Les Sénateurs ont vaincu les Red Wings par la marque de 2-1 à domicile, jeudi soir, alors qu'ils rendaient hommage aux gens qui luttent contre le cancer.

Le cancer frappe, encore une fois

CHRONIQUE / Le cancer a frappé un peu trop souvent, chez les Sénateurs, au cours des cinq dernières années.

On pense tout de suite à Bryan Murray, bien sûr.

Personne n’oublie Mark Reeds, l’entraîneur-adjoint qui a remporté une première bataille, pour succomber la deuxième fois.

Nicholle Anderson, Dieu merci, est aujourd’hui assez forte pour profiter de la vie avec ses deux jeunes garçons.

Ce n’est pas fini.

« On dirait que, chaque année, la maladie s’en prend à un membre de notre famille », me disait Cody Ceci en secouant la tête, jeudi matin.

Cette fois, c’est Mike Foley qui mène le combat de sa vie, contre le cancer du côlon.

Vous n’avez probablement jamais entendu parler de Mike. Durant ses 17 années de service, il a joué un rôle crucial, mais effacé, en tant que préposé à l’équipement.

Les conversations avec Mike n’étaient jamais longues. Il se faisait un devoir de saluer les gens qu’il croisait, dans le couloir, mais il n’avait jamais le temps de s’arrêter.

En plus de s’occuper des Sénateurs, il devait souvent s’assurer du confort des clubs visiteurs. Disons que ça lui faisait de grosses journées.

Vous n’avez jamais entendu parler de Mike parce que Mike ne voulait jamais attirer l’attention.

Il a quand même trouvé le moyen de se faire de bons amis.

« J’ai fait sa connaissance quand je suis arrivé ici », rappelle Zack Smith, le joueur qui compte le plus d’ancienneté au sein de l’équipe.

Le vétéran attaquant a pris le temps de rendre visite à son ancien collègue, récemment, dans un centre de santé de Kanata.

« Il n’est jamais facile de rendre visite à des amis qui sont dans cette situation », dit-il.

« Les liens qu’on tisse avec les préposés à l’équipement sont aussi forts que liens qui unissent les coéquipiers, enchaîne Smith. On voyage aux quatre coins de l’Amérique du Nord avec ces gens. Ils nous soutiennent durant les bonnes séquences et durant les moins bonnes. À certains égards, je dirais que les préposés à l’équipement font plus partie de l’équipe que les entraîneurs ou les dirigeants. Ils sont dans les tranchées, avec nous, chaque jour. »

Mike n’était pas du genre à se plaindre. Pendant longtemps, selon ce qu’on me dit, il n’a informé personne de sa maladie.

« C’est dur. J’ai l’impression qu’il était parmi nous, hier. En ce moment, on pense à lui. On pense à sa famille », commente Smith.

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Thomas Chabot n’a pas trop passé de temps avec Mike Foley. Jeudi, il voulait rendre hommage à David « DK » Kelly, l’homme qui fut son préposé à l’équipement chez les Sea Dogs de Saint-Jean.

« Quand j’ai commencé, dans la LHJMQ, je ne parlais pas un seul mot d’anglais. DK m’a pris sous son aile », raconte le jeune Beauceron.

La langue anglaise n’a plus de secrets pour Chabot. Même si DK a récemment annoncé sa retraite du hockey pour consacrer son énergie à la lutte contre la maladie, il n’a pas oublié ses vieux amis.

« On se parle, encore, quelques fois par année », souligne le meilleur marqueur des Sénateurs.

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Quand on parle de cancer à Matt Duchene, il pense tout de suite à Haven Anderson, une fillette qui combattait un neuroblastome, un cancer infantile sévère, à l’époque où il jouait au Colorado.

« Les pronostics n’étaient pas très bons, à l’époque où je l’ai rencontrée. Ses parents étaient si forts, dans cette épreuve. Ils n’ont jamais rien laissé paraître. Elle va mieux maintenant. Je vais lui envoyer une photo du ruban lilas, sur mon bâton. Je pense à elle », me dit-il.

Heureusement, la maladie ne gagne pas chaque fois.