Malgré les déboires des Sénateurs, Mark Stone a marqué 13 points à ses 12 dernières parties.

La saison se joue maintenant

CHRONIQUE / Il faudra se coucher tard, mais j’ai comme l’impression que ça en vaudra la peine. La saison 2017-18 des Sénateurs risque de se jouer durant cette série de deux parties en deux soirs dans la Cité des anges.

Personne ne se fait officiellement sortir de la course aux séries au début du mois de décembre. Encore moins dans la section la plus faible de la LNH. Dans l’Atlantique, le troisième rang sera probablement décerné, dans la toute dernière fin de semaine du calendrier régulier, à l’équipe qui aura été la « moins pire » du lot.

Dans leurs deux matches face aux Ducks et aux Kings, les Sénateurs nous démontreront, simplement, s’ils ont ce qu’il faut pour continuer à lutter dans la course avec les autres formations ordinaires.

Il n’est jamais facile de jouer en Californie. Le décalage horaire vous rentre dans le corps, bien avant les robustes, agressifs et peu accommodants clubs de la côte ouest.

Ce pèlerinage annuel peut facilement provoquer des crises d’urticaire chez les entraîneurs des équipes de l’Association Est qui traversent de bons moments.

On peut donc facilement imaginer comment ça se passe dans l’entourage d’une formation qui a subi sept revers (dont six en temps réglementaire) à ses huit dernières parties.

Les Sénateurs vont subir un énorme test de caractère dans les 48 prochaines heures.

Les fans ont cette faculté de toujours s’emporter trop rapidement. On s’emballe trop vite après quatre ou cinq victoires. On panique tout de suite après quatre ou cinq revers.

Il y a des signes, cependant, qui nous font comprendre que la situation est vraiment sérieuse à Ottawa. 

On a tous entendu les commentaires de Mark Stone, après la dégelée encaissée dimanche soir à Winnipeg. La rage et la frustration s’entendaient dans chacune de ses courtes déclarations.

« C’est avant tout une question de préparation. Il faut mieux se préparer. On savait que les Jets commenceraient le match en force et ça n’a rien changé. Nous sommes rentrés au vestiaire avec un déficit de 20-2 au chapitre des tirs au but. Nous sommes chanceux, au fond. Le score était de 5-0 après 40 minutes de jeu. Nous aurions facilement pu tirer de l’arrière par cinq buts au premier entracte... »

Il est important de placer cette déclaration dans son contexte. Stone est originaire de Winnipeg. Il venait de se produire devant plusieurs dizaines de parents et amis, ce qui devait rendre le revers encore plus difficile à digérer.

Il ne s’agissait cependant pas de sa première sortie.

Il s’est exprimé à deux ou trois reprises sur les ennuis de son équipe au cours des dernières semaines. Le ton était plus posé, mais le discours était sensiblement le même.

Stone est, probablement, le plus fier compétiteur à jouer pour Guy Boucher à l’heure actuelle.

Lors de l’époustouflante remontée de 2015, alors que tout le monde s’intéressait aux exploits du Hamburglar, il était celui qui marquait les gros buts dans les moments opportuns.

Il n’a pas fait trop de vagues dans les séries du printemps dernier, mais sa seule présence dans la formation constituait un exploit. Il patinait essentiellement sur un seul genou.

Avec 13 points à ses 12 dernières parties, il semble être le seul joueur de l’équipe à ne pas être affecté par la léthargie.

Vers la fin de sa mêlée de presse, dimanche, Stone a déclaré que « les quatre prochaines parties » seront cruciales pour la suite des choses.

Moi, je pense que si les Sénateurs sont incapables de se relever lors de ces deux matches dans la région de Los Angeles, ils risquent de se présenter à San Jose, puis à Buffalo, comme on se présente à l’abattoir.

Les 48 prochaines heures seront cruciales. Aussi simple
que ça.