À l’aube de son 36e anniversaire, Jason Pominville a joué son 1000e match en carrière la semaine dernière et produit à un rythme de près d’un point par match depuis le début de la saison.

Mille fois Jason Pominville

CHRONIQUE – À TRAVERS LA LNH / On répète constamment que la Ligue nationale se rajeunit. Jason Pominville doit être bien conscient de cette réalité, mais il choisit de l’ignorer.

Ou de s’en foutre, carrément.

Jeudi dernier, alors qu’il disputait – sur la route – son 1000e match en carrière, le Québécois de Repentigny a marqué le premier but de son équipe.

Deux jours plus tard, quand les Sabres de Buffalo lui ont rendu hommage au KeyBank Center, il a récolté trois points.

Le vétéran produit à un rythme d’un point par match – ou presque – depuis le début de la saison. Il occupe le troisième rang du classement des marqueurs de sa troupe, derrière les jeunes Jack Eichel et Jeff Skinner.

L’entraîneur-chef Phil Housley rigolait, à cet effet, la semaine dernière. « Pommer ? Quel âge a-t-il ? Quarante, quarante-cinq ans ?

«Tout ça nous montre à quel point il est sérieux, a-t-il enchaîné sur un ton plus sérieux. Pour connaître autant de succès aussi tardivement, il faut être passionné. Il faut être travaillant, aussi. Pommer n’a jamais eu de problèmes à ce niveau. Il est aujourd’hui récompensé pour tout cela. C’est beau à voir.»

Pominville est encore loin de la quarantaine. Il célébrera ses 36 ans à la fin du mois.

En plus d’être un grand travaillant, il est aussi un homme reconnaissant.

Le printemps dernier, le directeur général Jason Botterill a dressé un bilan plutôt sombre de la saison 2017-18 des Sabres. «Des changements s’imposent», avait-il alors martelé.

Il s’est ensuite retroussé les manches, effectuant de nombreux changements à son alignement durant la saison morte. En reconstruction, il aurait facilement pu inclure Pominville dans une transaction.

Il a choisi de ne pas le faire.

«Jason m’a toujours impressionné, reconnaît le vétéran ailier droit. J’ai eu la chance de jouer avec lui, dans la Ligue américaine, au début de ma carrière. Il n’a pas changé. À l’époque, il avait une attitude positive, chaque jour, quand il se présentait à l’aréna. C’est la même chose.»

«La saison dernière fut particulièrement difficile, enchaîne Pominville, au sujet d’une campagne où les Sabres ont remporté seulement 25 parties. Jason était quand même positif, chaque jour. Il prenait le temps de saluer tout le monde. Il discutait avec tous les joueurs. Nous n’oublierons pas la conférence de presse dans laquelle il a promis des changements. Il a remplacé la moitié de l’équipe dans les mois qui ont suivi. L’impact s’est immédiatement fait ressentir. Je crois qu’en faisant ce ménage, Jason a d’abord changé l’ambiance dans toute la ville.»

Pominville ne sait pas trop s’il fera partie du processus de reconstruction des Sabres encore longtemps. Son contrat arrive à échéance. Si jamais ses jeunes coéquipiers connaissent une baisse de régime, dans les premières semaines de 2019, il pourrait facilement servir d’appât à la date limite des transactions.

Il prend de l’âge, mais demeure très fiable. Il a raté une vingtaine de parties, à peine, au cours des 12 dernières saisons.

«Les soigneurs sont des gens très utiles, dit-il. Je suis très fier de vous dire que j’ai toujours pris mes entraînements estivaux au sérieux. J’ai bien pris soin de mon corps. Je me souviens quand même de certains matches où je n’étais pas au sommet de ma forme. Dans ce temps-là, les soigneurs m’ont souvent aidé.»

Une ovation pour moi ?

Les partisans des Ducks d’Anaheim connaissent bien leur équipe. Patrick Eaves en sait quelque chose. Jeudi, quand il a effectué un retour au jeu après une absence d’un an, la foule du Honda Center lui a réservé une belle ovation. «Quand j’ai sauté sur la glace, j’étais convaincu qu’une bagarre venait d’éclater. Je me suis mis à chercher, partout autour de moi, les joueurs qui se tapaient dessus. Je n’aurais jamais cru que les applaudissements m’étaient réservés», a confié au Orange County Register l’ailier de 34 ans qui a combattu le syndrome de Guillain-Barré.

Bettman l’immortel

Nous y sommes presque. Dans quelques jours, l’homme qui se fait huer lors de chaque sortie publique sera intronisé au Temple de la renommée du hockey. «Je me fiche des critiques, a déclaré Gary Bettman dans une intéressante entrevue accordée à l’Athlétique. Je ne suis pas au-dessus des critiques. Seulement, ce qui compte, pour moi, c’est le sport. Les partisans ont le droit de ne pas m’aimer. Tant qu’ils aiment les joueurs et qu’ils aiment le hockey... C’est tout ce qui compte.»

Yamamoto comme DeBrincat

Connor McDavid, 21 ans, doit porter le lourd titre de capitaine des Oilers d’Edmonton. Il se donne donc le droit d’offrir des conseils à ses coéquipiers. La semaine dernière, il a par exemple suggéré à son coéquipier Kailer Yamamoto de s’inspirer d’un autre joueur de petite taille, Alex DeBrincat. «Dans les rangs juniors, à Erie, notre DG Sherry Bassin est venu me présenter Alex en me disant qu’il était mon nouvel ailier. J’étais sceptique. Il a finalement connu trois saisons consécutives de 50 buts. Tout le monde continue de douter de lui, mais il est dans la LNH, maintenant, et il marque 30 buts par année.» McDavid a cependant reconnu que DeBrincat possède une qualité qu’on peut difficilement imiter. «Il a de la drive !»