Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Jason Botterill
Jason Botterill

Ottawa et Buffalo, même combat

CHRONIQUE / Il y a un petit quelque chose d’étrangement réconfortant dans cette histoire.

Les propriétaires des Sabres de Buffalo ont décidé de faire le grand ménage dans la direction des opérations hockey.

Le directeur général, Jason Botterill, est le premier à écoper. Mais il n’est pas tout seul à vider son bureau. Ses deux adjoints, Randy Sexton et Steve Greeley, doivent aussi se mettre à la recherche de «nouveaux défis professionnels».

N’allez pas vous imaginer qu’on se réjouit.

On ne se réjouit jamais, lorsque des gens se retrouvent au chômage.

Je vous dis que cette nouvelle a un petit côté réconfortant parce qu’à force de couvrir, au jour le jour, les déboires des Sénateurs, on pourrait finir par se convaincre que tout est pire à Ottawa.

Mais non. Ce n’est pas toujours mieux ailleurs.

Le monde du hockey a réagi avec étonnement, mercredi matin.

Curieux.

J’ai effectué mon dernier déplacement professionnel à Buffalo, justement. C’était à la fin du mois de janvier.

Je trouvais l’ambiance plutôt lourde, à l’aréna, quelques heures avant le match entre les Sénateurs et les Sabres.

J’ai posé quelques questions aux collègues des médias américains.

Coudonc, les gars... Ça va si mal que ça, ici?

Ils sont mis à regarder autour d’eux, pour voir qui écoutait. Ils ont fini par me dire que Botterill était sur la corde raide.

Le congédiement n’est donc pas étonnant, d’autant plus que les Sabres traînent depuis trop longtemps dans la cave du classement.


« Nous allons entreprendre un régime minceur. »
Terry Pegula

La surprise tient au fait que les propriétaires des Sabres n’ont pas lancé un vaste processus de consultation visant à embaucher les meilleurs candidats disponibles.

Ils ont plutôt choisi de promouvoir un homme qui travaillait au sein de l’organisation, mais qui n’a jamais occupé un poste stratégique de haute importance dans la LNH.

La surprise est double parce que le type en question, Kevyn Adams, hérite des pleins pouvoirs.

Il n’aura vraisemblablement pas le luxe de miser sur un conseiller spécial d’expérience.

«Nous allons entreprendre un régime minceur», a déclaré l’actionnaire majoritaire de l’équipe, Terry Pegula, dans une conférence de presse virtuelle.

On lui souhaite bonne chance.

La famille Pegula ne manque pas de ressources financières. Elle possède aussi les Bills, dans la richissime NFL.

Gérer un club de hockey avec des moyens limités, on présume que ça peut fonctionner. En théorie, beaucoup de choses sont possibles.

On voit, ici même à Ottawa, un club qui essaie de naviguer avec des budgets limités, un peu partout.

Ça vaut ce que ça vaut.

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La période de confinement que nous venons de traverser a eu ceci de bon: elle nous a rappelé qu’il faut savourer les petites choses de la vie. Même celles qu’on a tendance à tenir pour acquis.

Je crois qu’on a été nombreux à le comprendre durant les mois d’avril et de mai.

Mon ami et collègue A.J. Jakubec l’a compris deux fois plutôt qu’une.

Les gens qui aiment les équipes sportives professionnelles d’Ottawa connaissent forcément A.J. Il fait partie des animateurs les plus connus de la station de radio sportive TSN 1200. En plus de participer aux différents talk-shows, il est le descripteur attitré aux matches du Rouge et Noir. Il a également accompagné le Fury en 2014 et 2019. Quand son horaire lui permet, il agit également à titre d’analyste, lors des matches des 67’s.

A.J. a vécu un dur hiver. Un pancréatite l’a mis K.-O. Pendant un moment, on a craint le pire.

A.J. remonte tranquillement la pente. La semaine dernière, son médecin lui a donné le feu vert pour recommencer à travailler.

Il effectuera son grand retour en ondes ce mercredi, aux environs de 10 h.

«Je crois que j’aurai du mal à passer à travers les premiers segments de l’émission sans me laisser gagner par l’émotion», a-t-il affirmé, mardi, quand je l’ai appelé pour lui souhaiter bonne chance.

Son retour en ondes est un cadeau, pour bien des gens.

Il n’y a pas suffisamment de journalistes et de commentateurs sportifs professionnels, en partant, dans le marché d’Ottawa.

A.J. se démarque à deux égards. D’abord, parce qu’il s’intéresse à tout. Son champ d’expertise ne se limite pas aux Sénateurs ainsi qu’à la LNH. Ensuite, parce qu’il n’a jamais eu peur de dire le fond de sa pensée.

«Je ne devrais pas trop bousculer les gens avec mes opinions dans mes premières émissions», prédit-il.

«Avec un peu de chance, si tout se passe bien, je recommencerai à tomber sur les rognons de certains après quelques jours!»

On a déjà hâte.