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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Mikaël Martel attaque le dernier week-end de la saison régulière de la LHJMQ avec enthousiasme.
Mikaël Martel attaque le dernier week-end de la saison régulière de la LHJMQ avec enthousiasme.

Le Marteau a la bosse des affaires

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CHRONIQUE / Ça roule vraiment à vive allure, ces jours-ci, pour Mikaël Martel.

Le «Marteau», attaquant en puissance et protecteur des jeunes Olympiques, attaque le dernier week-end de la saison régulière avec enthousiasme.

«On forme tellement une belle gang. On est bien soudés. On peut causer une belle surprise, en séries», m’a-t-il dit, mercredi soir, quand je l’ai contacté après son départ pour le dernier environnement protégé de la LHJMQ.

«On peut se rendre pas mal plus loin que certaines personnes pensent», a-t-il ajouté.

Au départ, on ne devait même pas se parler de hockey. On devait parler business.

Il y a une dizaine de jours, le jeune homme qui n’a pas encore 20 ans s’est officiellement lancé en affaires. Il a fondé sa marque de vêtements, UP’N DOWN.

Il n’était pas uniquement motivé par son portefeuille. Il voulait faire oeuvre utile. Il s’est engagé à remettre une partie de ses profits au Regroupement pour la Trisomie 21 (RT21). Il voulait faire davantage connaître la réalité des gens qui vivent avec le Syndrome de Down.

Au départ, c’était aussi un projet scolaire. Il se familiarise avec l’entrepreneuriat sur les bancs du cégep.

«Le lancement s’est pas mal mieux pensé que je croyais», dit-il, presque mal à l’aise.

Vraiment?

«J’avais un tout petit inventaire, avant de commencer. Je pense que j’ai triplé ou même quadruplé ce que j’avais prévu.»

«Dans le fond, j’avais commencé avec une soixantaine de hoodies et une couple d’autres chandails. Aujourd’hui, on vient de faire notre 192e vente. On a vendu plus de 350 morceaux.»

Dans les dernières heures, Martel a fait un premier don à la RT21.


« Nous avons atteint notre objectif pas mal plus vite que prévu. »
Mikaël Martel

Un peu tout le monde a été mis à contribution.

À Gatineau, ses parents lui donnent un coup de pouce avec la préparation des commandes.

Depuis Québec, sa copine s’occupe du site web et des réseaux sociaux.

Martel et son équipe vont continuer de répondre à la demande. Il était content de participer à cette entrevue. Il est bien conscient que la visibilité médiatique lui donne un coup de pouce.

«On va bientôt lancer la collection d’été», annonce celui qui fêtera ses 20 ans le 10 avril.

***

On ne devait pas nécessairement parler de hockey.

On ne pouvait pas passer à côté, non plus.

Tout est dans tout. Mikaël Martel n’aurait pas eu la bonne idée de donner une mission à UP N’DOWN s’il n’avait pas porté les couleurs de l’Océanic de Rimouski.

Il faut prendre le temps de l’expliquer.

Je me souviens très bien de la naissance de l’Océanic, au milieu des années 1990. Je me souviens d’avoir vu des amis et anciens coéquipiers de hockey mineur se rendre à leur premier camp d’entraînement avec la tête entre les jambes.

Pour des garçons qui avaient grandi dans la région de Montréal et qui n’avaient jamais vraiment voyagé, le Bas-Saint-Laurent, c’était le bout du monde.

Ceux qui ont eu le bonheur de se tailler un poste avec l’équipe ont vite changé d’avis. Les joueurs de la LHJMQ, là-bas, sont vite devenus aussi — ou plus — populaires que les vedettes de la LNH.

«Et ça n’a pas changé», constate Martel.

«Partout où tu vas, t’es reconnu. Je peux compter sur les doigts d’une main les matches, avant la pandémie, qui ont été présentés devant moins de 3000 partisans.»

Il y a, bien entendu, des partisans qui sont plus sérieux que d’autres.

Ely, un adolescent qui vit avec le syndrome de Down, fait partie des plus grands fans de l’équipe. Quand la Santé publique le permet, il assiste à presque tous les matches.

Martel a pu le connaître grâce à sa routine d’avant-match. Chaque soir, une vingtaine de minutes avant le début de la période d’échauffement, il a l’habitude de se pointer derrière le banc des joueurs pour faire de la visualisation.

Au Colisée Financière Sun Life, les spectateurs peuvent passer derrière le banc pour se rendre à leurs sièges. Ely ne rate jamais une occasion de saluer et d’encourager ses héros.

«Si tout le monde pouvait avoir 70 % de sa joie de vivre, il y aurait beaucoup moins de problèmes, dans le monde. Je n’ai jamais vu Ely de mauvaise humeur.»

Ely a de la chance. Quand Martel a quitté pour Gatineau, aux Fêtes, il s’est assuré de garder le contact. Les deux communiquent par FaceTime, souvent plus d’une fois par semaine.

Ely aime toujours le Marteau, mais son coeur demeure avec l’Océanic.

«J’essaie de le convertir, ça ne fonctionne pas», dit le joueur.

«Il me dit qu’il va peut-être nous encourager, en fin de semaine, vu qu’on joue contre l’Armada...»

Martel pourrait bien avoir son pote à l’usure. L’Océanic, en phase de reconstruction, n’a pas de grandes ambitions pour les séries qui approchent.

Les Olympiques, eux, aimeraient veiller tard. C’est Martel qui le dit. Ils «pourraient se rendre pas mal plus loin que certaines personnes pensent»...