Pourrait-on convaincre le propriétaire de faire amende honorable et de reconnaître sa plus grosse erreur des 15 dernières années?

Pas trop tard pour bien faire

Nos amis de la station de radio TSN 1200 mènent un petit sondage, sur leur site web, chaque jour de la semaine. Ils le font sans prétention. Lorsqu’on vous donne le mandat de parler de sport pendant 12 heures consécutives, tout ce qui peut générer des débats ou provoquer des discussions s’avère utile.

Au beau milieu de la semaine cauchemardesque que les Sénateurs d’Ottawa viennent de vivre, un de leurs coups de sonde m’a paru fort révélateur.

Ils ont demandé aux fans de l’équipe d’identifier l’événement qui les avait le plus choqués au cours des 18 derniers mois.

Ils leur ont offert huit choix de réponse.

Huit !

« Et nous avons écarté certains événements. La liste aurait pu être plus longue », m’a confié un collègue.

L’épisode de cybderintimidation dont se prétend victime la conjointe d’Erik Karlsson a obtenu près de 40 % des votes. C’est un peu normal. C’était l’événement le plus récent. Les gens l’avaient frais en mémoire.

Les menaces de déménagement du propriétaire Eugene Melnyk ont pris la deuxième position. Environ 25 % des répondants ont déterminé que cette mémorable mêlée de presse sur la colline du Parlement constitue le moment le plus embarrassant de la dernière année.

C’est arrivé il y a six mois, mais les gens n’ont pas oublié, ni digéré.

Les partisans n’ont jamais pardonné le camouflet de M. Melnyk... parce qu’il n’a jamais vraiment demandé pardon.

Sauf erreur, il est revenu sur ses déclarations à deux reprises, publiquement, au cours des derniers mois.

La première fois, dans une mini tournée médiatique dans la région de Toronto, il a émis des regrets.

« Je regrette que mes propos aient touché une corde sensible chez les gens d’Ottawa », a-t-il alors déclaré.

Regretter d’avoir posé un geste et regretter les conséquences dudit geste sont deux choses très différentes.

Quelques semaines plus tard, lors de ses séances de discussion avec les partisans, M. Melnyk a plaidé des circonstances atténuantes.

Je venais d’arriver sur la colline, il faisait froid, on m’a planté des micros sous le nez. Les journalistes ont mal interprété mes propos. D’ailleurs, le portrait qu’on fait de moi dans les médias n’est pas le bon. Les satanés journalistes...

En ciblant les représentants des médias, M. Melnyk a prouvé qu’il était bien de son époque. C’est dans l’air du temps. Chaque semaine, des personnages publics qui se retrouvent dans l’eau chaude essaient de se défendre en s’en prenant aux reporters qui leur mettent leurs bourdes en pleine face.

Parfois, ça fonctionne.

Dans ce cas précis, toutefois, il faut dresser un constat d’échec. La stratégie de M. Melnyk n’a fait qu’attiser le feu de ses détracteurs. Elle n’a surtout rien fait pour améliorer sa situation.

Si ça se trouve, les choses n’ont fait que s’envenimer.

On a cru ressentir l’influence du nouveau chef de l’exploitation des Sénateurs, Nicolas Ruszkowski, vers la fin de la semaine dernière. La décision de suspendre le directeur général adjoint Randy Lee, en attendant la conclusion de ses procédures judiciaires, a été favorablement reçue par les partisans.

Comme prochain défi, pourrait-on convaincre le propriétaire de faire amende honorable et de reconnaître sa plus grosse erreur des 15 dernières années ?

On dira qu’il n’est pas trop tôt. Certains diront peut-être qu’il est trop tard. Un truc est certain, toutefois. Plus les excuses tardent, plus elles seront difficiles à accepter.

La semaine dernière, sur les ondes d’une station de radio torontoise, l’animateur du réseau TSN James Duthie a laissé entendre qu’un changement de propriétaire pourrait être nécessaire, afin de sauver les meubles au Centre Canadian Tire.

Ce n’est pas rien. Duthie n’est pas du genre à chercher la controverse, et TSN est le partenaire de diffusion officiel des Sénateurs.

Dans cet espace, j’ai fait attention de ne pas me joindre au groupe de ceux qui souhaitent ardemment le départ de M. Melnyk.

Une chose m’apparaît cependant de plus en plus claire. Quand il s’est attribué le rôle de président, à la mi-février, il a essentiellement annoncé qu’il était la meilleure personne pour sortir l’organisation du fossé dans lequel elle s’est enlisée.

Si c’est toujours son intention, c’est à lui – et personne d’autre – de prouver qu’il est à la hauteur de la situation.