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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Maintenant, avec un minimum de recul, Mark Borowiecki est en mesure de parler des enjeux liés à la vie de famille.
Maintenant, avec un minimum de recul, Mark Borowiecki est en mesure de parler des enjeux liés à la vie de famille.

Nouveau père, futur coach?

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CHRONIQUE / Mark Borowiecki ne change pas.

Boro, c’est Boro.

Je lui ai parlé pour la première fois en six mois, ce week-end.

Je ne lui avais pas parlé depuis le jour où il s’était joint aux Predators de Nashville.

Fidèle à son habitude, il m’a donné des informations privilégiées. Il m’a révélé qu’il songe de plus en plus à sa prochaine carrière. Il m’a dit qu’il songe de plus en plus au coaching.

On en parlera un peu plus tard.

Ce n’était, évidemment, pas le but premier de notre conversation.

Borowiecki doit participer à un événement virtuel du Centre de santé mentale Royal Ottawa, ce jeudi.

Dans la conférence intitulée Dynamic Dads, il donnera quelques conseils aux nouveaux pères et aux futurs pères.

Papa d’un petit garçon, depuis maintenant 14 mois, il sait un peu de quoi il parle.

«J’ai consulté des statistiques intéressantes, sur la santé mentale des nouveaux pères. Je ne vais pas commencer à vous raconter des histoires en vous disant que la naissance de mon premier enfant a été plus dure pour moi que pour ma femme. Elle fait des tas de choses extraordinaires pour notre famille. Cela dit, j’ai compris que ma santé mentale est désormais liée à la sienne. Donc, pour bien prendre soin de ma famille, je dois prendre soin de ma santé mentale.»

«Je ne suis pas un expert, mais je sais que la parentalité, c’est un défi. Quand on relève un défi, c’est normal de connaître des mauvaises journées. Il faut se donner le droit de vivre ces mauvaises journées. Il faut aussi savoir comment rebondir, après avoir connu une mauvaise journée.»

C’est là que je lui ai parlé du petit quelque chose qui lui permet de se distinguer.

Dans les deux dernières décennies, à Kanata, on a croisé plusieurs joueurs intelligents, capables de penser et surtout prêts à dire ce qu’ils pensent.

Borowiecki est probablement le joueur le plus ouvert d’esprit qui a porté l’uniforme des Sénateurs. Il a pris part au défilé de la fierté. Il a parlé de racisme. Il s’est ouvert, un peu, sur ses troubles anxieux. Avec lui, il n’y a pas de tabous.

Maintenant, avec un minimum de recul, il est en mesure de parler des enjeux liés à la vie de famille.

«Depuis qu’il marche, mon fils a besoin de notre attention, 24 heures par jour, sept jours par semaine. Mais c’est super. En ce moment, je suis blessé. Je suis capable de passer à travers cette épreuve, entre autres, parce que je me consacre davantage à lui.»

Borowiecki peut parler de n’importe quoi, mais toutes les conversations nous ramènent au hockey.

Il ne veut pas trop parler de cette mystérieuse blessure, qui le garde à l’écart du jeu depuis cinq longues semaines.

Il a recommencé à patiner, mais il n’est pas question pour l’instant d’envisager un retour au jeu.

C’est en parlant de cette longue période d’inactivité qu’on s’est mis à parler de coaching.

Un bambin de 14 mois, parfois, ça fait la sieste. Pendant que bébé dort, Borowiecki a le temps de parler avec sa conjointe Tara, qui est aussi sa conseillère et sa confidente.

Il a paraphé un contrat d’une durée de deux ans avec les Predators.

«La blessure me bouffe beaucoup d’énergie. C’est taxant, émotivement. Par la force des choses, après un moment, on a le goût de faire un pas de recul. On prend le temps de penser à ce qui va nous arriver, dans quelques années, quand viendra le temps de passer le flambeau.»

«J’aime ça, côtoyer des joueurs plus jeunes. C’est valorisant de savoir qu’on a un impact positif dans la vie de quelqu’un d’autre. Quand je repense à mes années passées dans l’organisation des Sénateurs, j’ai quelques bons souvenirs liés à Christian Jaros. J’ai beaucoup aimé travailler avec lui, à son arrivée dans la LNH.»

Quand il m’a dit ça, je lui ai rappelé une conversation, il y a quelques années. Alors qu’une saison achevait, il m’avait parlé de son désir de s’installer sur une ferme à la fin de sa carrière. Il rêvait alors d’une vie loin du hockey.

C’était peut-être juste la fatigue qui parlait...

Quand je ravive ce souvenir, Borowiecki rit.

«Ma femme, qui est brillante, m’a servi une belle analogie, récemment. Elle me dit qu’avec toute mon expérience, je détiens en quelque sorte un Doctorat en hockey sur glace. Je serais bien fou de ne pas m’en servir!»

«Ce n’est pas pour demain, tout ça. Je me dis qu’il n’est jamais trop tôt pour commencer à planifier.»

Je pourrais conclure en parlant des Sénateurs, et de tous leurs espoirs en défensive. Je pourrais parler de l’aide que Boro, à la retraite, pourrait apporter aux jeunes Aspirot, Bernard-Docker, Brännström, Guenette, Kleven, Sanderson, Thomson...

Ce sera pour une autre fois.