Mark Stone laisse paraître sa frustration après que le gardien des Capitals, Philipp Grubauer, ait arrêté son tir.

Le pire qui pourrait arriver

CHRONIQUE / Je me souviens très bien de la dernière fois où les Sénateurs ont vécu pareille situation.

En février 2011, l’équipe avait procédé à une vraie de vraie vente de feu. Le directeur général de l’époque, Bryan Murray, s’était débarrassé d’une demi-douzaine de joueurs. Mike Fisher, Chris Kelly et Alex Kovalev avaient levé les feutres.

Au lendemain de la date limite, la conférence de presse de l’entraîneur-chef Cory Clouston avait débuté. Personne n’avait vraiment envie de lui poser la première question. Je m’étais finalement sacrifié. J’avais choisi quelque chose de très large.

Que comptez-vous faire à compter de maintenant, coach ?

« Nous allons essayer de faire ch... nos dépisteurs. Ce serait une belle façon de conclure notre saison, non ? Nous allons les faire ch... en essayant de remonter le plus haut possible au classement », a-t-il répondu.

Clouston et son équipe rapiécée ont ensuite livré la marchandise.

Au moment d’effectuer cette déclaration, les Sénateurs occupaient l’avant-dernier rang du classement général. Ils détenaient une avance d’un seul point sur les Oilers d’Edmonton.

Ils ont recommencé à gagner. Pas trop souvent, quand même. Ils ont signé 11 victoires à leurs 18 dernières parties. Juste assez pour devancer trois équipes au classement.

Clouston n’a pas fait long feu. Il a été congédié dès que l’avion s’est posé à l’aéroport Macdonald-Cartier, au retour du match numéro 82. Durant son court, mais mémorable passage à la barre des Sénateurs, il n’a pas fait ch... que les dépisteurs.

Son dernier « cadeau » aura quand même laissé ses traces. Quand ils s’attendaient à obtenir un des trois premiers choix au repêchage, les Sénateurs avaient placé deux espoirs au sommet de leur liste : Jonathan Huberdeau et Gabriel Landeskog.

La tardive – et inutile – série victorieuse de fin de saison a fait en sorte qu’ils ont glissé au sixième rang. Huberdeau et Landeskog partis, ils se sont tournés vers Mika Zibanejad.

Sept ans plus tard, le scénario pourrait bien se répéter.

Si ça se produisait, personne ne tomberait en bas de sa chaise.

Pierre Dorion l’a dit, durant sa conférence de presse de lundi. « Les gars n’ont pas lancé la serviette ».

C’est bien vrai. Les leaders, en tous cas, semblent bel et bien décidés à terminer la saison en beauté. Matt Duchene a produit à un rythme d’un point par match en février. Mark Stone a rejoint le groupe un peu sur le tard, après avoir soigné sa blessure au genou. Il n’a pas l’air trop rouillé. À ses huit premières sorties, il a connu cinq soirées de deux points.

Pour la première fois depuis très longtemps, les Sénateurs ont complété un mois avec une fiche d’environ ,500. Il suffirait qu’un des deux gardiens retrouve ses points de repère pour que l’équipe boucle le mois de mars avec une fiche gagnante.

Ça ferait ch... les dépisteurs.

Ça pourrait nuire aux succès de l’organisation à long terme.

Ce serait, possiblement, la pire chose qui pourrait arriver aux Sénateurs en 2018.

En occupant le 29e rang du classement général, les Sénateurs conservent environ 10 % des chances de remporter la loterie du repêchage. Le gagnant de cette loterie, on le rappelle, pourra cette année mettre la main sur le « prochain » Erik Karlsson, un Suédois gaucher qui s’appelle Rasmus Dahlin.

Si les Sénateurs de Guy Boucher décidaient d’imiter ceux de Clouston, coiffant de manière inutile trois ou quatre équipes au classement durant les six dernières semaines du calendrier régulier, les probabilités pourraient chuter de trois ou quatre points de pourcentage.

Évidemment, peu importe le classement final, une loterie, ça reste une loterie. Rêver, de gagner, c’est permis. Planifier, c’est un peu risqué.

N’empêche. On se souvient que l’avenir de Karlsson est en suspens. Si les Sénateurs pouvaient le remplacer par celui qui aspire à un jour lui succéder...