La trentaine lui va si bien

CHRONIQUE / Tout le monde finit par vieillir. Personne n’y échappe. Un jour, tu te réveilles, tu n’es plus un flot. Tu sors du lit, tu te regardes dans le miroir, t’as 30 ans.

Ce n’est pas toujours un drame.

Dans certains cas, vieillir peut être une fichue bonne chose.

Laissez-moi vous parler, un peu, de toutes les bonnes choses qui sont en train d’arriver à Claude Giroux.

Vendredi, même si c’était sa fête, l’attaquant franco-ontarien s’est rendu au complexe d’entraînement des Flyers de Philadelphie, qui est situé au New Jersey. En cette journée où il entrait officiellement dans la trentaine, le temps était venu de se remettre au boulot. La semaine de relâche était officiellement terminée.

Il ne devait pas trop ressentir les effets du spleen.

On imagine mal le deuxième meilleur marqueur de la LNH avec le moral dans les talons.

Giroux a récolté neuf points à ses cinq dernières parties.

Ça lui fait 52 points, à la mi-saison.

S’il parvient à maintenir ce rythme, il complétera son parcours au mois d’avril avec 102 points au compteur.

Giroux n’a jamais encore connu une saison de 100 points dans la LNH.

Les prochains mois ne seront pas de tout repos. Accéder au club des 100 points, se bagarrer pour l’obtention du trophée Art-Ross... Tout cela est bien joli. Giroux devra également mener son équipe aux séries éliminatoires. À l’heure où on se parle, les Flyers luttent avec quatre autres équipes de la section Métropolitaine pour se classer parmi les équipes repêchées de l’Association Est.

Si jamais Giroux atteint tous ces objectifs, il fermera le clapet de milliers de partisans.

Les amateurs de sports de la région de Philadelphie comptent parmi les plus agressifs, les plus intransigeants, les plus violents de tout l’Amérique du nord. Ils sont particulièrement durs envers les meilleurs joueurs de leurs équipes... lorsque que ces équipes sous-performent.

Capitaine d’une équipe qui n’a pas remporté une seule ronde de séries depuis 2013, Giroux y a goûté pas mal plus que n’importe qui dans les 12 derniers mois.

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S'il continue à produire au même rythme, Claude Giroux dépassera le cap des 100 points d'ici la fin de la saison.

Dans le sport, au plus haut niveau, le succès n’arrive jamais seul. Depuis un bout de temps, déjà, je me disais que Giroux avait forcément changé.

C’est confirmé.

Mes « espions » qui sont sur le terrain, à Philadelphie, ont confirmé ce que je pensais. Giroux s’est véritablement pris en main. Il s’entraîne davantage. Il se comporte comme un véritable pro.

Des conséquences directes de la trentaine qui s’installe, sans aucun doute.

Giroux s’est beaucoup plu dans le rôle du jeune joueur, en début de carrière. Il en a profité le plus longtemps possible.

Son immense talent lui avait permis de franchir toutes les étapes jusqu’à la LNH. Son amour du hockey lui avait donné un coup de pouce dans les moments plus corsés.

Vient un moment où le talent ne suffit plus.

Dans la LNH, les véritables leaders ont besoin d’un peu plus.

Des fois, certains joueurs mettent un certain temps à le comprendre.

Giroux a commencé à démontrer des signes intéressants au début du camp d’entraînement. L’entraîneur-chef des Flyers, Dave Hakstol, avait comme projet de le muter à l’aile gauche.

Giroux, qui était l’attaquant numéro un de son équipe, une vedette dans la LNH, aurait pu se braquer. Il aurait pu s’entêter à évoluer à la position de centre, la seule qu’il avait connue depuis son entrée dans la LNH.

Il a décidé de se plier à la directive et de faire de son mieux, pour aider l’équipe.

Les sceptiques étaient nombreux. Plusieurs croyaient que Giroux aurait du mal à s’adapter. Ils ont été confondus.

À l’aile, il produit davantage. Il aide aussi Sean Couturier à marquer. Hakstol ne se sent plus obligé d’utiliser ses deux meilleurs attaquants, Giroux et Jakub Voracek, ensemble. Pour la première fois depuis des lunes, les Flyers misent donc sur deux trios capables de produire.