle générale, à Ottawa.

Perron pourrait bien être l’exception qui confirme la règle.

L’organisation y croyait un peu – pas trop – quand elle l’a choisi dans la dernière ronde du repêchage amateur de 2014.

Les dirigeants ont longuement hésité avant de lui accorder un contrat. En fin de compte, ils n’ont pas eu le choix. Perron a remporté le trophée Michel-Brière à titre de joueur le plus efficace de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, en avril 2016. Il a ensuite permis aux Huskies de Rouyn-Noranda de remporter la première Coupe du président de leur histoire.

On lui a fait une toute petite place à Binghamton, l’automne suivant. Toute petite. Je n’ai jamais vraiment senti qu’il faisait partie des plans de l’organisation.

Personne n’a vraiment exprimé de regrets, non plus, de le perdre dans une transaction, en septembre. On a très (trop ?) vite oublié cet ailier de 22 ans qui est parti pour la Californie en même temps qu’Erik Karlsson.

« Je n’ai personne d’autre à blâmer que moi-même, affirme Perron. Je suis déçu de la façon dont j’ai joué à Binghamton à ma première année, puis à Belleville l’an dernier. »

Sauf que...

« C’est certain que je suis parti avec l’impression qu’on ne m’a jamais donné la chance que j’aurais espérée. »

« Quand je suis arrivé ici, les gens des Sharks m’ont fait comprendre qu’ils auraient pu me repêcher. Ils m’aimaient bien, dans le temps du junior. Ils m’ont dit que j’aurais ma chance dans un rôle offensif. C’était bien positif. J’étais bien content. »

Quand il fait le bilan de ce qui s’est passé, depuis, Perron a l’impression d’avoir fait « tout ce qu’il fallait » pour mériter un rappel.

« Je dois continuer d’être patient. Ils me disent que la constance est importante. Je dois leur prouver que je suis constant. »