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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Il suffit de tendre l’oreille, ces jours-ci, pour comprendre que Marc Méthot est en train de prendre sa place dans la communauté d’Ottawa-Gatineau.
Il suffit de tendre l’oreille, ces jours-ci, pour comprendre que Marc Méthot est en train de prendre sa place dans la communauté d’Ottawa-Gatineau.

Méthot à l’écoute

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Au fond, c’était écrit dans le ciel. On savait depuis longtemps que Marc Méthot finirait par jouer ce rôle-là.

Il suffit de tendre l’oreille, ces jours-ci, pour comprendre qu’il est en train de prendre sa place dans la communauté d’Ottawa-Gatineau.

Il a effectué quelques remplacements à la radio. Sur les ondes de TSN 1200, il est comme un poisson dans l’eau. Si on lui accordait un véritable contrat, il deviendrait rapidement un des animateurs les plus appréciés de la station.

Comme plusieurs, il s’aventure sur le terrain, peu défriché, de la baladodiffusion. Pour ça, il a décidé de faire équipe avec le journaliste Brent Wallace. The Wally & Methot Show va lancer son épisode 1 dans les prochaines heures. Et ça promet. Le très discret - pour ne pas dire invisible - Daniel Alfredsson sera leur invité spécial.

«C’est tellement un homme mystérieux! Je veux dire, je l’adore! Alfie, il est extraordinaire. Il est vraiment intéressant. Je voudrais savoir ce qu’il mange, chaque matin, au petit déjeuner. Mais c’est difficile de lui arracher des confidences. Il n’est pas particulièrement expressif», me dit Méthot, en entrevue.

L’ancien défenseur des Sénateurs n’a jamais eu ce problème.

«Je sais! J’ai toujours été à l’aise avec les gens des médias. On m’a souvent dit que j’avais une belle candeur. Vous étiez nombreux à penser que j’avais un avenir dans le monde des communications...»

Et les communications, dans les années 2020, ça ne se limite pas aux formats traditionnels.

Les communications, dans les années 2020, débutent et finissent généralement dans les réseaux sociaux.

Méthot a très vite pris sa place, là, également. En quelques semaines, il est en quelque sorte devenu le capitaine des partisans des Sénateurs sur Twitter.

Et c’est presque arrivé par accident.

«Je me suis permis de faire un commentaire, un soir, durant un match des Sénateurs. Rien d’extraordinaire. C’était une simple observation. Les gens ont commencé à me répondre. C’est parti en vrille.»

Méthot était surpris, au départ.

Il a vite compris.

Les fans attendaient depuis longtemps qu’un type comme lui débarque. Il y avait une place à prendre.

Ces jours-ci, le jeune retraité du sport participe à presque toutes les conversations. Il prend le temps de répondre à presque tous ceux qui l’interpellent.

«À Toronto, il y a plein d’anciens joueurs qui participent à la conversation. À Montréal, c’est la même chose. Guillaume Latendresse et Maxim Lapierre ont leur podcast. Les choses ont l’air de bien fonctionner, pour eux, là-bas. Ici, personne ne le fait. Je ne sais pas pourquoi... On est peut-être plus conservateurs.»

«En tous cas, pour moi, c’est une super opportunité. J’aime ça, parler avec les partisans.»

Pourquoi avoir attendu si longtemps, alors, avant de reprendre le conact?

Méthot a joué son dernier match dans la Ligue nationale le 1er novembre 2018.

«Je n’étais pas à l’aise. Je venais tout juste d’accrocher mes patins. Je ne me sentais pas prêt à critiquer le travail de joueurs que je côtoyais sur la patinoire.»

Sa réponse n’est pas totalement convaincante.

Il y a peut-être autre chose.

Méthot devait peut-être, d’abord, faire son deuil du jeu.

Ça ne fait pas de lui un cas unique. Presque tous ceux qui ont consacré leur vie sur la patinoire traversent les mêmes étapes.

C’est peut-être pire pour ceux qui se font voler quelques saisons en raison de blessures.

D’ailleurs, pas besoin de parler très longtemps avec lui pour comprendre que le deuil n’est pas complètement fait.

«J’aurais probablement pu continuer», dit-il, d’un ton hésitant.

«Je suis encore capable de patiner. Quand je saute sur la patinoire, sur le coup, ça se passe très bien. Les problèmes surviennent 24 heures plus tard. Mon genou enfle et je souffre pendant des jours.»

Il est sous le bistouri en janvier 2019. Dès lors, il savait que ses chances de guérison complète n’étaient pas très élevées.

Il s’est accroché au rêve quand même.

«J’aurais probablement pu continuer. J’aurais pu endurer l’inconfort et endormir la douleur en me gavant de médicaments...»

Dans le monde du sport, ça s’appelle «vivre à crédit».

«Je veux être capable de jouer avec mes enfants, plus tard. Je ne veux pas être obligé de ramper pour me déplacer dans ma maison.»

Le feu brûle encore, quand même. Ça se sent quand on se met à parler des jeunes et prometteurs Sénateurs.

«J’aime vraiment le groupe d’attaquants, dit-il. Pour ce qui est de la défensive, par contre, je m’inquiète un peu. Je ne suis pas tout seul. Il n’y a pas énormément de profondeur.»

Il a dit ça et je n’ai pas cherché à argumenter. C’est évident.

On s’est même mis à parler de la seule année, dans la dernière décennie, durant laquelle les Sénateurs ont misé sur un quatuor défensif digne de la LNH. C’était en 2017. Méthot faisait partie de ce groupe qui a participé à la Finale de l’Est.

«Tu ne peux pas connaître du succès, en séries, sans une bonne brigade défensive. Tu ne peux pas te fier à l’attaque pour gagner, au printemps.»