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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Artem Zub et Erik Brännström
Artem Zub et Erik Brännström

L’énigmatique monsieur Zub

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CHRONIQUE / Nos attentes n’étaient pas très grandes. Ça devait être un petit lundi tranquille.

Les Sénateurs étaient des vendeurs qui n’avaient plus grand-chose à vendre. En tout cas, c’était notre lecture de la situation.

En l’espace de quelques heures, Pierre Dorion a réussi à se défaire de la moitié de sa brigade défensive.

Pouf!

Mike Reilly? Parti. Braydon Coburn? Parti. Erik Gudbranson? Parti aussi.

Vous m’excuserez de ne pas (trop) vous parler de ceux qui ne sont plus là. De toute façon, dans six mois, on aura presque tout oublié de leurs (brefs) passages dans la capitale.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de ceux qui restent. Ils sont bien plus intéressants.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’Artem Zub, en particulier.

Le curieux et énigmatique monsieur Zub.

***

On ne le connaît pas beaucoup, Zub.

Il est débarqué au beau milieu de la pandémie, ce qui fait en sorte que les journalistes n’ont encore jamais pu l’approcher.

Bien peu de choses ont été rédigées, à son sujet, étant donné qu’il n’a jamais vraiment été considéré comme un espoir de premier plan.

On admire son calme et sa maturité, sur la patinoire, depuis le début de la saison.

Plusieurs observateurs ont dressé le même constat.

Mike Reilly était un peu tout croche, dans les premiers matches. Quand il a commencé à patiner avec la recrue russe, tout s’est miraculeusement replacé.

La présence constante et apaisante d’un partenaire fiable, qui ne commet presque pas d’erreurs, pourrait-elle faire une aussi grosse différence.

Et, tant qu’à y être...

Dans le prochain mois, Zub pourrait-il avoir le même type d’impact sur Erik Brännström? Ou sur Victor Mete?

D.J. Smith n’a pas trop voulu s’aventurer sur ce terrain.

«Zuby fait sa petite affaire. Il défend notre territoire. Il travaille fort. Il complète des petits jeux simples. Il écrase des joueurs adverses contre la rampe. Il s’interpose quand les autres équipes font circuler la rondelle dans le fond de notre territoire.»

«Si la chimie peut s’opérer avec Bränny, ce sera tant mieux. Mais, puisque la communication avec Zuby est un défi, il faudra que Bränny s’occupe de sa propre personne, en priorité, lui aussi...»

La chimie entre partenaires défensifs, c’est un concept un peu abstrait. Surtout pour quelqu’un qui n’a pas fait carrière dans le hockey.

J’ai donc passé un coup de fil à Bruno Gervais, en milieu de journée, pour lui parler de tout ça.

Gervais, un ancien défenseur de la LNH, a vu plein de matches des Sénateurs, cet hiver encore, dans le cadre de ses fonctions d’analyste à RDS.

«Zub, je l’adore. Ce n’est pas un gars qui est particulièrement flashy. Souvent, tu ne le vois pas. Si tu n’as pas dit son nom, dans un match, ça veut souvent dire qu’il a bien joué. Un partenaire de jeu comme ça, c’est tellement pratique. Parce que tu sais toujours où il est. Tu sais qu’il sera là, pour toi. Tu sais qu’il sait bien lire le jeu.

— Fais-tu partie de ceux qui croient que Zub a contribué à relancer Reilly?

— Zub offre toujours une option à son partenaire. Quand ton partenaire t’offre toujours une option, tu n’es jamais vraiment dans le trouble. Parfois, ta lecture du jeu est un peu lente. Tu peux alors creuser, toi-même, ton propre trou. Quand tu joues avec Zub, tu as toujours l’option de lui refiler la rondelle, à la dernière seconde. Il va se charger de la sortir, calmement, du territoire. Et ses passes sont toujours belles. Il peut utiliser son côté fort ou son revers. Il peut trouver les joueurs qui sont libres au centre de la glace. Il fait toujours de bonnes relances.»

Merci bien, Bruno. Ça confirme un peu ce que je pensais.

Brännström éprouve des problèmes de confiance, par moments. Ça se comprend. Deux ans après son arrivée, il n’a toujours pas réussi à trouver sa place dans l’alignement. Pire, encore. À la première erreur, il peut se faire clouer au banc.

Dans le contexte, le doute peut facilement s’installer.

La présence apaisante d’un partenaire fiable, comme Zub, pourrait lui être franchement utile.

Et si ça ne donne pas des résultats miraculeux, avec Brännström, ça pourrait marcher avec Mete.

Victor Mete

On le connaît moins, Mete, dans notre coin de pays. On trouve qu’il ressemble quand même pas mal à Brännström. Ils ont le même gabarit. Ils ont les mêmes qualités. Ils ont emprunté des parcours similaires. Mete, tout comme Brännström, doit éprouver des petits problèmes de confiance, après l’hiver difficile qu’il vient de traverser.