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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Sidney Crosby fait partie des meilleurs jours de l'histoire de la LNH. Comme plusieurs joueurs de talent, son nom n'est pas gravé sur le trophée Calder.
Sidney Crosby fait partie des meilleurs jours de l'histoire de la LNH. Comme plusieurs joueurs de talent, son nom n'est pas gravé sur le trophée Calder.

Le Calder? Bof...

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CHRONIQUE / Sidney Crosby est le plus grand hockeyeur de sa génération. Il est, à mon très humble avis, un des cinq plus grands joueurs de tous les temps.

Si vous n’êtes pas d’accord avec la dernière partie de mon affirmation, ce n’est pas grave. Ce n’est pas le but de cette chronique.

Je veux juste vous rappeler que Crosby a tout gagné ce qu’il pouvait gagner, dans sa glorieuse carrière. Sauf le trophée Calder.

Il n’a jamais porté le titre de recrue de l’année.

Il a pourtant inscrit 102 points, à sa première saison dans la Ligue nationale, en 2005-06.

Cette année-là, les journalistes membres de la PHWA ont choisi de récompenser Alex Ovechkin. Le Russe, qui est né 23 mois plus tôt, en avait récolté 106...

J’aimerais vous dire que c’est un cas d’exception. Ce n’est pas le cas.

Vous savez qui d’autre n’a jamais remporté le Calder? Jaromir Jagr. Joe Thornton. Joe Sakic. Steve Yzerman. Mats Sundin. Jarome Iginla. Mike Modano. Brendan Shanahan. Ron Francis. Sergeï Fedorov. Nicklas Lidstrom. Martin Saint-Louis. Les jumeaux Sedin.

Je pourrais continuer. J’ai cherché uniquement du côté des joueurs qui ont évolué dans la Ligue nationale au cours des 30 dernières années et qui ont amassé plus de 1000 points.

Pour avoir un portrait complet, je devrais alourdir le paragraphe précédent en y ajoutant une douzaine de noms.

Ce n’est sans doute pas nécessaire.

Je fais ça, au fond, pour vous dire pourquoi le Calder est le trophée individuel que j’aime le moins, dans la LNH.

Le Hart, le Norris et le Vézina sont mes favoris. Les joueurs qui réussissent à les gagner appartiennent à l’élite. Dans certains cas, c’est le point culminant de toute une carrière.

Le Calder récompense chaque année un joueur qui a bien travaillé pendant six mois.

Six mois, dans une carrière, c’est court.

Cette année, deux attaquants des Sénateurs sont dans la course.

Ils ne gagneront pas. On peut déjà commencer à graver le nom de Kiriil Kaprizov sur la base du trophée. Il est débarqué en Amérique du Nord à 23 ans, riche de ses six années d’expérience dans la KHL, et il a mené une équipe que personne n’attendait aux portes des séries.

Ça n’enlèvera absolument rien aux deux recrues d’Ottawa. Josh Norris et Tim Stützle n’ont pas réussi à faire de miracles. Leur saison prendra fin dans trois semaines. Comme c’était prévu.

Cet hiver, ils auront quand même réussi à donner espoir aux partisans. Il y a bel et bien de la relève, au centre, à Ottawa.

Qui sait? S’il parvient à conclure la saison en force, en continuant à produire comme il a produit dans les dernières semaines, Norris pourrait rallier quelques journalistes de la division canadienne à sa cause. En gagnant quelques votes, il pourrait facilement se faufiler dans le top-3, du scrutin du Calder.

Je dis ça, au fond, parce que ça me donne une chance de vous poser une question quiz.

Qui est le dernier joueur des Sénateurs à avoir figuré parmi les trois finalistes, au scrutin du Calder?

Je vous donne la réponse, un peu plus tard.

«Un vrai de vrai, celui-là. Je ne sais pas trop ce qu’il finira par devenir. Il pourrait être un centre numéro deux ou un centre numéro trois dans la LNH. Ça dépendra de lui. Mais je peux vous dire qu’il est facile à diriger. Il veut vraiment s’améliorer. Je suis un fan.»

C’est une déclaration de Troy Mann, dans le cadre d’un reportage que nous avons publié en mars 2020.

Mann, un homme transparent, venait de passer une saison complète à travailler avec le jeune homme.

Norris avait du rattrapage à faire, en octobre 2019, quand il est arrivé dans la Ligue américaine. Une blessure sérieuse à une épaule avait mis un terme à sa campagne précédente, dans les rangs universitaires.

Mann ne mettait donc pas de pression sur les épaules de sa recrue.

Norris a eu besoin d’environ deux semaines pour s’adapter au calibre du jeu. Durant le reste de l’année, armé de son tir dangereux et de sa volonté d’apprendre, il est devenu un joueur dominant.

Au terme de cette saison, Mann ne voulait toujours pas lui mettre de la pression sur les épaules.

Tous les joueurs ont un potentiel maximum, après tout. Norris, comme tous les autres, finira bien par atteindre un plateau.

Josh Norris

À 21 ans, Norris s’est frotté aux centres numéro un des équipes canadiennes de la LNH. Et il n’a pas mal paru.

D’ailleurs, au lieu de rêver au titre de recrue de l’année, Norris devrait rêver de voyager. Il devrait commencer à penser à représenter les États-Unis, à Riga, lors du prochain Championnat mondial senior de l’IIHF.

Il pourrait même traîner son pote Brady Tkachuk, s’il a besoin de compagnie.

Récompense pour ceux qui ont lu cette chronique jusqu’à la fin. Je vous offre la réponse à ma question quiz.

En 2015, Mark Stone a terminé au deuxième rang du scrutin de la recrue de l’année.

Mark Stone n'a pas remporté le titre de recrue de l'année en 2015.

En 2015, le trophée Calder a été remis au défenseur des Panthers de la Floride Aaron Ekblad.

Six ans plus tard, lequel de ces deux joueurs préféreriez-vous avoir dans votre formation?