Le commissaire de la Ligue Can-Am de baseball, Miles Wolff, tenait à tout prix à participer aux festivités entourant le 150e anniversaire de la Confédération en planifiant un Match des étoiles du baseball indépendant.

Les étoiles ne brillent pas sous la pluie

CHRONIQUE / Quand on a décroché le combiné, lundi midi, j'ai immédiatement ressenti la grande lassitude qui régnait dans les bureaux des Champions d'Ottawa.
« Une mauvaise journée ? Bof... Tu sais, on commence à s'y faire », m'a confié l'employé qui a répondu à mon appel.
Pauvres eux.
Pauvres Champions.
On sympathise naturellement avec tous les gens qui essaient de nous vendre des activités de plein air, durant cet été de grosse misère dans la région d'Ottawa-Gatineau.
Les assistances sont en baisse, de façon générale, au parc RCGT. Cette météo pourrie y est forcément pour quelque chose.
Mais là, ça fait carrément pitié.
Miles Wolff et son équipe tenaient à tout prix à participer aux festivités entourant le 150e anniversaire de la Confédération. Ils ont planifié un Match des étoiles du baseball indépendant. Ils ont fait venir trois douzaines de joueurs qui évoluent dans 16 villes différentes du Canada et du nord des États-Unis. Ils ont organisé ça sur deux jours. Concours de coups de circuit le lundi, match de balle le mardi.
Le grand jour est venu. Ce fut le pire de tout l'été. Il tombait des cordes quand on s'est réveillés. Ça n'a jamais cessé.
J'étais au stade, sur le coup de 17 h, quand les dirigeants des Champions ont décidé d'annuler le concours.
Les joueurs de la Ligue Can-Am et ceux de l'American Association traînaient dans les vestiaires, au sous-sol. Ils avaient l'air encore plus découragés que les employés de bureau qui travaillent sur ce projet depuis plus d'un an.
On peut essayer de voir le bon côté des choses.
Tout n'est pas perdu, mesdames et messieurs. Il paraît qu'il fera un peu plus beau mardi.
Ce Match des étoiles mettra en scène des illustres inconnus. Des hommes dont nous n'avons, dans la presque totalité des cas, jamais entendu parler.
Il y aura quand même du talent sur le terrain. La preuve : une dizaine de dépisteurs affiliés à des organisations des ligues majeures ont fait le voyage à Ottawa spécialement pour l'occasion.
Certains se sont déplacés spécifiquement pour voir lancer Phillippe Aumont.
Le « p'tit gars » de Gatineau sera le lanceur partant de la Can-Am.
Même si ses statistiques ne sont pas particulièrement impressionnantes, des organisations des grandes ligues gardent un oeil sur lui. « Il y a même un club, et je ne te dirai pas lequel, qui me demande de produire un rapport après chacun de ses départs », confiait le gérant des Champions, Hal Lanier, lorsque je suis débarqué dans son bureau, lundi.
Aumont ne devrait pas quitter Ottawa dans les prochains jours. L'organisation qui s'intéresse le plus à lui aimerait d'abord le voir faire ses preuves pendant une saison complète dans le baseball indépendant avant de lui soumettre une offre formelle.
Peut-être veut-on simplement s'assurer qu'il a le coeur et la tête à la bonne place.
Là-dessus, Lanier se montre très rassurant.
Les Champions sont l'équipe de l'heure dans la Can-Am, à la pause des étoiles. Ils ont remporté 14 de leurs 16 dernières parties.
Il faut lever notre chapeau à Lanier, qui a su dénicher quelques lanceurs qui ont su relever le calibre de l'enclos des releveurs.
Il faut aussi se rappeler qu'Aumont agit à titre d'entraîneur des lanceurs par intérim depuis maintenant un mois.
« Il a fait un travail phénoménal », s'exclame le gérant.
« Les autres lanceurs le respectent. Ça saute aux yeux. Phillippe est attentif à leurs besoins. Il sait corriger les défauts. Il trouve rapidement ce qui ne va pas. Et il communique bien. J'ai été obligé de me défaire de son prédécesseur parce qu'il communiquait mal. Tout a changé, depuis. »