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Sylvain St-Laurent
Le Droit
Sylvain St-Laurent
Brandt Clarke est un défenseur droitier qui est originaire d’Ottawa. Il vient tout juste de fêter ses 18 ans.
Brandt Clarke est un défenseur droitier qui est originaire d’Ottawa. Il vient tout juste de fêter ses 18 ans.

La Slovaquie en solo

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CHRONIQUE / Dans cette version pandémique de la Ligue nationale de hockey, le prochain repêchage amateur est un fichu gros casse-tête.

On fait quoi? On l’organise de façon virtuelle? On le présente, comme d’habitude, à la fin des séries de la coupe Stanley? On le repousse de quelques mois, jusqu’à l’automne 2021? On va encore plus loin et on organise deux séances de sélections distinctes, en 2022?

Les pauvres jeunes joueurs qui rêvent de ce moment depuis toujours, et qui sont coincés là-dedans...

«Je ne suis pas de nature très patiente», me confiait d’ailleurs Brandt Clarke, en fin de semaine.

Clarke, pour ceux qui l’ignorent, est un défenseur droitier qui est originaire d’Ottawa. Il vient tout juste de fêter ses 18 ans. Selon la plupart des classements qu’on peut trouver, en ligne, il est un des cinq plus beaux espoirs du prochain encan.

«Face au repêchage, je dirais que je suis plus anxieux que patient. Je me suis placé dans une belle position. J’ai vraiment hâte de me joindre à une organisation de la LNH. J’aimerais que tout se déroule naturellement...»

«Je pense que tout va se dérouler en juillet, comme prévu. Je prends peut-être mes désirs pour des réalités.»

Précision importante. Clarke ne se tourne pas les pouces à Ottawa, chez papa et maman, en attendant la reprise des activités dans la Ligue junior de l’Ontario.

Je l’ai rejoint à l’autre bout de la planète. Il passe l’hiver en Slovaquie.

«Nové Zámky, c’est une jolie ville. Ce n’est pas très grand. Je n’ai pas vraiment eu la chance de visiter. Avec tout ce qui se passe, je dirais que ma vie se déroule présentement à trois endroits: mon appartement, l’aréna et l’épicerie.»

C’est un détail important de l’histoire.

L’automne dernier, Brandt Clarke a demandé à son agent Randy Robitaille de lui trouver un endroit où il pourrait jouer au hockey.

Jouer. Tout simplement.

Il ne quittait pas la maison de gaieté de cœur. Il partait parce qu’il ressentait le besoin de jouer. Pour se faire voir. Pour s’améliorer.

Robitaille lui a réservé une belle surprise. Le Nové Zámky Mikron HC était prêt à l’accueillir. Il avait aussi un poste d’attaquant à offrir à son grand frère Graeme, un ailier droit de 19 ans, espoir des Devils du New Jersey.

«Nous n’avions jamais eu la chance de jouer ensemble, dans le passé. Et cette opportunité pourrait ne plus jamais se représenter. En fin de compte, nous avons joué six parties, seulement, avant que Graeme soit rappelé par les Devils. Ça nous a quand même laissé le temps d’accumuler quelques beaux souvenirs.»

Depuis le départ de son grand frère, le jeune Brandt apprend à cuisiner. Il doit se débrouiller tout seul pour faire le ménage et le lavage. Il n’est pas complètement isolé. Il peut compter sur le soutien de quatre coéquipiers qui vivent dans le même complexe d’habitation.

«Je dirais que trois personnes sur quatre parlent anglais. Et ceux qui ne maîtrisent pas la langue font de gros efforts pour qu’on se comprenne.»

Sur la patinoire, tout le monde possède le même vocabulaire.

Sur la patinoire, Brandt Clarke est satisfait de son expérience. Mais pas complètement.

«Notre équipe n’est pas trop douée pour marquer des buts. Mes chiffres personnels ne sont pas exceptionnels. J’ai l’impression de faire de bons jeux. J’alimente bien mes coéquipiers. Nous avons parfois du mal à compléter les jeux.»

«Ça me pousse à travailler sur les autres aspects de mon jeu. Je réalise qu’au sein d’une équipe défensive, chaque jeu individuel compte. Chaque revirement peut être fatal.»

C’est peut-être un mal pour un bien, alors.

Dans les rangs mineurs, on demande aux défenseurs doués à l’attaque de laisser libre cours à leur créativité. Quand ils accèdent aux niveaux supérieurs et qu’ils affrontent les meilleurs joueurs sur la planète, on leur impose des balises. On leur demande de se responsabiliser.

Si Clarke peut profiter de son stage à l’étranger pour accélérer le processus, ce sera tant mieux.

***

Je vous disais que Brandt Clarke est originaire d’Ottawa. Je voudrais préciser que sa famille avait des billets de saison, à Kanata, quand il était jeune.

Je vous disais qu’il est un défenseur droitier. Dans la banque d’espoirs des Sénateurs, il n’y en a pas des tonnes.

Je vous disais qu’il est un des cinq meilleurs espoirs du repêchage de 2020. Si ça continue comme ça, Pierre Dorion et Trent Mann auront un des cinq premiers choix.

Rendu là, il suffirait que le destin donne un coup de pouce...

«J’y ai pensé», avoue le jeune homme.

«Je serais heureux de me joindre à n’importe quelle organisation. Ottawa, ce serait quand même spécial.»