Quand il effectué sa première présence sur la glace, Marian Gaborik a répondu à la première question qu’on se posait.

Le vétéran et le papier bulle

Il était là. En chair et en os. Avec un chandail rouge des Sénateurs sur le dos et le numéro 12 collé à l’avant et à l’arrière de son casque.

Quand il effectué sa première présence sur la glace, à la droite de Matt Duchene, Marian Gaborik a répondu à la première question qu’on se posait.

Les Sénateurs ont fait son acquisition dans le but de l’utiliser.

Pour combien de temps ?

Ça, c’est la nouvelle question.

Pierre Dorion n’a vraiment rien fait pour éclaircir le mystère. Durant sa conférence de presse de mercredi, quand on lui a posé la question directement, le directeur général des Sénateurs a répondu que Gaborik « affronterait les Sabres ».

Pas plus.

Gaborik n’a pas l’air d’en savoir plus long. Lors de son premier contact avec les médias d’Ottawa, on s’est vite souvenus qu’il n’était pas le hockeyeur le plus exubérant. Pour bien entendre ce qu’il dit, mieux vaut se tenir tout près de lui.

Il a quand même pris le temps de contacter ses compatriotes Zdeno Chara et Marian Hossa, dans les dernières heures, pour leur poser quelques questions. Un peu comme un gars qui s’attend à passer un bout de temps dans la capitale.

« C’est ma première expérience de travail au Canada. Je vais essayer d’en profiter au maximum », a-t-il déclaré.

On peut dire qu’il en a bien profité, face aux Sabres.

On se souviendra de ses deux points, inscrits à des moments cruciaux, qui ont permis aux Sénateurs d’empocher leur premier point au classement.

Avant de s’inscrire au pointage durant la troisième période, il disputait déjà un fort match.

Ce n’était qu’un match, évidemment. En plus, Gaborik était bien entouré. Duchene remporte haut la main la palme du meilleur attaquant à Ottawa depuis le début de l’année 2018. Tous ceux qui ont le bonheur d’évoluer dans son trio finissent par bien paraître.

Cette performance pourrait quand même faire réfléchir, un peu, ceux qui croient qu’on devrait le renvoyer à la maison au plus sacrant, qu’on laisse s’écouler le reste de la saison et qu’on profite de la première opportunité pour racheter son contrat.

Les meilleures années de Gaborik sont loin, derrière lui. Il a connu trois glorieuses saisons de 40 buts entre 2008 et 2012. S’il reste en santé et que tout va pour le mieux, en 2018-19, il sera chanceux de récolter 40 points.

Il est justement là, le problème. Si le passé est garant de l’avenir, on peut conclure que Gaborik ne pourra pas garder la santé. Tous les petits bobos qui l’ont affligé lui ont fait rater pas moins de 93 parties, au cours de quatre dernières saisons, à Los Angeles.

Ceux qui souhaitent le rachat du contrat de Gaborik ne lui veulent pas de mal, au fond. Ils veulent même sa sécurité. Les plus cyniques vont jusqu’à suggérer qu’on l’enveloppe de papier bulle pour mieux le protéger contre les petits hasards de la vie.

Un accident est si vite arrivé...

Dans un cas comme dans l’autre, les Sénateurs réaliseront des économies. En payant le plein salaire de Gaborik jusqu’en 2021, tout en couvrant 25 % du contrat de Dion Phaneuf, on me dit qu’ils épargneront un peu plus de 3 millions $ US.

Neuf directeurs généraux. Dorion aurait discuté avec neuf de ses homologues, dans les heures qui ont précédé la conférence de presse de mercredi.

Combien d’autres conversations d’ici la date limite des transactions, dans une dizaine de jours ?

Feeling personnel. Les Sénateurs n’ont pas fini de se transformer. Dorion bougera encore deux ou trois fois, encore.

La transaction impliquant deux joueurs des ligues mineures, annoncée sur l’heure du souper, jeudi, ne compte pas. Non. Au moins une des transactions à venir fera couler encore plus d’encre que celle de Phaneuf.