Sylvain St-Laurent
L’Association des joueurs de la Ligue nationale de hockey a donné son accord à la reprise des activités, dans un tournoi éliminatoire estival à 24 équipes. Les boys de D.J. Smith n’y participeront pas.
L’Association des joueurs de la Ligue nationale de hockey a donné son accord à la reprise des activités, dans un tournoi éliminatoire estival à 24 équipes. Les boys de D.J. Smith n’y participeront pas.

Onze mois sans les Sénateurs?

CHRONIQUE / Un peu de sympathie, en ce début de semaine, pour les plus ardents partisans des Sénateurs d’Ottawa.

Ça risque d’être long. Très, très long.

L’Association des joueurs de la Ligue nationale de hockey a donné son accord à la reprise des activités, dans un tournoi éliminatoire estival à 24 équipes. Les boys de D.J. Smith n’y participeront pas. On s’y attendait. On s’y préparait depuis longtemps. C’est digéré. C’est bien correct.

Le problème, c’est que des infos commencent à circuler sur la suite des choses. L’influent agent Pat Brisson a parlé de la saison 2020-21 lors de sa participation au podcast des anciens joueurs Maxim Lapierre et Guillaume Latendresse.

Il nous laisse croire que, pour les équipes en reconstruction, l’attente pourrait être interminable.

Les séries devraient débuter en juillet, nous donner un peu de divertissement - télévisuel - en août. La coupe Stanley sera décernée en septembre.

Suivra ensuite une saison morte, qui pourrait fort bien coïncider avec l’arrivée de la deuxième vague de la pandémie.

Dans les scénarios optimistes, la saison 2020-21 prendrait son envol en janvier. On nous dit que, dans les quartiers généraux new-yorkais, on envisage une saison écourtée d’une cinquantaine de parties, en s’inspirant des deux campagnes qui ont été amputées par des conflits de travail, dans le dernier quart de siècle.

C’est pour cela, très précisément, qu’on éprouve de la sympathie pour les fans d’Ottawa.

Les Sénateurs ont disputé leur dernier match le 11 mars dernier, à Los Angeles. Ça fait déjà 11 semaines. Presque trois mois.

Les calculettes, toujours très performances, nous laissent croire qu’on pourrait attendre huit autres mois avant de revoir Thomas Chabot et Brady Tkachuk en action.

Trois mois, plus huit mois, ça fait 11 mois.

Une éternité.

On a de la sympathie pour les partisans, ce matin, et on s’inquiète pour les employés de l’organisation qui ont été mis à pied de façon temporaire. On ne parle pas assez de ces gens. Certains étaient associés aux Sénateurs depuis plusieurs années. Ils faisaient de petits miracles, au quotidien, pour permettre à leur employeur de rivaliser avec d’autres équipes de la LNH. Ils réussissaient de petits miracles dans un contexte où chaque sou dépensé compte.

On s’inquiète pour les mises à pied temporaire qui pourraient devenir permanentes, et on continue de se poser des questions sur les conséquences à long terme de la COVID-19 sur les finances de l’organisation.

Les Sénateurs devront continuer à fonctionner, pendant huit mois, tout en étant privés d’importantes sources de revenus. Les Sénateurs, on vous le rappelle, traînent une importante dette.

Eugene Melnyk n’accorde à peu près jamais d’entrevues aux médias d’Ottawa. Le prochain collègue qui réussira à lui voler une quinzaine de minutes pourraient lui parler de tout ça.

Même chose avec Anthony LeBlanc. Le nouvel homme de confiance du propriétaire n’a toujours pas parlé, publiquement, de sa nomination à titre de président «des opérations commerciales».

Il devra bien prendre la parole, publiquement, un de ces jours.

Alexis Lafrenière est peut-être en train de découvrir que Stéphane Richer avait raison, il y a toutes ces années. Il n’y a pas juste le hockey, dans la vie.

Alexis Lafrenière

Quinton Byfield profite peut-être du temps qui lui est alloué pour s’avancer dans ses études.

Marco Rossi diffuse des vidéos d’entraînement plutôt impressionnantes, dans les réseaux sociaux. Il sera peut-être encore plus impressionnant, comme athlète, quand il traversera l’océan, la prochaine fois.

En ce début de semaine, on ressent aussi de la sympathie envers la prochaine vedette des Sénateurs.

Des agents nous laissent croire que les espoirs de la cuvée 2020 vivent des heures d’angoisse. Ils ne savent pas dans quelle ville ils entreprendront leurs carrières. Ils ne savent même pas quand aura lieu le repêchage.

Tout cela nous semble trivial, quand on pense à toute l’incertitude qui viendra après.

À Détroit, à Ottawa ou en Californie, Lafrenière trouvera le moyen d’être heureux.

À condition de pouvoir s’y rendre avant longtemps.

La LHJMQ a mis un terme à sa saison à la mi-mars. Il pourrait donc s’écouler 10 mois entre son dernier match important et son prochain.

Dix mois sans jouer, à 18 ans...

Il y a quoi devenir complètement dingue.