Jason Pominville, comme plusieurs membres de l’organisation des Sabres de Buffalo, s’attendait à connaître une meilleure saison.

Nostalgique du bon vieux temps

CHRONIQUE / Jason Pominville aime bien parler du « bon vieux temps » avec ses jeunes coéquipiers. « Les gars vous ne savez pas ce que vous manquez », répète-t-il, inlassablement, à ceux qui prennent le temps de l’écouter.

Le Québécois de Repentigny est de retour à Buffalo, cette saison, après une absence de cinq ans. Durant son premier séjour chez les Sabres, entre 2005 et 2013, l’équipe a connu du succès. Elle a remporté le championnat de la section Nord-Est et le Trophée du président. Elle a participé à la finale de l’Association Est deux fois plutôt qu’une.

Maintenant...

Disons simplement que les Sabres vivent des heures moins glorieuses.

« Quand je raconte mes histoires aux gars, je leur dis qu’ils n’ont aucune idée. Ils ne peuvent pas savoir à quel point Buffalo est une ville de hockey. L’ambiance qui règne dans l’aréna lors des gros matches est incroyable. En séries, les gens se réunissent à l’extérieur pour suivre ça en direct sur un écran géant. »

« C’est complètement différent de ce qu’on vit en ce moment. »

Pominville n’était pas fâché de quitter le Minnesota pour rentrer au bercail, l’été dernier. Il n’est pas fou et il sait lire le classement. Il se doutait bien qu’il ne revivrait pas les années de gloire du passé.

« J’espérais quand même plus. Tout le monde, je pense, espérait plus. Les joueurs et le personnel étaient du même avis. »

Les Sabres sont condamnés à terminer la saison au dernier rang de leur division. Encore une fois. Ce sera la quatrième fois, au cours des cinq dernières années, que ça leur arrive.

Ils pourraient même s’écraser au tout dernier rang du classement général. Surtout que les Coyotes de l’Arizona ont récemment recommencé à gagner...

« Je regarde ce qu’on a... C’est certain que des blessures à certains de nos défenseurs au début de l’année nous ont ralentis. Quand même ! Je regarde notre équipe. Je me dis qu’on devrait avoir plus de victoires en ce moment », analyse Pominville.

Quand il s’adresse à ses jeunes coéquipiers, l’ailier droit de 35 ans essaie de garder un ton positif. Il essaie de leur rappeler que les choses peuvent changer très rapidement dans la LNH d’aujourd’hui.

« Je pense quand même que la culture doit changer. Je pense à certains gars qui sont ici depuis un bout et qui sont un peu devenus habitués à perdre. Je n’irais pas jusqu’à dire que la défaite est devenue acceptable. C’est juste plus facile de tout oublier et de passer au lendemain. C’est la première chose qui doit changer. Il faut ramener les choses du bon côté. Je vois déjà un petit peu de progrès. Mais il reste encore du progrès à faire. »

Pominville parle des problèmes des Sabres. On a un peu l’impression d’entendre tous les vétérans qui sont coincés au sein d’équipes qui ne vont nulle part. « Pendant un bout, défensivement, on donnait beaucoup trop de descentes en surnombre. Ces temps-ci, on ne marque pas beaucoup de buts à cinq contre cinq. C’est une autre facette du jeu qu’il faudra améliorer. Si tu veux gagner, dans cette ligue, tu dois dicter l’allure du jeu à forces égales. »

« Sinon, les Sabres avaient l’an dernier le meilleur jeu de puissance de toute la ligue. Nos entraîneurs s’attendaient à ce que ce soit un peu la même chose, cette année. On est en 27e position, en ce moment, je pense... »

Pominville, dans tout ça, ne s’en tire pas trop mal. Il a réussi à franchir le plateau des 20 points et semble être capable d’adapter son jeu de façon à étirer sa carrière.

« Jouer pour une formation perdante, c’est dur pour le moral. Mon corps se sent quand même capable de poursuivre. Je serai là l’an prochain. »

Nos trois étoiles de la semaine :

1. Dubois

Non, la première étoile de la semaine n’est pas décernée à Pierre-Luc Dubois, même s’il se débrouille plutôt bien à sa première saison complète dans le hockey professionnel. On va plutôt la remettre à son père. Éric Dubois a pris congé de son boulot d’entraîneur-adjoint du Moose du Manitoba de la Ligue américaine pour prendre part au voyage des pères des Blue Jackets de Columbus. Quand il est arrivé, son fils avait inscrit un seul petit point à ses neuf dernières parties. Depuis, la rondelle a recommencé à rouler pour lui. Il a inscrit cinq points en six matches. « Je devrais m’organiser pour qu’il me visite plus régulièrement », a raconté le jeune attaquant, avec bonne humeur, à un journaliste du Columbus Dispatch. Les Dubois discutent plusieurs fois par semaine. Pierre-Luc passe un coup de fil à Éric après chaque match. « Il me connaît mieux que je me connais moi-même », dit le fils.

2. Halak

Les Islanders ont besoin d’un nouveau gardien de buts numéro un. On l’a souvent entendue, celle-là, depuis le début de la saison. Il est vrai que Jaroslav Halak vieillit. Sa moyenne de buts alloués cette saison n’est pas étincelante. Le Slovaque de 32 ans affronte, en moyenne, 34 lancers par match. Il fait partie des gardiens les plus occupés de toute la LNH. Halak a également prouvé, la semaine dernière, qu’il est encore capable de livrer de grosses performances. Contre les plus grands rivaux des Islanders, les Rangers, il a effectué 50 arrêts pour signer son premier jeu blanc de la saison. « Quand je voyais toutes les rondelles dirigées vers leur filet, je me répétais qu’une d’entre elles finirait bien par se frayer un chemin. Ça ne s’est pas produit. Il ne fait aucun doute, dans mon esprit, que leur gardien était vraiment au sommet de son art », a déclaré le pilote des Rangers, Alain Vigneault.

3. Raanta

Il a été impliqué dans un accident de la route. Il a été obligé de quitter sa maison en raison d’une infestation de scorpions. Il a surtout été obligé de subir défaite après défaite, devant le filet de la pire formation de toute la LNH. La première saison d’Antti Raanta à titre de gardien de buts numéro un n’a pas été de tout repos. Le sympathique Finlandais de 28 ans a quand même réussi à offrir des performances honnêtes. Son taux d’efficacité supérieur à 92 % lui permet de rivaliser avec l’élite. Raanta a eu son gros mot à dire, récemment, quand les Coyotes de l’Arizona ont conservé une fiche de 5-0-1 à leurs six dernières parties. « Je l’ai vu évoluer au cours de la saison. Il est affamé. Il veut être notre gardien de buts numéro un. Il veut gagner », a indiqué l’entraîneur-chef Rick Tocchet au Arizona Republic. Ses bonnes performances ne peuvent que l’aider. Il sera joueur autonome cet été.