Malgré ses 33 ans, Alex Ovechkin menait lundi matin le classement des meilleurs buteurs de LNH avec 22 filets marqués en 29 parties.

L’automne des vétérans

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / On aime répéter que la LNH est une ligue pour jeunes hommes. On raconte partout que, dans un monde où la vitesse prime, les vieilles jambes se font pousser de plus en plus vite vers la porte de sortie.

Pourtant, à l’approche de la mi-saison, force est de constater que plusieurs vétérans parviennent à se distinguer.

Ça m’a sauté aux yeux, récemment, quand je me suis amusé à identifier les favoris pour les principaux trophées individuels. Si je devais remplir mon bulletin de vote dans les prochains jours, j’aurais envie de voter pour plusieurs joueurs d’expérience, des « p’tits vieux » qui ont déjà franchi le cap de la trentaine.

Quand le moment sera venu de faire mes sélections finales, je consulterai comme d’habitude un petit groupe de joueurs, d’anciens joueurs, d’entraîneurs et d’analystes.

En attendant, je partage mes choix dans cet espace. Ma boîte de courriels est prête à recevoir vos commentaires.


Trophée Hart : Alex Ovechkin

Il s’agit du trophée le plus prestigieux. Il est toujours celui qui me pose le plus de problèmes. Il nous demande de comparer des pommes et des oranges, des bananes et des caramboles.

Ma méthode personnelle : je commence par identifier les équipes qui connaissent du succès, celles qui jouent au-delà des attentes, celles qui peuvent aspirer aux championnats. Je m’adonne ensuite à un exercice non scientifique. Je me demande laquelle piquerait du nez le plus rapidement si on retirait son meilleur joueur.

Ovechkin pourrait facilement mériter le titre du joueur le plus utile à son équipe pour la quatrième fois de sa carrière. On s’inquiétait un peu pour lui quand on regardait toutes ces vidéos où il faisait la fête, au début de l’été, avec la coupe Stanley. On s’inquiétait pour rien. Il dominait lundi matin le classement des meilleurs buteurs de la LNH. Le jeu de puissance des Capitals de Washington produit à un rythme d’environ 25 %.

Deuxième choix : Nathan MacKinnon, parce qu’il dirige le trio le plus dangereux de la LNH, au Colorado.


Trophée Calder : Elias Petersson

Des collègues ont essayé de lancer un débat, en affirmant que le jeune centre des Canucks n’est pas tout seul dans la course. Bel effort, les gars. Petersson vient d’être nommé première étoile de la semaine, pour couronner une séquence où il a marqué deux buts gagnants en trois rencontres. Il a trois ou quatre bonnes longueurs d’avance sur la compétition.

Certaines recrues se retrouvent dans une situation où la pression est plus forte. Le hasard a voulu que Petersson débute sa carrière à Vancouver, dans un marché canadien qui cherche un nouveau héros depuis déjà plusieurs années. S’il continue comme ça, le centre suédois pourrait bien succéder à ses compatriotes Daniel et Henrik Sedin.

Deuxième choix : Rasmus Dahlin, parce qu’il ne faut surtout pas sous-estimer le défi de jouer dans un premier duo défensif, dans la meilleure ligue au monde, à 18 ans.


Trophée Selke : Mark Stone

C’est un choix de proximité, je l’avoue. J’ai longtemps pensé que Stone n’avait pas la reconnaissance qu’il mérite, entre autres, parce qu’il joue dans un marché dont on se préoccupe peu. C’est de moins en moins le cas. Stone pourrait recevoir plusieurs offres intéressantes, en juillet, s’il décide de se prévaloir de son autonomie. Il dominait lundi matin la ligue au chapitre des revirements provoqués. Efficace dans les deux sens de la patinoire, il trouve un moyen de faire produire tous les joueurs qui ont le bonheur de se retrouver dans son trio.

Il dominait lundi matin la ligue au chapitre des revirements provoqués. Efficace dans les deux sens de la patinoire, il trouve un moyen de faire produire tous les joueurs qui ont le bonheur de se retrouver dans son trio.

Deuxième choix : Aleksander Barkov, parce qu’il excelle aussi dans l’art de provoquer des revirements, et parce qu’il est l’attaquant qui passe le plus de temps sur la glace, en moyenne, par partie.


Trophée Norris : Mark Giordano

Un peu comme Stone, le capitaine des Flames n’a pas toujours reçu l’attention qu’il mérite. Il faut quand même souligner son retour en force, à 35 ans. 

En conservant une moyenne d’un point par match, il pourrait facilement connaître la saison la plus productive de toute sa carrière. Il présente un différentiel de + 16. Il est le défenseur le plus utilisé de son équipe, tant en supériorité numérique qu’à court d’un homme.

Deuxième choix : Kristopher Letang, parce qu’il n’y a pas de grand favori, en ce moment, dans la course. Le Québécois a connu de bonnes saisons, à Pittsburgh, dans l’ombre de Sidney Crosby. Il finira peut-être par connaître son moment de gloire.


Trophée Vézina : Pekka Rinne

Les journalistes n’ont pas leur mot à dire dans le scrutin du gardien de but par excellence. Les directeurs généraux des 31 formations ont la responsabilité de choisir le vainqueur. L’an dernier, le gardien des Predators de Nashville a reçu pas moins de 22 votes de première place. 

Si la tendance se maintient, il pourrait remporter le trophée pour une deuxième fois. Dans une ligue où l’attaque gagne un peu de terrain, il conserve une excellente moyenne de buts alloués de 1,96. Les Preds ont une fiche de 15-1-0 dans les matches où ils inscrivent le premier but. Ils détiennent aussi une fiche de 15-1-0 dans les matches où ils mènent après deux périodes.

Deuxième choix : John Gibson, parce qu’il se débrouille drôlement bien derrière une brigade défensive assez moyenne à Anaheim.