Sylvain St-Laurent
Le commissaire, Gary Bettman, et les autres dirigeants de la Ligue nationale de hockey ont décidé de restreindre l’accès aux vestiaires des équipes en raison de la propagation rapide du coronavirus.
Le commissaire, Gary Bettman, et les autres dirigeants de la Ligue nationale de hockey ont décidé de restreindre l’accès aux vestiaires des équipes en raison de la propagation rapide du coronavirus.

Pas la première épidémie

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / Les Sharks de San Jose ont jonglé avec la possibilité d’annuler un ou deux matches qui étaient à l’affiche, ce week-end.

Ils ont finalement décidé de ne pas modifier leur calendrier... pour l’instant.

Les dirigeants de la LNH ont jonglé pendant quelques jours avec l’idée de restreindre l’accès aux vestiaires.

La directive formelle a finalement été transmise lundi soir.

À compter de mardi, tous les contacts entre les joueurs et les représentants des médias pourraient éventuellement se faire dans le cadre de conférences de presse formelles.

Il s’agit d’une première mesure concrète visant à limiter la propagation du coronavirus dans les différents amphithéâtres de la ligue.

Cela nous laisse croire qu’on commence à prendre la menace au sérieux, dans le petit monde du hockey des ligues majeures.

Personne ne sait encore trop comment réagir. Il n’y a pas beaucoup de précédents.

En 2014, le virus des oreillons s’est propagé dans quelques vestiaires, sans conséquence graves.

Sinon, il faut remonter au siècle dernier pour trouver la trace de la dernière épidémie qui a secoué le monde du hockey.

La coupe Stanley n’a pas été décernée, au terme de la saison 1918-19. On a mis un terme à la finale, après cinq matches, parce que la grippe espagnole faisait des ravages au sein des deux formations qui étaient impliquées.

À l’époque, deux ligues rivales se disputaient la coupe argentée offerte par le gouverneur général Lord Stanley of Preston.

En 1919, le Canadien de Montréal avait remporté le championnat de la Ligue nationale. En finale, ils avaient éliminé les Sénateurs d’Ottawa en cinq rencontres.

Ils avaient ensuite traversé le continent, en train. À titre de champions de la Pacific Coast Hockey Association (PCHA), les Metropolitans de Seattle avaient mérité le droit d’organiser la finale.

La finale a pris son envol, tel que prévu, le 19 mars. Après cinq parties, les deux équipes étaient nez à nez. Les Mets avaient remporté les matches numéro un et trois. Les Glorieux avaient gagné les matches numéro deux et cinq. Les deux formations avaient fait match nul dans la partie numéro quatre.

Avant le match numéro six, les dirigeants des deux formations n’ont pas eu le choix de tout annuler. Le virus avait fait son chemin dans le vestiaire des deux équipes. Le Canadien n’avait plus assez de joueurs en santé, capables de continuer.

« Selon l’histoire qui nous a été transmise, la grippe a été ramenée d’Europe en grande partie par les soldats qui rentraient à la maison, après avoir combattu durant la Première Guerre mondiale », raconte l’historien sportif Eric Zweig.

Au fil de sa carrière, M. Zweig a écrit deux ouvrages qui traitent des effets de la grippe espagnole sur le monde du hockey.

« La grippe a fait le plus gros de ses ravages durant les mois de septembre, octobre et novembre. À cette époque, la saison de hockey débutait en décembre. Les joueurs de la LNH avaient donc évité le pire. »

L’éclosion soudaine sur la côte ouest a pris un peu tout le monde par surprise.

« C’est un peu un cas de malchance, soutient M. Zweig. En mars, à Seattle, la grippe n’avait pas fait une seule victime. »

L’attaquant franco-ontarien Édouard « Newsy » Lalonde, de Cornwall, a fait partie des joueurs du Canadien qui ont été hospitalisés. M. Lalonde a réussi à guérir, contrairement à son coéquipier Joe Hall, qui est décédé au début du mois d’avril.

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LA SASKATCHEWAN EST PRÊTE

Une autre mesure est envisagée, en cette fin de saison, de façon à contrer la propagation du coronavirus.

La LNH pourrait déplacer certains matches, si jamais on interdit les grands rassemblements populaires dans certaines villes où ses amphithéâtres sont situés.

On se mettrait alors à la recherche de villes neutres, au Canada comme aux États-Unis.

La ville de Saskatoon a déjà levé la main.

Responsable de la programmation au SaskTel Centre, un amphithéâtre de 15 000 sièges, Scott Ford a fait savoir qu’un tel projet était réalisable.

Il pourrait trouver quelques soirées qui ne sont pas réservées par les Blades, club de la Ligue de hockey junior majeur de l’ouest.

Les responsables de la santé publique de la province n’ont toujours pas diagnostiqué de coronavirus.

L’autre métropole de la Saskatchewan, Régina, a été le théâtre d’un match de la LNH, plus tôt, cette saison. Une foule de 33 000 spectateurs ont vu les Flames de Calgary défaire les Jets de Winnipeg, 2-1, dans le cadre de la Classique Héritage, au Mosaic Stadium.