Le Rouge et Noir tentera de répéter son exploit de 2015 où il avait vaincu les Tiger-Cats en finale de l’Est.

Le miracle, trois ans plus tard

CHRONIQUE / Personne n’a oublié ce qui s’est passé, la dernière fois où Ottawa et Hamilton ont croisé le fer, dans le Glebe, dans la Finale de l’Est de la Ligue canadienne de football.

Les deux équipes à égalité, avec une minute et 25 secondes à écouler au quatrième quart. Toute la pression sur l’attaque du Rouge et Noir, au deuxième essai, quand il reste 25 verges à franchir pour réussir le premier jeu.

Greg Ellingson capte la bombe larguée par Henry Burris au centre du terrain, il parvient à se défaire des deux demis défensifs qui le couvrent et il gambade joyeusement jusque dans la zone des buts.

Victoire, feux d’artifice et jubilation.

Le 22 novembre 2015. Jour historique. Le jour où les gars de Lansdowne se sont officiellement débarrassés de l’étiquette de pieds de céleri de la LCF.

On pensait connaître cette histoire dans ses moindres détails, jusqu’à ce que Burris nous révèle un secret, plus tôt cette semaine.

Afin de compléter ce jeu mémorable, il a d’abord fallu qu’il désobéisse à son entraîneur.

Le coordonnateur à l’attaque de l’époque, Jason Maas, lui avait demandé de lancer le ballon vers les lignes de côté. Maas voulait que le ballon se retrouve dans les mains d’un autre solide flanqueur, Ernest Jackson.

Il n’était pas question que ça se passe ainsi, a raconté Burris à ses collègues de TSN 1200. « Je voyais Greg se diriger vers le côté large du terrain. Je me disais que je devais miser sur lui, parce qu’il était à l’époque le meilleur receveur pour gagner les duels dans notre ligue. Il était possiblement le meilleur, à cet effet, dans tout le football professionnel. »

J’ai accroché Ellingson sur le terrain de la Place TD, après l’entraînement de vendredi, pour lui parler de tout ça.

Il ne se lasse pas de parler de ce jeu qui a marqué sa carrière.

« Miracle on Bank street », s’est-il exclamé avec bonne humeur, un large sourire aux lèvres.

« Je ne peux pas vraiment l’oublier, celui-là. Je te dirais même que des nouveaux chapitres s’ajoutent à l’histoire chaque année. Il y a toujours quelqu’un de nouveau qui vient m’en parler. Des gens qui étaient dans les gradins, des gens qui étaient en famille, à la maison... »

« L’autre jour, d’ailleurs, Trevor m’a raconté sa version de l’histoire ! »

Trevor Harris ne faisait pourtant pas partie de l’organisation du Rouge et Noir, à l’automne 2015.

« Exact ! Il était dans son salon. Il regardait le match à la télévision. Il m’a dit qu’il a bondit de son divan et qu’il s’est pris la tête. Il ne pouvait pas croire que le match allait prendre fin de cette façon. »

« Mais on se fiche un peu de ce qui s’est passé en 2015. C’est une nouvelle saison, un nouveau match. Il faut tout oublier ce qui s’est passé en 2015 si on veut connaître du succès en 2018. »

Je ne suis pas certain d’être d’accord avec Ellingson, là-dessus.

Il paraît que les deux équipes ont de bonnes chances de l’emporter, ce week-end. Les spécialistes de football — ceux qui militent à la faveur des Tiger-Cats, du moins — finissent souvent par servir le même argument.

Le Rouge et Noir a déjà remporté les trois duels en saison régulière. Battre le même adversaire à quatre reprises, durant la même année, ça ne se peut quasiment pas.

J’ai envie de leur répondre par une simple question.

Pourquoi pas ?

Le noyau du Rouge et Noir n’a pas tant changé au cours des trois dernières années. Toute l’expérience acquise dans la victoire, comme dans la défaite, devrait à mon sens donner l’avantage au club local, dimanche.

« C’est vrai que la chimie est bonne, chez nous, constate Ellingson. Si la chimie n’était pas bonne, nous n’aurions pas remporté le titre de notre division. »

Pas fou.

Le commissaire de la LCF, Randy Ambrosie, est bon pour se faire de nouveaux amis.

Il a pu officiellement m’ajouter à la liste, l’an dernier, durant les festivités de la Coupe Grey qui se déroulaient à Ottawa.

« On devrait penser à modifier le calendrier de notre ligue, avait-il alors déclaré. Je me dis qu’on pourrait débuter la saison régulière quelques semaines plus tôt. Ça permettrait à nos partisans d’assister aux matches éliminatoires quand le temps est encore clément, au mois d’octobre... »

C’était une si bonne idée.

Randy, mon ami, pourquoi tarde-t-on à la mettre en application ?