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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
J.T. Miller
J.T. Miller

La vie après la COVID

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CHRONIQUE / J.T. Miller est un très habile patineur.

Sur la patinoire, comme à l’extérieur.

Mercredi, on a confié au hockeyeur de 28 ans une très délicate mission. On lui a demandé de se présenter devant les journalistes pour jouer le rôle de porte-parole de son équipe. Après avoir combattu la COVID-19, les Canucks de Vancouver s’apprêtent à reprendre la compétition.

C’est une mission délicate parce que Miller n’a pas l’air de penser que tout ça est une bonne idée.

Il n’a pas vraiment le choix de respecter les directives qui lui sont transmises par la Ligue nationale de hockey. «Si on me demande de jouer, je vais jouer. Je vais essayer de livrer la meilleure performance possible, pour mon équipe», a-t-il annoncé.

«Mais, si vous voulez vraiment mon avis, ce qu’on nous demande n’est pas très sécuritaire.»

Dans un point de presse qui a duré une quinzaine de minutes, il a bien fait valoir son point de vue.

À plusieurs centaines de kilomètres de Vancouver, ses déclarations nous interpellent, pour deux raisons.

D’abord, parce que les Canucks doivent affronter les Sénateurs à quatre occasions dans les 12 prochains jours.

Ensuite, et surtout, parce que la situation des Canucks nous rappelle, à plusieurs égards, celle des Olympiques de Gatineau.

On ne sait pas tout.

Sur la côte ouest, comme en Outaouais, on protège au maximum les athlètes qui ont contracté le virus.

Les Canucks ont affirmé que 25 de leurs employés - 21 joueurs et quatre employés de soutien - ont été atteints.

Les autres informations qui circulent proviennent de sources anonymes, et sont transmises par des gens qui sont dignes de confiance.

On a dit qu’un vicieux variant s’est propagé, dans le vestiaire. On dit que certains joueurs - pourtant jeunes, en santé, en très grande forme - ont grandement souffert.

Trois semaines plus tard, une poignée de joueurs - dont l’ancien des Olympiques, Zack MacEwen - sont toujours tenus de rester en confinement.

Dans le junior, le rideau est encore plus opaque.

Les organisations doivent doublement protéger leurs joueurs qui sont sur leur responsabilité. Plusieurs d’entre-eux sont mineurs.

On sait quand même que 24 membres de l’édition actuelle des Olympiques ont été emportés par la troisième vague. Dans ce groupe, il y a quelques membres du personnel d’encadrement, mais surtout des joueurs.

Selon nos informations, il s’agirait également, ici, d’un variant vicieux et virulent.

Les Olympiques, aussi, vont aussi tenter un retour à la compétition. On va leur donner une semaine de plus pour s’en remettre. Après, si les choses ne vont pas trop mal, on va donner le coup d’envoi aux séries éliminatoires, dans lesquelles ils vont affronter l’Armada de Blainville-Boisbriand.

Un total de 24 membres des Olympiques de Gatineau ont contracté la COVID-19.

Est-ce que ce scénario est prudent?

Pour tenter de répondre à cette question, on va d’abord citer J.T. Miller, avec toute la maturité de ses 28 ans.

«Je ne me sens pas prêt du tout, pour être parfaitement honnête avec vous.»

«J’ai patiné à quelques occasions et mes poumons brûlaient», a-t-il confié, mercredi.

Et le pire, dans tout ça, c’est que Miller est un des rares miraculés, à Vancouver, sur qui le virus ne s’est pas rué.

«Je vais utiliser les prochaines séances d’entraînement pour essayer de retrouver mes réflexes de hockeyeur. Je suis pas mal certain que mes jambes auront du mal à suivre. Et j’imagine mal comment ça va se passer pour mes coéquipiers qui essaieront de se relever après avoir combattu la COVID.»

Miller, en somme, a l’air de penser que son équipe ne sera pas de taille pour la compétition.

Il y a quelques différences, quand même importantes, entre la situation des Canucks et celle des Olympiques.

Les Canucks sont, à toutes fins pratiques, éliminés. La LNH tient à ce qu’ils jouent leurs 19 dernières parties de façon à ce qu’ils puissent respecter leurs obligations envers leurs partenaires de télédiffusion. C’est encore plus important, durant cette année complètement tordue où on cherche par tous les moyens à limiter les pertes financières.

Les Olympiques sont aux portes des séries. Ils ont déjà atteint leur objectif principal, en complétant leur saison avec quatre recrues de 16 ans et une fiche largement supérieure à ,500.

La semaine dernière, on souhaitait à la LHJMQ de pouvoir couronner un champion. On ne change pas d’avis. Dans la mesure où tout peut être fait dans un contexte sécuritaire. Et qu’on donne, à toutes les équipes, une chance égale de l’emporter.

Gilles Courteau et ses proches conseillers, jusqu’à maintenant, ont fait les choses comme il faut.

On va souhaiter, à tous ceux qui sont impliqués que ça continue comme ça.