Selon un sondage réalisé auprès des membres des médias, le Rouge et Noir est la seule équipe qui n’a pas la moindre chance de remporter la coupe Grey.

Le party va continuer

CHRONIQUE / On se demandait (un peu) si la foule serait au rendez-vous. Il paraît que la vente d’abonnements annuels a diminué. L’effet nouveauté se dissipe et c’est normal. L’équipe a entrepris jeudi soir sa cinquième saison.

En fin de compte, on est loin de la catastrophe.

L’annonceur-maison a dit qu’il y avait salle comble, même si on pouvait voir quelques dizaines de sièges vides dans les extrémités des gradins du côté nord.

On ne commencera certainement pas à s’obstiner au terme d’une si belle soirée.

Après le botté d’envoi, on s’est vite rendus compte que rien n’avait changé.

Au début du deuxième quart, quand le demi de coin Jonathan Rose a gambadé sur une distance de 55 verges après son interception, pour marquer le premier touché de la saison, les bûcherons ont coupé leur rondin. Les feux d’artifice ont éclaté. La Place TD a explosé.

C’est à ce moment-là qu’on a compris qu’on va passer un autre bel été dans le Glebe.

On dirait qu’il fait toujours beau, dans le Glebe.

On ne sait pas encore à quel point l’été sera beau. C’était le match numéro un d’une très longue saison.

On parle quand même d’une formation pour qui les experts du football canadien n’ont pas beaucoup d’estime. La seule équipe qui n’a pas la moindre chance de remporter la coupe Grey, selon un sondage réalisé auprès des membres des médias.

Cette formation négligée vient quand même de vaincre les Roughriders.

Les Riders appartiennent à l’élite.

Les Riders s’étaient farci les champions en titre, les Argonauts de Toronto, dans leur tout premier match de la saison, la semaine dernière.

Les spécialistes reconnaissent au moins une force au Rouge et Noir. S’ils peuvent éviter les blessures, Greg Ellingson, Brad Sinopoli et Diontae Spencer formeront un des meilleurs groupes de flanqueurs au pays.

Enfin, presque tous les spécialistes croient en leur potentiel.

«Ils ne présentent pas un défi particulier. Ils ne sont pas meilleurs que les receveurs qu’on affronte chaque jour à l’entraînement», a lancé l’inimitable Duron Carter, il y a quelques jours, avant de quitter la Saskatchewan.

Les amateurs de football de l’est du pays ont appris à connaître Carter et sa grande gueule, du temps où il portait les couleurs des Alouettes de Montréal.

Jeudi, il a passé une sale soirée.

Il s’est d’abord fait battre de vitesse sur un tracé vertical, au troisième quart, dans un jeu où Spencer a marqué un touché de 56 verges.

Plus tard, au quatrième quart, il a écopé de deux pénalités consécutives pour obstruction contre un receveur.

Ces pénalités ont permis au Rouge et Noir d’inscrire le majeur qui leur a donné une avance insurmontable de 23 points.

«Désormais, son nom, c’est 89», a déclaré un Spencer gonflé d’orgueuil, sur le terrain, immédiatement après la partie.

Il faisait référence au numéro que Carter porte en Saskatchewan.

«Je ne veux même pas en parler! Son nom, c’est 89. Et s’il veut s’aligner devant moi au poste de demi de coin, la prochaine fois, je lui conseille de changer de numéro.»

Sans comprendre exactement ce qu’il voulait dire, on devine qu’il a été touché au vif par les déclarations de son rival.

«Nous avons du talent. Nous n’avons pas besoin qu’on nous le dise. Nous sommes tous talentueux. Ça commence avec Greg, mais il y a aussi D-Rhymes, Brad, Noel... Nous n’avons rien à dire. Parlez-moi du prochain match, s’il-vous-plaît.»

Spencer a répondu à toutes les questions qui ont suivi de la même façon. «Parlez-moi du prochain match, s’il-vous-plaît.»

Le prochain match ne sera pas une partie de plaisir. Il sera disputé sur la pelouse des toujours intimidants Stampeders de Calgary, la semaine prochaine.

On dit souvent que l’Ottawa Sports and Entertainment Group fait bien les choses.

Les propriétaires du Rouge et Noir, des gens de la place, sont généralement capables de prendre le pouls de leur communauté.

C’était une bonne idée d’inviter Tina Boileau au stade en cette soirée d’ouverture.

La mère de l’enfant papillon Jonathan Pitre est descendue sur le terrain pour accepter un petit cadeau et pour recevoir une - autre - ovation.

Ce fut sobre. Ce fut bien fait.